[Tout le projet de Philippe Berthaut est dans ces mots serrés entre deux crochets.] Mais ne croyez pas pour cela qu’il part en thèse : son échec sera peut-être le nôtre, celui de ne pas savoir dire cette langue qui nous porte et que nous ne savons pas dire. Le Cahier de désécriture est une tentative de faire vibrer cette clôture que le langage crée, jusqu’à la faire éclater comme un cristal détruit par un son suraigu.
Cahier de désécriture
Et si la poésie naissait des erreurs, des lapsus, des silences ? Cahier de désécriture invite à explorer une langue vivante, fragile et rebelle, où chaque mot devient un acte de création.
Accompagner Berthaut dans cet élan intérieur de vingt-deux jours, ce journal qui serpente, c'est le suivre en nous-mêmes. Quelle est cette langue qui nous porte et que le plus souvent nous ne savons pas dire ? À l'économie, parfois jusqu'à la rareté du son, la finesse de son nerf, il s'agit de confronter, à la lecture, à l'écriture, cette matière lunaire qui se saisit des cordes vocales pour les faire vaciller. C'est à la fois en nos corps et au-delà car, souvenons-nous, « c'est trop étroit une peau » disait Emaz. C'est sa finesse, aussi, qui nous permet de voir au-dedans, sous la gorge, la langue en construction, les hauts fourneaux du dire.
Guillaume Vissac
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Poète, chanteur et formateur d’ateliers d’écriture, Philippe Berthaut est né en 1952 à Aigueperse (Puy-de-Dôme) et vit à Toulouse. Titulaire d’un DEA en Lettres Modernes, il a choisi de mettre en musique et en scène ses poèmes, explorant les frontières entre oralité et écriture. Il a été conseiller littéraire auprès de la boutique d’écriture du Grand Toulouse et anime régulièrement des ateliers pour tous les publics. Son œuvre, marquée par une recherche constante sur la désécriture et la langue comme matière vivante, s’inscrit dans la poésie contemporaine la plus inventive.