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Découvrez le texte fondateur de l'abolitionnisme : rédigé en 1760 par Giuseppe Pelli, cet essai inédit précède même Beccaria et pose les bases d’un combat toujours actuel. Pourquoi la peine de mort est-elle inutile, injuste et nuisible à la société ?
Le texte italien traduit en français est précédé de la correspondance entre G. Pelli et C. Beccaria, sous le signe du partage du sensible : les deux hommes se reconnaissent comme unis par une même aspiration du coeur à un monde libéré du scandale de la peine de mort. L'introduction de Philippe Audegean propose une analyse savante de l'argumentation du juriste florentin, qui démontre avant C. Beccaria que la peine de mort est inutile, nuisible, injuste :
- La mort est non seulement inutile comme moyen de prévention, mais elle se révèle en outre nuisible, puisqu'elle ôte à l'État une force de travail.
- En vertu du pacte social, une peine n'est juste que si elle peut avoir été préalablement acceptée par celui qui la subit ; or, personne ne peut avoir consenti à être puni de mort.
- La peine de mort est de surcroît la marque des régimes autoritaires.
Au-delà de la découverte des trois arguments du discours abolitionniste, la force de la critique de G. Pelli, son noyau insécable, est l'appel à une commune humanité. Juges et condamnés appartiennent à une même humanité. Tel est ce qui interdit aux premiers le recours à la peine suprême, exorbitante selon G. Pelli. Si les juges se permettent, sous couvert de l'État, de condamner à mort les coupables de crime, c'est qu'ils se considèrent, à tort, comme des êtres supérieurs, d'une autre espèce que celles ou ceux qu'ils condamnent. Or, par cette illusion même, ils s'avouent humains, trop humains, en ce qu'ils s'avèrent capables, à travers cette illusion, de tuer l'autre homme.
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person_edit À propos de l'auteur
Giuseppe Pelli (1729–1808) est un juriste, haut fonctionnaire et essayiste florentin. Orphelin dès son jeune âge, il étudie le droit à Pise et entame une carrière administrative au Grand-Duché de Toscane, devenant directeur de la Galerie des Offices de 1775 à 1793. Auteur d’une œuvre monumentale, les Éphémérides, il rédige dès 1760 un essai pionnier contre la peine de mort, resté inédit jusqu’à sa redécouverte récente. Son combat pour l’abolition, mené en dialogue avec Beccaria, témoigne d’une pensée humaniste et réformiste.
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