Marc Michel
Marc Michel
L'écriture est peut-être un moyen de salut : il fuit la souffrance présente en s'efforçant de retrouver dans sa mémoire la naissance et l'épanouissement de son amour. Il se souvient de son arrivée dans ce sanatorium suisse, qu'il va lui aussi quitter bientôt pour la littérature, qu'il enseignait, sa femme, qu'il n'a jamais cessé d'aimer, l'être qu'il fut, s'il existe encore. Une fraîche jeune fille lui avait rendu la jeunesse du monde. Par-delà ses lectures trop nombreuses, les prestiges vains, les doutes, ils étaient parvenus à la simplicité et à la pureté de l'amour vrai, et la splendeur romantique de ces paysages, que modifiaient pour leur plaisir les saisons, l'attestait. Mais à mesure que le récit progresse, le narrateur, trop habile et tristement lucide, tient aussi le journal de son oubli. On ne meurt pas d'amour. Il partira sans doute doublement guéri du sanatorium. N'était-ce vraiment qu'un intermède ?
Mobilisé en août 1914, à 37 ans, l'historien Jules Isaac partagea la vie des fantassins pendant plus de trente mois sur l'Aisne, en Champagne, à Verdun, avant d'être blessé et évacué de son observatoire de la forêt de Hesse, au-dessus de Vauquois, à la fin juin 1917. Pendant toute cette période, il échangea avec son épouse Laure une correspondance très régulière relatant sa vie au front, et la barbarie quotidienne à laquelle, comme tous ses camarades, il était confronté.Ces lettres inédites, poignantes et lucides, puisqu'elles témoignent à la fois d'une expérience personnelle et du regard de l'historien sur l'événement sont ici réunies pour la première fois. Un apport capital à la mémoire d'un conflit dans lequel on s'accorde à voir, à juste titre, la matrice du XXe siècle.Ouvrage réalisé avec le concours de l'Association des Amis de Jules Isaac.Préface d'André Kaspi, professeur à la Sorbonne.Édition critique établie par Marc Michel, professeur émérite à l'Université de Provence. 1914, la mobilisation et le Soissonais. La Champagne. Verdun. Extraits des carnets de guerre de Jules Isaac. Note sur une entrevue avec Ernest Lavisse en janvier 1917. Renouvellement.
Un drame judiciaire du XIXe siècle où Jacques Loubet, avocat idéaliste, se sacrifie pour sauver l'honneur de sa famille.