Scaliger Jules-Cesar
Scaliger Jules-Cesar
De tous les adversaires d'Erasme dans le dernier combat que celui-ci engagea, la polémique autour de l'imitation de Cicéron, Scaliger est le seul dont la stature intellectuelle et le prestige pourront être comparés aux siens, à la fin du XVIe siècle en France. Mais desservies par leur réputation non usurpée de violence, les Orationes lancées par un Scaliger en mal d'illustration, n'ont jamais vraiment été lues ni analysées pour ce qu'elles sont : une réponse en forme au Ciceronianus, dont sont réfutés les principaux arguments, qu'ils soient d'ordre rhétorique, esthétique, philosophique, ou religieux. Est ici proposée une édition bilingue des deux discours, précédés d'introductions qui replacent les deux interventions de Scaliger dans leur contexte, et livrent des aperçus nouveaux sur le début de sa carrière française. Un copieux appareil de notes permet de mieux appréhender la convergence des analyses de Scaliger avec celles des principaux adversaires du Rotterdamois.
Le De causis linguae Latinae (1540) de Jules-César Scaliger constitue un maillon essentiel dans l'histoire de la grammaire latine et plus généralement dans l'histoire des théories linguistiques. Il ne s'agit pourtant pas d'une grammaire latine au sens habituel du terme, avec ses règles et ses paradigmes, mais d'une réflexion philosophique sur les fondements de la langue latine, et même sur les fondements du langage en général. Les treize livres, de taille inégale, comportent une phonétique (livres 1 et 2), l'examen du mot (dictio, livre 3) et de ses classes (livres 4 à 11), avant de traiter des figures de construction (livre 12), de l'étymologie et de l'analogie (livre 13). La présente édition propose, dans le premier volume : une introduction (en deux parties : « Scaliger, philosophe des savoirs du langage et des langues », par P. Lardet ; « le De causis dans l'histoire des idées linguistiques », par G. Clerico et B. Colombat) ; le texte latin ; des notes critiques ; neuf index ; une bibliographie de plus de 600 titres. Le second volume comporte l'ensemble de la traduction avec une abondante annotation qui replace le De causis dans le contexte de son élaboration et de sa rédaction.