Stéphanie Hennette Vauchez
Stéphanie Hennette Vauchez
Dans la France du XXIe siècle, on attend beaucoup de la laïcité, devenue injonction, au risque de devenir discriminatoire dans le discours juridique et politique. Laïcité, donc, un mot " fort " aux enjeux de taille pour notre société, décrypté de manière limpide par la professeure de droit Stéphanie Hennette-Vauchez.
Alors que les coups de boutoir contre l'État de droit se multiplient, y compris du côté du pouvoir exécutif, peut-on compter sur le Conseil d'État et Conseil constitutionnel, les deux juges censés en être les premiers garde-fous ? Sont-ils aujourd'hui les gardiens vigilants de nos droits et libertés ? Tout semble indiquer qu'ils ont baissé la garde, enrôlés dans les principaux tournants de l'action publique ces dernières décennies, du grand marché européen aux politiques sécuritaires. N'ont-ils pas en effet accompagné, plus que limité, la mise en place des deux états d'urgence (terroriste et sanitaire) ? Ne jouent-ils pas un rôle décisif en tenant à distance, ici, le droit de la non-discrimination et en entérinant, là, la montée en puissance des libertés économiques ? Et pourtant, ils sont placés en première ligne des défis les plus pressants de nos sociétés - l'urgence écologique, les revendications d'égalité et la préservation des espaces de la contestation et du dissensus. Parce que les droits et libertés meurent de ne pas être défendus, et parce qu'ils sont une condition existentielle de nos démocraties, ce livre est autant un inventaire qu'une exhortation à la remobilisation de tous les pouvoirs publics, juges en tête.Stéphanie Hennette Vauchez est professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et membre de l'Institut universitaire de France ; elle est chercheuse au Centre de recherches et d'études sur les droits fondamentaux.Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS en sociologie politique, et directeur du Centre européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/EHESS).
Symbole du droit international des droits de l'Homme qui a connu un développement remarquable depuis la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration universelle des droits de l'Homme cristallise également les interrogations qu'il suscite. Des droits peuvent-ils réellement être universels ? Droits civils et politiques, droits économiques, sociaux et culturels peuvent-ils être pensés ensemble ? Quelle est la portée d'une déclaration de droits ? La protection effective des droits suppose-t-elle la régionalisation ?
On ne gouverne pas impunément par l'état d'urgence. Entre les attentats du 13 novembre 2015 et l'automne 2021, la France a vécu plus de la moitié du temps sous état d'urgence terroriste ou sanitaire. Ce régime, conçu au départ comme un dispositif juridique temporaire, accordant des pouvoirs exceptionnels aux autorités publiques pour faire face à des risques inédits, tend à devenir un état permanent, en France mais aussi dans de nombreux autres pays. Les crises de demain, au premier rang desquelles la crise climatique, appelleront-elles, elles aussi, leur état d'urgence ? La banalisation de l'exception pervertit l'État de droit et fait peser un coût extrêmement élevé sur les conditions même de possibilité de la vie démocratique. L'ambition de cet essai est d'offrir une critique approfondie des effets politiques et institutionnels qu'engendre la récurrence de ces régimes juridiques si particuliers, auxquels les gouvernements paraissent s'accoutumer sans toujours en percevoir les implications sur les droits et les libertés. L'état d'urgence n'est pas une simple parenthèse : le risque est qu'il devienne la nouvelle condition politique et juridique des sociétés confrontées à des menaces planétaires et systémiques. Endiguer ses effets relève d'une urgence démocratique.Parce qu'un essai vaut autant par le constat dressé que par les renouvellements esquissés, le texte de Stéphanie Hennette Vauchez est prolongé par trois « rebonds et explorations » qui en discutent les implications et les perspectives : une conversation avec Fionnuala Ní Aoláin et deux textes inédits de Mireille Delmas-Marty et Thibaud Lanfranchi.
" - Allô ! C'est le docteur lui-même qui est à l'appareil ?... Allô ! Ne coupez pas... La voix, à l'autre bout du fil, était anxieuse. Le Petit Docteur, au contraire, comme tout le monde l'appelait, venait de rentrer de tournée et reniflait la bonne odeur du ragoût de mouton qui parfumait sa maison. Dehors, il faisait torride. Dedans, persiennes closes, la fraîcheur était savoureuse comme un bain. "Cette série de 13 nouvelles a été écrite à la villa Agnès à La Rochelle (Charente-Maritime), en mai 1938. Ces nouvelles ont été prépubliées dans la série " Le petit docteur " de la collection Police-Roman avec des illustrations photographiques in texte de novembre 1939 à janvier 1941. L'ordre des nouvelles à l'intérieur du recueil diffère des prépublications dans la collection Police-Roman.