« Antonin Artaud capte la convulsion de la nature et la force intérieure de Van Gogh, transformant douleur et marginalité en langage poétique. Son texte est une gifle à la médecine psychiatrique, une danse macabre avec les bourreaux de l’esprit. »
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Van Gogh le suicidé de la société
Et si la folie n’était qu’une lucidité trop vive pour son époque ? Dans Van Gogh le suicidé de la société, Antonin Artaud dénonce avec une verve incandescente le meurtre symbolique de Van Gogh par une société incapable de supporter son génie.
Ou encore : « En face d'une humanité de singe lâche et de chien mouillé, la peinture de Van Gogh aura été celle d'un temps où il n'y eut pas d'âme, pas d'esprit, pas de conscience, pas de pensée, rien que des éléments premiers tour à tour enchaînés et déchaînés. Paysages de convulsions fortes, de traumatismes forcenés, comme d'un corps que la fièvre travaille pour l'amener à l'exacte santé. »
« Ce qui frappe le lecteur de Van Gogh, le suicidé de la société est sans doute le fait que, malgré le genre auquel on a l'habitude de le rattacher, la disposition du texte n'est pas linéaire : pourtant, on ne saurait le qualifier de vers libre à proprement parler. Par ce ménagement des alinéas, original dans le genre de l'essai, Artaud semble tendre vers la poésie, conférant une sorte de corporalité à son texte, « au croisement de l'oeil et de l'oreille », recourant à de véritables anaphores rhétoriques : la répétition phonétique et graphique de certains syntagmes, qui permet à la fois de donner un rythme solennel au texte et de créer une parole qui soit comme un « coup de massue » contre le discours social, mais aussi l'effet de saillance autour de certains mots : « qu'à la boucler », « le suicida », « le tua », « de le calmer », « Puis la mort ». Enfin, Antonin Artaud utilise également la disposition du texte, brisant celui-ci et substituant par moments à la linéarité des phrases une verticalité qui semble indiquer l'abîme... »
shield_question Frequently Asked Questions
person_edit À propos de l'auteur
Antonin Artaud (1896–1948) est une figure majeure de la littérature et du théâtre du XXe siècle. Poète, dramaturge et théoricien du théâtre de la cruauté, il a marqué l’histoire des lettres par son style fulgurant et ses prises de position radicales. Interné pendant neuf ans en hôpital psychiatrique, il a transformé sa souffrance en une œuvre visionnaire, dont Van Gogh le suicidé de la société reste l’un des textes les plus percutants. Son écriture, à la fois lyrique et violente, continue d’inspirer les artistes et les penseurs.
newsmode Revue de presse
« Van Gogh le suicidé de la société est un texte admirable, écrit d’un seul jet, sans ratures, presque sans “repentirs”. Artaud y reconnaît en Van Gogh “l’homme frère”, et dénonce avec une verve inégalée le rôle de la société et des psychiatres dans son destin tragique. »
« Artaud, dans un style à la fois poétique et pamphlétaire, rend hommage à Van Gogh et attaque de front les psychiatres et le conformisme social. Ce texte, publié en 1947, reste d’une actualité brûlante. »
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