Yves Mabin Chenneviere
Yves Mabin Chenneviere
« Ta bouche à mes mots donne un sens », dit le poète à celle qui l'inspire, femme incarnée mais aussi ressemblance. Mouvements de mémoire, de présent, de lecture, de sang sont inclus dans les mots - à la fois égarés et renaissants sans cesse - avec « l'instant de vivre » qui les saisit, les restitue au jour comme une réalité plus haute. Le poète sait s'immerger dans le langage, non sans un certain plaisir à l'obscur qui s'explore lui-même dans la mise à nu de son itinéraire. Le doute, l'ironie, la simulation, l'errance - autant que l'émotion - deviennent comme des partenaires. Le dédoublement d'elle et de lui - dans ce qui est autant un plaisir à la littérature qu'un éloge du couple - donne une saveur plurielle à la distanciation. Yves Mabin-Chennevière appelle un monde lu par nos corps, afin qu'uni au silence, il puisse « recréer le langage », occasion d'écarter les limites du temps et de l'espace. Mais il lui arrive aussi d'accepter d'être « corrompu d'éternel ». Un équilibre à vivre est ainsi proposé par l'acte d'écrire et d'aimer.
Par l'auteur de Le Désir distrait. « Copyright Electre »
Le problème de la connaissance, de la situation (toujours fluctuante ?) de l'être en nous - posé contre le temps, un certain rituel, non sans romantisme, de la tendresse et de l'amour orientent les poèmes d'Yves Mabin Chennevière. Le poète cherche une brèche par où se glisser pour savoir - à défaut de trouver - et ainsi, mieux vivre. Il provoque le silence. En peut-il jaillir « l'éphémère prolongé » ?