Economic History
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De la découverte de l’or des Amériques aux crises financières modernes, L’Argent de John Kenneth Galbraith démythifie avec brio l’histoire monétaire.
Et si la valeur d’une idée ne se mesurait pas en euros ? Avec L’économie de la pensée, Alain Deneault interroge notre rapport à la connaissance et dénonce la récupération marchande de la philosophie.
L'expression «économie de la nature» a surgi dans le vocabulaire des sciences au XVIIIe siècle bien avant que le néologisme «écologie» ne s'impose à nous, plus d'un siècle et demi plus tard. Chez Carl von Linné, Gilbert White ou Charles Darwin, l'économie de la nature désigne l'organisation des relations entre les espèces au vu du climat, du territoire et de leur évolution. Cette économie pense l'imbrication des espèces, y compris les êtres humains, dans un réseau d'interactions incommensurables et impondérables. Mais très vite, les physiocrates, les premiers «économistes», la dévoient pour fonder une science de l'agriculture subordonnée à de prétendues lois du marché. Un détournement dont nous pâtissons jusqu'à ce jour. Tant que ne sera pas restitué son sens, le terme «économie» nous donnera l'impression de voir double dès lors que flanqué de celui d'«écologie». Il nous sera alors dit qu'il faut tenter de réconcilier l'une à l'autre, comme s'il s'agissait de deux champs distincts. Ce court essai s'emploie à redonner ses droits à l'économie de la nature.
Comment et quand le monde a-t-il basculé dans ce système que l'on appelle « capitalisme » ? C'est dans cette discussion que s'inscrit le Brenner Debate, du nom de l'historien américain Robert Brenner. À l'origine de ce débat important parmi les historiennes et historiens du capitalisme, les travaux de Robert Brenner ont exercé une influence majeure sur le développement de la pensée marxiste à partir des années 1970. Dans une première partie, François Allisson et Nicolas Brisset retracent et contextualisent les principales étapes de ce débat ayant mené aux travaux de Robert Brenner. Les auteurs montrent ainsi que la manière d'aborder l'histoire du capitalisme est intimement liée au regard que l'on porte sur ce système économique. Une seconde partie propose la traduction inédite d'un article de Robert Brenner paru en 2007, « Propriété et progrès : quand Adam Smith faisait fausse route », qui constitue, de l'aveu même de son auteur, la version définitive de son argument développé en 1976. Cet ouvrage est une porte d'entrée sur la pensée d'un économiste méconnu dans l'espace francophone, qui pourtant mérite, au regard de son importance dans l'historiographie anglo-saxonne, toute notre attention.
Gérer des biens ou administrer des organisations ne relèvent pas d'actes qui se suffisent à eux-mêmes. Ils procèdent d'un principe supérieur, lequel les justifie dans la mesure où on lui prête foi. Une profession de foi est donc de rigueur pour fonder les principes qui confèrent de la cohérence aux menus gestes par lesquels nous nous structurons tous les jours. À ce rapport interactif entre la croyance, l'autorité et l'action, les Pères de l'Église ont donné le nom d'«économie». Une économie de la foi, qui fonde notre matrice institutionnelle depuis le début de notre ère. Cette économie porte en elle l'exigence de penser ce que tout principe doit à l'intimité des sujets pour s'incarner dans le monde. Elle relève d'une gravité et d'une profondeur que la science économique moderne n'arrive en rien à imaginer. Pour camoufler la béance de leur vanité, les «théoriciens» du management ont repris tel quel le vocabulaire religieux, mais pour achever de l'épuiser: ils invoquent la protection de leur business angels afin de porter leur marque au stade de l'evangelizing. Il n'y a pas pire foi que celle qui ne s'admet pas, ou se conçoit mal.
La question de l'exemption fiscale n'a été que peu explorée pour elle-même pour la période précédant le xvie siècle, alors même que l'historiographie de l'impôt médiéval s'est considérablement renouvelée depuis deux décennies. Ce livre permet d'abord de rassembler et de confronter des éléments épars mais d'ores et déjà bien identifiés. Même si les privilégiés français de l'Époque moderne ont toujours clamé la perpétuité de leur statut, c'est peu de dire que rien n'était joué au xive siècle, ni même sans doute encore au xve. Pour le comprendre, il est essentiel de considérer le problème au niveau européen et à toutes les échelles de la domination, depuis celle de la seigneurie ou de la ville jusqu'à celui de la monarchie, seul moyen de désamorcer la forte charge idéologique des « privilèges » de l'Ancien Régime. L'approche adoptée ici s'est aussi gardée de séparer hermétiquement la théorie et la pratique, car si les juristes ont joué un rôle principiel dans la délimitation et la définition de l'exemption, ils l'ont fait essentiellement dans le cadre de consilia sollicités par des groupes sociaux qui s'opposaient vigoureusement. Historiens médiévistes et historiens du droit médiéval ont donc confronté ici leur réflexion pour montrer ensemble combien, en tant qu'objet de négociation, l'exemption a pu contribuer à la naissance d'une première conscience politique.
Fougerolles, 1839-1940 : comment une modeste activité agricole s’est transformée en une industrie florissante, portée par des familles audacieuses et un savoir-faire unique.
La question de la valeur est partout. Elle ponctue toute considération sociale, morale ou politique. Elle envahit le discours économique, politique, religieux, artistique. Elle est très certainement le problème philosophique de notre temps. Pour autant, c'est une omniprésence opaque. On serait bien en peine de la définir simplement. De quoi la valeur est-elle, pour nous, le nom ? Un « absolu » ? L'acte de valorisation ? L'évaluation ? Jérôme Batout, en une synthèse inédite et puissante, dresse la généalogie du concept. Sa lecture de l'histoire humaine - des sociétés premières jusqu'à l'ère contemporaine, en passant par Athènes et Jérusalem - distingue trois modes majeurs de valorisation. Le dernier, celui qui émerge avec l'Empire romain et se déploie jusqu'à la crise écologique, se révèle être une impasse. Pour qui veut comprendre ce qui, de l'économie à l'écologie, des inégalités aux identités, constitue l'arrière-plan commun des défis que nous aurons à relever, il est utile d'affronter cette question de la valeur.
Ce livre a pour objectif de soumettre à l'expertise des historiens la question qui agite autant le monde savant que les politiques, les citoyens et les médias : comment un État ou un groupe d'États peut-il entrer dans une crise de la dette publique et comment peut-il s'en sortir ? Il semble bien en effet que les historiens disposent d'un vaste champ expérimental, susceptible d'autoriser les comparaisons dans le temps et dans l'espace. Au-delà des variations fortes du contexte dans lequel leurs observations s'insèrent, leurs constats peuvent ainsi entrer en résonance avec les théories ou les faits énoncés ou révélés par les économistes et les sociologues, ouvrant ainsi la voie à un véritable dialogue interdisciplinaire. Les exemples ne manquent pas, ils foisonnent, de moments critiques où les États se sont trouvés dans une situation de surendettement qu'ils ne parvenaient plus à surmonter. Ce livre entend rendre compte de ces épisodes sans doute improprement appelés « crises ». Il s'agit, en effet, d'interroger les auteurs sur un faisceau d'expériences historiques depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, et de leur demander d'analyser à la fois les évolutions qui ont conduit à une montée de la dette publique et les remèdes qui ont pu être appliqués pour tenter de la juguler. De l'Amérique latine à la Russie, le spectre géographique de cette publication a une large portée internationale, l'ouvrage ne délivre certes pas de recettes mais apporte un nouvel éclairage sur des processus qui peuvent faire déraper la dette publique et sur les méthodes employées pour la réduire, l'endiguer, voire l'annuler.
Les chiffres contenus dans les statistiques sont des productions politiques et culturelles autant que des résultats arithmétiques. Ils présentent des faits, mais restituent également une certaine vision du monde. Ils servent à classer, prouver, gouverner et, dans les empires coloniaux en particulier, à dominer.Cet ouvrage, qui rassemble des communications de deux colloques internationaux, a pour objectif de déconstruire les données statistiques produites pour le gouvernement des colonies. À partir d'études de cas au Sénégal, à Madagascar, au Cameroun, en Algérie, en Guadeloupe, à Marseille et au Congo belge, ces textes montrent ce que certaines statistiques cachent : les rapports de force, les inégalités, les injustices, les invisibles.
De la Banque de France au Trésor public, ce second tome révèle les coulisses méconnues des finances publiques françaises, entre conflits d’intérêts et alliances stratégiques.
Comment l’écrit a-t-il façonné l’économie du Moyen Âge à l’époque moderne ? Ce livre révèle le rôle central des documents — comptabilité, actes notariés, cadastres — dans la prise de décision, la gestion et la réussite des entreprises d’autrefois.
Riche d'archives inédites, cet ouvrage traite des relations monétaires, financières, économiques et politiques entre la France, le Gabon et les États de la BEAC. Il révèle l'âpreté des débats, des rapports de force entre acteurs et la forte politisation de la banque centrale qui nuit gravement à son mandat et décrédibilise sa politique monétaire.
Écrit par Jean-Marc Daniel, l'un des plus grands experts du sujet, ce livre permet de comprendre l'histoire de la pensée économique. Sur un ton saisissant, l'auteur décrit et analyse les différents courants à travers leurs représentants les plus emblématiques. Il rend compte du récit mouvementé de l'économie, qui, de crises en crises, sait engendrer de nouveaux modèles. Le livre est construit de façon chronologique. Restituant un contexte historique, les chapitres exposent les enjeux nouveaux que chaque école de pensée fait apparaître ainsi que les critiques qui s'ensuivent. Les principaux auteurs sont présentés non seulement au travers de leurs théories, mais également au moyen de rubriques biographiques et d'anecdotes savoureuses. Après une présentation de la pré-science économique, Jean-Marc Daniel traite de Smith, de Ricardo, des débuts du socialisme, de Walras, des néoclassiques. Il montre ensuite comment l'interventionnisme s'affirme après la crise de 1929 avec le triomphe des idées de Keynes. Les chapitres suivants portent sur la synthèse opérée par Hicks puis Samuelson, entre idées anglaises libérales anciennes et l'interventionnisme keynésien, puis sur le retour du libéralisme anglais après 1979. Le livre se poursuit sur les enjeux de la recherche actuelle (croissance endogène, théorie des jeux, économie comportementale, rendements croissants). Il s'achève sur un état des lieux de la pensée économique à la lumière de la crise commencée en 2007 et du surendettement public qui se généralise. Cette nouvelle édition en couleur dynamise la lecture et permet de distinguer d'un coup d'oeil les différents courants de la pensée économique. Elle propose également une présentation des prix Nobel français Jean Tirole et Esther Duflo, ainsi que des compléments sur Richard Thaler, un des spécialistes de l'économie comportementale.
Déjà classique outre-Atlantique, l'oeuvre capitale de Frédéric Bastiat suscite enfin en France l'intérêt qu'elle mérite. Réédités, dès 1964 en langue anglaise, les Sophismes économiques de Frédéric Bastiat n'étaient plus disponibles en langue française dans leur texte intégral depuis l'édition Paillottet des oeuvres complètes publiée chez Guillaumin (1854-55). Alors que, de nos jours, trop d'économistes se complaisent à produire des ouvrages dont l'obscurité dissimule l'étatisme, Frédéric Bastiat nous rappelle que l'économiste a d'abord pour fonction de mettre en lumière ces rhétoriques irrationnelles qui invalident les politiques économiques. S'inscrivant dans la lignée de la littérature libérale née sous la censure impériale et royale avec les chansons de Béranger et les apologues de Paul-Louis Courier, c'est donc sous une forme littéraire - dialogique autant que logique - que Frédéric Bastiat choisit de présenter les vérités fondamentales de l'économie politique. Alors que Guizot s'en était tenu à des considérations naïves sur le gouvernement représentatif avant d'en empêcher l'épanouissement sous la monarchie de Juillet, le futur député républicain Frédéric Bastiat, en stigmatisant la privatisation rampante de l'État par les groupes de pression industriels et agricoles, esquisse une véritable théorie libérale de la justice. Démystifiant le ""sisyphisme"" des politiques de l'emploi et la spoliation légale qu'elles induisent, Bastiat démontre que ce sont les pays et les catégories sociales les moins favorisés qui gagnent le plus à la liberté des échanges. Aussi, le lecteur d'aujourd'hui ne trouvera pas d'argumentaire plus essentiel contre le dernier avatar du protectionnisme, ""l'altermondialisme"", que les Sophismes économiques de Frédéric Bastiat.
Découvrez Pamphlets de Frédéric Bastiat : une plongée dans les débats économiques du XIXe siècle, où l'auteur démontre avec brio comment la liberté individuelle et le libre-échange peuvent transformer la société.
La crise sociale provoquée par 40 ans de néolibéralisme s'est traduite par une fragmentation du monde, un repli national, la montée des droites et la révolte contre les élites. Les Trump et Le Pen de ce monde ne sont pas tombés du ciel! J.-Claude St-Onge livre ici un portrait détaillé des bouleversements politiques et des fondements philosophiques propagés par l'idéologie néolibérale, de Thatcher à Trump. Ce dernier, loin de représenter la fin du néolibéralisme, en constitue plutôt une nouvelle manifestation. Le néolibéralisme tente de se faire passer pour ce qu'il n'est pas, à savoir le champion des libertés, de la prospérité et du mieux-être, alors que la vision du monde qu'il propose est la subordination de la réalité aux forces du marché et à la loi du plus fort. L'imposture néolibérale démonte un à un les dogmes de cette doctrine. Liberté? Imposture! À moins qu'on ne la résume à la propriété et à l'accumulation des richesses, apanage d'une minorité toujours plus puissante. Nouveauté ? Imposture ! Loin d'être révolutionnaire, le néolibéralisme représente plutôt une nouvelle synthèse des vieilles conceptions du libéralisme. Sous prétexte que la société serait gouvernée par des lois naturelles, il faudrait s'incliner devant la divinité du marché. À cet éloge de l'impuissance et de la résignation, l'auteur oppose l'idée d'une société fondée sur l'entraide, la participation, la répartition équitable des richesses, le droit à la vie et à la liberté, celle-ci étant conçue comme la possibilité d'autodétermination et de réalisation de soi. Cet ouvrage, qui met en lumière la fragilité de l'édifice néolibéral, est un antidote pour rompre avec le fatalisme ambiant.
La crise économique de 2008 a suscité un «renouveau» du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de «La tyrannie de la valeur», cela n'a pas pour autant donné lieu à un approfondissement de la théorie critique, si bien que la crise actuelle du capitalisme s'accompagne d'une «crise de l'anticapitalisme», prenant la forme d'une carence théorique. L'essentiel de ce discours critique, comme celui des mouvements de type «Occupy», demeure superficiel en se limitant à une approche subjectiviste dénonçant l'élite du «1%» et des «vilains» banquiers. Le grand mérite du courant dit de la «critique de la valeur» («Wertkritik») est d'effectuer un retour au texte de Marx afin d'en dégager une critique substantielle et de retrouver, par-delà le Marx économiciste et subjectiviste, le Marx philosophe et sociologue. Le capitalisme est ainsi abordé comme un «fait social total», et de sa critique ressort la nécessité d'instituer d'autres formes de médiations sociales et d'autres institutions que celles qui consolident la domination fétichiste du travail, de la marchandise, de la valeur sur la vie, la société, la nature. Le sujet du capital n'est dès lors plus identifié à la bourgeoisie ou au prolétariat eux-mêmes, mais plutôt au processus de valorisation capitaliste que bourgeois et prolétaires entretiennent mutuellement, sans toutefois en tirer les mêmes avantages. La tâche prioritaire de la théorie critique est donc double: d'abord comprendre de manière critique les médiations fétichisées du capitalisme, puis penser ce que pourraient être des médiations non aliénés. C'est à ce projet que «La tyrannie de la valeur» entend contribuer afin d'approfondir et de renouveler le discours de la théorie critique. Avec des textes d'Yves-Marie Abraham, Marie-Pierre Boucher, Pierre Dardot, Jean-François Filion, Franck Fischbach, Anselm Jappe, Gilles Labelle, Eric Martin, Louis Marion, Jacques Mascotto et Maxime Ouellet.
De la lettre de maîtrise des marchands parisiens aux droits de reproduction des artistes, cet ouvrage explore six siècles de régimes de propriété, entre biens matériels et immatériels.
Et si l’industrie grecque, loin d’avoir disparu, s’était simplement réinventée ? L’industrialisation de la Grèce retrace l’épopée méconnue d’un secteur qui, des années 1950 à nos jours, a su se transformer en profondeur.
De l’Antiquité aux fonds d’investissement modernes, cet ouvrage retrace la fascinante histoire des échanges commerciaux et des acteurs qui ont façonné les marchés.
En 1950, Pierre Mendès France, qui n'est pas un universitaire mais un homme politique, donne un cours devant les élèves de l'École nationale d'administration (ENA). Intitulé « Problèmes économiques et financiers que pose la politique des investissements et de la reconstruction en France », Pierre Mendès France place ce cours sous les auspices de l'économiste britannique J. M. Keynes qu'il a lu avant la Seconde Guerre mondiale et qu'il a rencontré lors de la conférence de Bretton Woods aux États-Unis en juillet 1944. Cet ouvrage restitue les 19 leçons retranscrites de ce cours dont le style oral a volontairement été conservé. Pour partie déjà connu et parfois partiellement cité, ce texte demeure l'un des rares inédits de Pierre Mendès France. Présentées par Alain Chatriot, professeur des universités et chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po, ces leçons permettent de revenir sur la trajectoire intellectuelle et politique de Pierre Mendès France, sur l'ENA de 1950 et ses élèves de la promotion « Europe », et sur la compréhension des questions économiques dans la France de la Libération et des débuts de la IVe République autour notamment des principaux enjeux de la Reconstruction. Le cours de l'ENA de 1950 apparaît comme une étape signifiante dans la trajectoire politique de Mendès France et dans l'énonciation des convictions é
Avant la révolution des transports, l'apparition de nouveaux moyens de communication et la mise en place des premiers réseaux logistiques d'approvisionnement et de distribution des marchandises au cours du xixe siècle, les chaînes de collecte, de circulation et de vente des matières premières et des produits manufacturés étaient d'une grande diversité, le plus souvent segmentées et composées d'une succession d'acteurs aux statuts et aux rôles variés. Selon les cas, elles se trouvaient caractérisées par une plasticité et une instabilité permanente ou, inversement, accrochées à des traditions et des pratiques validées par le temps, des cadres juridiques contraignants ou la force d'appartenances communautaires. Le but de cet ouvrage est de porter un éclairage sur ces chaînes et ces maillons du commerce des économies et des sociétés préindustrielles, afin d'approcher leurs natures, d'examiner leurs types de fonctionnement et de saisir leurs évolutions. Cerner, dans les échanges, ce qui se joue entre la production et la consommation, c'est essayer de comprendre comment le commerce s'organise avec ses besoins humains, matériels ou juridiques et ses objectifs économiques en termes d'achat, de transport et de vente de marchandises.
Dans un monde en pleins bouleversements, l'État est le seul capable d'engager les ressources exceptionnelles, dont il ne dispose pas au moment où les crises éclatent, en s'endettant, et qui peut en même temps garantir leur soutenabilité à long terme. Ce sont les cités-États italiennes qui, pour défendre et étendre par les armes leurs monopoles commerciaux, inventent au XIIe siècle les dettes publiques perpétuelles. Ces dettes ont conduit progressivement à une véritable révolution financière, définie comme « l'établissement d'une dette publique, nationale, financée, permanente, composée d'annuités ou de rentes perpétuelles négociables » et surtout soutenable. La Hollande au XVIIe siècle, l'Angleterre au XVIIIe siècle puis la France au XIXe siècle ont progressivement développé des systèmes financiers résilients capables de gérer des dettes publiques colossales sans faire défaut. Depuis 1950, la dette publique est devenue, pour les pays développés, un instrument de gestion macroéconomique pour lutter efficacement, contre les crises de toutes origines qu'elles soient énergétiques, financières, pandémiques ou militaires. Elle est plus que jamais l'expression de la solidarité nationale. L'urgence climatique appelle une nouvelle mobilisation des finances publiques.
Le siècle dernier a connu de grands bouleversements financiers. Les textes de chercheuses et chercheurs de diverses disciplines rassemblés ici retracent, dans un langage accessible à tous, les évolutions majeures des institutions, des normes, des acteurs, des outils et des pratiques qui caractérisent le système des finances publiques en France. Ce volume met en perspective séculaire la gestion de la dette, le financement étatique de l'économie, la dimension politique du droit financier, l'extension des programmations budgétaires de tout type, mais également les conséquences des guerres et de la construction européenne sur les finances de l'État. À ces analyses s'ajoutent des études de cas sur les modes de financement de la statistique publique et des politiques en matière de culture et d'éducation, respectivement le moins doté et le plus important des postes budgétaires. Cet ouvrage de synthèse dessine à la fois une histoire de l'État par ses finances publiques et une histoire financière d'un long xxe siècle (des années 1880 aux années 2020). Cette double approche permet notamment de mieux comprendre l'état des finances publiques d'aujourd'hui.
Région d'extraordinaire richesse ethnique et culturelle, de par son positionnement à la lisière d'influences historiques turques, persanes, indiennes, mais aussi chinoises, russes, méditerranéennes, l'Asie centrale mérite un renouveau d'attention. Aux cinq pays d'Asie centrale : Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan, l'ouvrage inclut dans l'analyse l'Azerbaïdjan en tant que pays caucasien riverain de la Mer Caspienne au centre des intérêts énergétiques fondamentaux de la région. Trois perspectives sont réunies : histoire sur plus 40 000 ans ; aspects socio-économiques des pays qui la composent soumis à l'autorité religieuse de la muftiyya de Tachkent à l'époque soviétique ; évaluation des perspectives ouvertes par l'initiative chinoise des nouvelles routes de la Soie.
Observé depuis la Mésopotamie, l'usage du prêt à intérêt est au coeur d'une guerre sans merci de la part des sociétés initiatiques sous des masques idéologiques nombreux tels que le judaïsme ou le protestantisme. Cet ouvrage raconte l'évolution de cette pratique considérée comme immorale à travers ses luttes de pouvoir et en livre une analyse approfondie à travers la pensée religieuse, philosophique, politique et économique. Enfin, l'auteure souligne son impact sur la vie socio-économique en Occident ainsi qu'en Orient et s'attarde sur les solutions pour transformer le circuit bancaire conventionnel en un système éthique fondé sur le partage des profits et des pertes.
La fraude est ici appréhendée dans toutes ses dimensions, spatiales, temporelles, politiques, économiques, juridiques et sociales. Ce livre est le résultat d'un vaste programme de recherches internationales et entend surtout éclairer les relations entre fraudes et territoires. La porosité des frontières politiques ou « naturelles » - mais chaque frontière est artificielle - délimite avant tout une géographie des contournements. Placée dans une perspective de longue durée, car le phénomène de la fraude est ancestral, la fraude se sert des difficultés, voire de l'absence de volonté, des États à contrôler tous les flux ou plutôt les marges. La fraude est une activité économique, par définition mal connue, qui, dans certaines circonstances (guerre, occupation, pénurie...) prend une place prédominante dans la vie quotidienne des populations. Elle peut aussi devenir une question de survie. Les règles juridiques et légales, qu'elles soient douanières ou fiscales, induisent des comportements frauduleux qui proviennent parfois de traditions commerciales préexistantes aux normes étatiques. Enfin, la fraude, malgré ses dangers, fait vivre les fraudeurs et engendre des corps de contrôle. Du Tonkin à la Guadeloupe, en passant par l'Empire espagnol et le Benelux, de Marseille à Londres, en passant par Newport, Calais, Lille, Anvers, le Dauphiné ou encore l'Anjou, les textes de cet ouvrage pluridisciplinaire offrent un vaste panorama des modalités et des acteurs de la fraude. Ils soulignent à la fois les constantes et la diversité des trafics illicites (denrées alimentaires, armes, brevets, sel, monnaies...) dans le monde depuis le XIIIe siècle.
«Le projet de nationalisation des banques et de grandes entreprises stratégiques de l'économie nationale a été un moment de grande passion et de grande tension politique dans notre pays. Pendant neuf années, les nationalisations avaient alimenté le débat politique, et cette idée avait galvanisé les socialistes jusqu'à l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir. Que quelques années après leur mise en application, elles aient été complètement balayées par les privatisations du gouvernement de Jacques Chirac avait de quoi susciter de fortes interrogations sur le processus même de ces nationalisations.» Par un étonnant concours de circonstances, l'économiste et universitaire François Morin s'est trouvé engagé en 1981 au cabinet de Jean Le Garrec, secrétaire d'État chargé de l'«extension du secteur public», c'est-à-dire des nationalisations, dont celle des banques. S'appuyant sur ses archives personnelles et ses souvenirs, l'auteur raconte les coulisses de cet épisode extraordinaire de l'histoire récente de la France et s'interroge sur les raisons de l'échec de cette ambitieuse politique de socialisation du capital. Il démontre ainsi que les nationalisations de 1981 et leur échec ont encore beaucoup à nous apprendre, et que ces leçons pourraient nous permettre de réfléchir aujourd'hui aux voies d'une refondation démocratique radicale.
Malgré la financiarisation des économies le crédit inter-entreprises occupe aujourd'hui une place majeure dans la structure financière des firmes petites et grandes dans le monde. Malgré cela, il a longtemps été négligé par les historiens de l'économie qui préfèrent travailler sur des sources de financement plus accessibles et plus formalisées. Les études historiques présentées dans ce livre analysent sur un long xxe siècle le crédit inter-entreprises en Europe occidentale, à la fois sous sa forme de crédit commercial (la première source de financement à court terme des firmes) et celle de crédit financier (financement direct interentreprises, crédit intra-groupe, crédit de la famille et/ou du réseau...). Réalisé par une équipe internationale de chercheurs, ce recueil livre une première contribution à l'histoire du financement inter-firmes des entreprises européennes, dont on retrouve bien des traits aujourd'hui dans les flux massifs de capitaux circulant à l'intérieur des groupes mondialisés. Il montre que loin de se réduire à une forme archaïque de financement qui résulterait des imperfections du marché des capitaux, le crédit interfirmes correspond à un besoin de coordination et d'adaptation des firmes à leur environnement et au progrès technique.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Un Proudhon certes foncièrement anarchiste, fédéraliste, anti-étatiste pour tout dire, mais parfois plus proche d'être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu'un socialiste et dont le combat constant pour l'émancipation de la classe ouvrière va de pair avec une rude opposition au communisme. Voici le Proudhon (1809-1865) que ce volume dévoile en bousculant nombre d'idées convenues à son sujet: entre autres, que la propriété est loin d'être forcément un « vol ». Ces textes sélectionnés, ordonnés et présentés par Vincent Valentin, maître de conférences à l'université Paris-I, soulignent le caractère complexe, souvent paradoxal et évolutif, d'une oeuvre foisonnante à laquelle le lecteur contemporain n'a plus directement accès depuis longtemps. Et dont la conception vive de la liberté individuelle qui l'irrigue donne toujours à penser.