Abdelwahab Meddeb
Abdelwahab Meddeb
Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris 2025 : Grand Prix du Jury pour l'ensemble de son oeuvre. Dix ans après la disparition d'Abdelwahab Meddeb, le 6 novembre 2014, ce précieux texte inédit s'impose comme le testament spirituel du grand intellectuel tunisien. Mettant en relation de grandes figures de l'islam classique (philosophes comme Averroès, soufis comme Hallâj, Bistami, Jahiz et surtout Ibn Arabî) avec celles de l'Occident chrétien (Dante, Cervantès, Ramon Lull, Jean de la Croix, Thérèse d'Avila ...), l'auteur se révèle parfaitement « bilingue », maitrisant les références symboliques, jetant des ponts de significations entre des oeuvres a priori distantes mais qui se répondent par-delà les frontières religieuses. Avec l'érudition et le souffle qui caractérisent sa veine d'essayiste - et l'on voit poindre aussi dans cet essai posthume son identité première de poète -, Abdelwahab Meddeb nous invite, comme il a su le faire tout au long de sa vie, à un authentique dialogue des cultures qui fait si cruellement défaut à notre époque.
En écho à la pensée du mystique persan Sohrawardi sur le thème de « l'exil occidental », Abdelwahab Meddeb nous invite à partager l'épreuve de l'étranger. Dans sa vérité, l'exil n'est pas un simple déplacement, il induit une tension entre deux moments de l'être, noués dans l'ambiguïté du désir. C'est à partir de cette expérience que se déploie l'oeuvre de ce poète de langue française né à Tunis et qui se définit comme « errant et polygraphe ». De la poésie préislamique aux émigrés de Tanger, des déserts de l'enfance à la désolation d'Auschwitz en passant par Tunis, New York et le Japon, l'oeuvre d'Abdelwahab Meddeb explore toutes les dimensions de l'aventure humaine.
Depuis les premiers liens entre les tribus juives d'Arabie et le Prophète Muhammad jusqu'aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l'Empire ottoman, le monde perse et même l'espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité. Quelque cent vingt auteurs de tous les pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d'interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d'une histoire resituée dans la longue durée. Un ouvrage de référence richement illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.
« À la mort d'Abdelwahab Meddeb, nous avons retrouvé soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons pris le parti de redessiner sa traversée en partant de Tanger jusqu'à Kyoto, de l'Occident musulman jusqu'à l'Extrême-Orient, en passant par l'Espagne, l'Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem sans oublier Le Caire, l'une de ses villes préférées. Abdelwahab écrivait partout et ne partait jamais sans un cahier, confondant volontiers balade et écriture. Les manuscrits, d'une graphie minutieuse et appliquée, allant de l'arabe au français, parsemés de croquis architecturaux, de dessins de paysage et de fleurs séchées dénotent son émerveillement face aux lieux visités. Avec lui, l'histoire et l'érudition sont vivantes. Le mouvement du corps accompagne celui de l'esprit, dans une marche contemplative qui emporte le lecteur. »Amina et Hind Meddeb Préface d'Arthur H
Abdelwahab Meddeb menait un double combat contre l'intégrisme musulman et pour la reconnaissance de l'apport culturel de l'islam. Le présent recueil rassemble une sélection de ses dernières chroniques et tribunes dans lesquelles, en poète engagé, il cherchait le remède aux maladies de l'identité. Les " inconciliables " ici ne sont pas l'Occident et le monde musulman, mais, de chaque côté, les religieux fanatiques et les propagandistes du " choc des civilisations " face auxquels se dressent les partisans de l'ouverture à l'autre. Alep, Mossoul, Palmyre, les mausolées de l'Atlas, Boko Haram, l'étiolement du Printemps arabe, la supercherie de Daech, etc. : au rythme de l'actualité, ces textes entremêlent à des analyses politiques d'une profonde acuité des commentaires érudits du corpus islamique classique et de la tradition soufie, en dialogue avec la littérature et les arts contemporains. Au triomphe de l'ignorance et à l'exercice quotidien de la terreur, ils opposent les splendeurs oubliées du patrimoine islamique, la beauté de l'hybridation des cultures et les vertus de la résistance. En démasquant les prêcheurs de haine, Abdelwahab Meddeb continue de nous alerter sur les désastres en cours et les périls à venir, mais aussi de nous donner des raisons d'espérer. Écrivain et poète, Abdelwahab Meddeb (1946-2014) a enseigné aux universités de Nanterre et de Genève et animé sur France-Culture l'émission " Cultures d'islam ". Il a notamment publié, au Seuil, La Maladie de l'islam, Contre-prêches, Sortir de la malédiction et Pari de civilisation.
Caleb Zelic, détective privé à Melbourne, est bien décidé à retrouver le meurtrier de son meilleur ami Gary, un flic intègre, retrouvé égorgé chez lui. Mais Caleb est sourd depuis l'enfance et lire sur les lèvres peut parfois porter à confusion... Il sait toutefois parfaitement lire les expressions et le moindre geste de ses interlocuteurs. De plus, Caleb n'oublie jamais un visage. Avec l'aide de son associée Frankie, ex flic alcoolo, il mène son enquête mais se fait brutalement agresser. Et Frankie disparaît. Blessé, aux abois, il se réfugie chez son ex-femme à Resurrection Bay, sa ville natale. Alors qu'il commence à remonter le fil des derniers événements menant à la mort de Gary, il réalise que tous autour de lui ont quelque chose à cacher... Emma Viskic, clarinettiste professionnelle et professeure de musique, est désormais une auteure australienne de renom. Resurrection Bay l'a propulsée en tête des ventes dans son pays puis en Angleterre après qu'il a remporté le Ned Kelly Award en 2016 ainsi que le Davitt Award dans trois catégories. Elle a étudié la langue des signes australienne (Auslan) pour concevoir son personnage principal, Caleb, que l'on retrouvera dans deux autres volumes. "Le polar australien à son meilleur. Une lecture captivante !" Jane Harper, auteure de Canicule "Effréné, violent, et bouleversant." Eva Dolan, auteure des Chemins de la haine, prix Elle "Un polar qui vous prend à la gorge." Christos Tsiolkas, auteur de La Gifle
Le mythe des « 200 familles » qui s'enrichiraient sur le dos de la collectivité a fait beaucoup de mal à la France. Ce sont aujourd'hui 100.000 familles qui possèdent plus de 80% des entreprises hexagonales et produisent 60% de la richesse nationale. Vision de long terme, solidarité, pérennité du projet, proximité avec le tissu économique local, plus grande liberté vis-à-vis des marchés financiers, relations sociales plus harmonieuses, souplesse d'adaptation, rapidité de décision et de mouvement, diversité du recrutement et patriotisme : autant d'atouts par rapport aux entreprises cotées en bourse, détenues par des actionnaires professionnels (fonds d'investissements ou autres) qui se retrouvent sous la pression constante de leurs actionnaires avides de dividendes à court-terme. L'ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l'hypertrophie des grandes entreprises et des services de l'Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d'emplois, ainsi que l'impuissance à remonter dans le train de la croissance. En puisant dans son itinéraire personnel ainsi que dans l'observations d'autres entreprises familiales, en France, en Italie ou en Allemagne, l'auteur démontre ici la pertinence de ce modèle pour dynamiser le rebond économique de notre pays. Préface de Michel Barnier, ancien Ministre et Vice-Président de la Commission Européenne (2010-2014)
En reprenant à leur compte le passé islamique qui a fait évoluer sinon muter la civilisation, les musulmans sortiront des frontières de leur identité restreinte pour agir sur la scène du monde. Est proposée ici une série de relectures du Coran et de la Tradition pour conduire ce travail de mémoire et de dépassement. Il est demandé à l'islam, pour sortir de son marasme, de rejoindre une modernité à hauteur de celle qu'ont réussie juifs et chrétiens. Pour cela, il ne suffit pas, comme s'y engagent les Etats islamiques – l'Arabie saoudite par exemple –, d'encourager un " islam du juste milieu " opposé aux interprétations radicales des islamistes. Certes, cet appel à la modération contre toutes les surenchères est fondé sur le Coran. Mais ce pas louable reste, ô combien, timide, surtout par rapport à l'islam en Europe. En effet, les citoyens musulmans du Vieux Continent sont capables de vivre sans restriction dans l'esprit du droit positif et de la charte des droits de l'homme, en se détournant de toute référence à la sharî'a. Ils sont en mesure de pratiquer un culte spiritualisé, nourri, entre autres, par le riche fonds du soufisme. Ce n'est pas dans le déni de soi mais par son affirmation libre que le sujet d'islam sera un acteur efficace dans l'horizon d'une cosmopolitique post-occidentale. Abdelwahab Meddeb est écrivain, poète, universitaire. Il anime l'émission hebdomadaire " Cultures d'islam " sur France Culture.
De Tunisie est parti le printemps des peuples arabes. En quelques jours, sous l'impulsion de la jeunesse, et par la médiation d'Internet, les Tunisiens ont renversé une dictature qui, la veille encore, semblait inébranlable. Abdelwahab Meddeb a été bouleversé par ce printemps survenu en plein hiver. Saisi par ce soudain sursaut de dignité, il nous fait partager cette geste inouïe où le désir démocratique trace sa propre voie royale.À Tunis, où les visages portent les signes de cette métamorphose de l'Histoire, il rencontre les acteurs d'une révolution éclairée par des valeurs universelles, laïques et non violentes. C'est une leçon politique qui exalte la puissance créatrice d'une communauté enfin souveraine, et qui ruine les théories de la fin de l'Histoire ou du prétendu clash des civilisations. C'est aussi une leçon d'humanité. Touchées par le sacrifice rédempteur d'un fils du peuple livré aux flammes, les élites intellectuelles n'ont fait que renforcer un mouvement lancé par les plus pauvres et les plus jeunes.Un livre écrit au coeur de la révolution, avec la justesse et la hauteur de vue d'une méditation intemporelle.