Pierre Tabarin
Pierre Tabarin
Débats intergénérationnels sur l'avenir de notre société Ils étaient quatre, comme les mousquetaires. Françoise, Jean, Julie et Kevin, dont les prénoms trahissent les âges, ne se sont pas affrontés à fleurets mouchetés mais ne manquaient pourtant pas de panache. D'autant plus que le combat en valait la peine, réunissant boomers et millenials, afin d'acter une rupture générationnelle ou d'imaginer un futur commun. Une nouvelle fois, il apparaît que le dialogue, comme la prise en compte de l'altérité, génère des solutions nouvelles. D'où ressurgit cette vieille idée du civisme dont on avait oublié qu'elle était particulièrement inclusive, et dont on mesure, face à une quadruple complexité du monde actuel : environnementale, économique, sociale et générationnelle, qu'elle peut guider une nouvelle phase de l'humanité. Le citoyocène succédant à l'anthropocène dans une nouvelle rencontre entre un consommateur frugal et un citoyen gourmand.
Au moment où les technologies créent des addictions, la pandémie limite la mobilité, le réchauffement climatique inquiète, la raison régresse au profit de multiples croyances, la question de la liberté devient essentielle. En particulier parce que le néolibéralisme touche à sa fin et qu'il faut construire l'avenir. Trois Gascons, ayant vécu à des époques différentes, ont mis en avant l'importance de l'autonomie, de la liberté individuelle, du respect dû à chacun. Montaigne au niveau de chaque personne, Montesquieu au titre du citoyen et Frédéric Bastiat en ce qui concerne le consommateur. Les rapprocher paraît utile puisque chacun de nous est Individu, citoyen et consommateur. De plus à l'heure où l'on va fêter les 300 ans des Lettres Persanes de Montesquieu, il est utile de se demander : comment peut-on être libéral ?
Tant pour des questions d'équilibre social, de santé publique ou d'environnement, le bruit, le silence, le dialogue sont désormais des questions d'actualité. Surfant sur ces thèmes, Pierre Tabarin, par le biais d'un roman, à fois ludique et empli d'informations techniques et sociologiques, trace une philosophie de l'altérité. Dans la famille Cauvert, d'origine franco-américaine, mais vivant à Toulouse, où les parents et les deux enfants sont tous préoccupés par le bruit et le silence, les péripéties sont nombreuses. Dans le monde actuel nombreux sont ceux qui, trop souvent, entendent sans écouter, préfèrent le bourdonnement (buzz) ou le gazouillis (tweet), et en oublient l'importance de la conversation, de l'autre, de la démocratie.
Les mots, et plus précisément les lettres qui les composent, sont en colère. Celles-ci sont en général oubliées, alors que l'alphabet est souvent considéré comme la plus importante des conquêtes humaines. Chaque lettre se déploie, témoigne, révèle sa personnalité pour montrer que nous avons tout à gagner à mieux les connaître. D'autant plus que leur avenir est incertain si l'oral ou l'image se développent au détriment de l'écrit. Que se passera-t-il si les lettres disparaissent ? Comme toujours avec recul, sourire, sans omettre un clin d'oeil à Baudelaire, Montaigne Balzac, Sartre ou Shakespeare, l'auteur trace une vue confiante en l'avenir à condition que chacun assume sa responsabilité d'apprendre et de transmettre.
Un chef d'entreprise est un chef d'orchestre qui doit déchiffrer une partition, appelée l'avenir, afin de la faire exécuter par un orchestre appelé le corps social de son entreprise. Le protagoniste se rend compte qu'en échangeant avec les cadres, les collaborateurs, les syndicalistes, les actionnaires, et son conseiller particulier, il redécouvre son entreprise. Il prend conscience que l'économie étant avant tout une affaire humaine, l'entreprise au coeur de notre monde socio-économique doit évoluer, renaître. Face aux nouvelles réalités humaines, sociales, économiques et environnementales qu'il convient désormais de concilier, il devient nécessaire de sensibiliser les dirigeants à l'utilité de la culture et de l'histoire.