Yvan Elissalde
Yvan Elissalde
Quoi de commun entre la traduction linguistique, l’exégèse d’un texte sacré, la pratique divinatoire, la jurisprudence d’un procès, l’analyse psychanalytique d’un rêve, le jeu musical ou théâtral, la compréhension finale des résultats d’une expérience scientifique, la critique littéraire, esthétique ou philologique, le commentaire des philosophes ? La présente analyse fait le pari que la forte équivocité du mot et de l’idée d’interprétation n’est pas irréductible et que, par suite, un concept d’interprétation véritablement unifié peut être crée. Concept difficile mais passionnant, aux enjeux considérables (épistémologie, méthodologie des sciences humaines, théorie du langage et des facultés de compréhension, esthétique, droit, philosophie, herméneutique, religion), l’interprétation doit d’urgence être purgée des nombreux préjugés qui l’occultent afin d’être définie rigoureusement.
Une foule de naïvetés encroûte, aujourd’hui comme hier, la notion de morale, la rendant à peu près inintelligible. Désormais détachée de son antique ancrage religieux (du moins dans nos contrées), elle a pour réputation contradictoire de s’être perdue et de faire de la résistance, d’être universelle et historiquement ou culturellement déterminée, d’être une et multiple, obsolète et essentielle, collective et à usage personnel, absolue et relative, science (du bien et du mal) et croyance, voire simple sentiment. Et ainsi de suite. Objet de répugnance instinctive (ne risque-t-elle pas de porter tort à notre liberté et à nos plaisirs ?) ou encore de raillerie (de la part des esprits dits « désinhibés » ou « libres »), elle est pourtant une affaire assez sérieuse pour que les hommes se fassent la guerre (par la voie des mots plus encore que par celle des armes), alors qu’elle est censée condamner la violence. Chacun paraît se prétendre expert et gardien en matière de mœurs, de valeurs, d’éducation. On ne saurait en rester là, sauf à sombrer dans le dogmatisme le plus désolant. Le présent ouvrage entreprend de la rendre à sa clarté et à sa cohérence, en la passant – une nouvelle fois – à l’épreuve de la philosophie, c’est-à-dire, enfin, de l’interrogation sceptique.
Cet ouvrage, qui constitue une synthèse sur le « langage » : - fait émerger les caractères essentiels de la notion de « langage » ; - invite le lecteur à se familiariser avec les grands textes qui s’y rapportent ; - propose un parcours dialectique (entrée en discussion avec les auteurs et examen critique de leurs positions) ; - offre une synthèse systématique des enjeux fondamentaux (ontologiques, logiques, épistémologiques, psychologiques et éthiques) ; - donne l’exemple d’une investigation personnelle et approfondie qui amène à assumer certains choix théoriques ; - est accompagné d’une bibliographie sur les textes de référence.
Une erreur commune consiste, en philosophie de l’art, à ne pas prendre d’assez haut le domaine en question. Il en résulte ordinairement une conception par trop étriquée de l’art, ainsi qu’insuffisamment spécifique. Il convient donc, pour ne pas se laisser duper, d’envisager l’art dans un contexte conceptuel beaucoup plus large, comme le font significativement tous les grands philosophes. Platon pense l’art à partir de l’éducation ; Aristote part de la notion de nature ; Kant arrive à l’art à partir de la question du jugement ; Hegel, à partir de celle d’esprit ; Nietzsche adopte le point de vue de la vie, etc. Tout ceci explique alors la diversité des possibilités de théories sur l’art : théorie morale et politique, théorie naturaliste, idéaliste ou empiriste, rationaliste ou anti-rationaliste, vitaliste, etc. On peut même penser, comme certains, que la question esthétique de l’art et du beau est commandée plus ou moins secrètement par celle, métaphysique, de l’être. Quant à nous, une théorie sérieuse de l’art ne nous paraît pas pouvoir se développer de manière solide sans une théorie (dès lors englobante) de la culture, même si le rapport art/culture, comme on va le voir, ne va pas de soi. Est-ce bien un hasard si nombre de grandes théories de l’art ont été élaborées par des philosophes de la culture tels que Platon, Hegel ou encore Nietzsche ?
Japon médiéval, artéfacts mystérieux dotés de pouvoirs surnaturels, intrigues, samouraïs, etc. : cette série de manga a tout pour plaire !
Ce pourrait-il que, par un étrangement retournement des choses, les sciences « dures » se soient finalement laissées « ramollir », au point de prendre désormais pour modèle les sciences « molles » ? L’auteur de cet ouvrage ne se résout pas à ces saturnales, orchestrées par une épistémologie contemporaine semble-t-il entièrement contaminée par le faillibilisme. Il tâche donc de rétablir les vraies sciences dans leur droit, le droit à la « dureté » - avant tout celle de la vérité. Ce faisant, il œuvre à remettre les sciences « molles » à leur place, hors science comme hors vérité : la place du sens et des signes. Sciences humaines et sciences de la nature peuvent dès lors apparaître comme ce qu’elles sont du point de vue de leur genre commun, la culture : des disciplines qu’on aurait bien tort de hiérarchiser, puisqu’elles sont sœurs, et surtout de confondre, puisqu’elles sont jumelles.
L'idée de réflexion implique un dédoublement de prime abord étonnant du sujet en sujet regardant et sujet regardé, puisque réfléchir serait comme se voir en esprit. Mais, à supposer que chacun dispose d'une telle vision, pourquoi serait-il plus aisé de connaître la vérité sur soi que sur les choses? De ce que je suis - du moins le crois-je naïvement - intérieur à moi-même, s'ensuit-il que j'échappe à l'ignorance et à l'erreur de mon sujet ? Notion au programme de l'agrégation externe 2016
Cet ouvrage, qui constitue une synthèse sur la notion de « négation » : - fait émerger les caractères essentiels de la notion de « négation » ; - invite le lecteur à se familiariser avec les grands textes qui s’y rapportent ; - propose un parcours dialectique (entrée en discussion avec les auteurs et examen critique de leurs positions) ; - offre une synthèse systématique des enjeux fondamentaux (ontologiques, logiques, épistémologiques, psychologiques et éthiques) ; - donne l’exemple d’une investigation personnelle et approfondie qui amène à assumer certains choix théoriques ; - est accompagné d’une bibliographie sur les textes de référence.
Alors qu’on la dit généralement éloignée des considérations matérielles, la philosophie a pourtant, depuis toujours, montré un intérêt profond pour l’analyse du champ de notions regroupées dans la triade « technique, travail, économie ». Cette tradition s’est récemment développée sous la forme d’une épistémologie spécifique et d’un développement spectaculaire des « sciences économiques et sociales ». Toutefois, le revers de cette évolution récente est la prise d’indépendance, à l’égard de la philosophie, de l’économie et de la technologie, devenues des sciences humaines à part entière. L’objectif de cet ouvrage consiste d’abord à renouveler les analyses proprement philosophiques de cette triade classique. Il s’agit également de montrer au lecteur étudiant, comme à un plus large public, l’apport et la fécondité de la philosophie sur des sujets qui touchent de près à leurs préoccupations quotidiennes, aux inquiétudes et aux crises de la société contemporaine, aux débats qui ne cessent d’agiter le monde politique et la presse généraliste.
Tous les jours, des météorites de toutes tailles tombent sur Terre, occasionnant nos étoiles filantes ou, parfois, des bolides retentissants. Les météorites sont des vestiges de la formation des planètes au début du système solaire. Blocs de construction de la Terre, elles ont continué à en affecter l'histoire depuis lors. Elles fascinent les Hommes depuis toujours... Ce petit livre présente de façon très simple tous ces aspects et saura séduire un public non scientifique.
Culture ou civilisation, quelle différence ? L’indistinction entre les deux notions est aujourd’hui totale ou presque dans la plupart des usages. Chacun est d’ailleurs invité à les confondre par les doctes qui ont fini par en effacer théoriquement les frontières, se satisfaisant d’une équivalence pourtant douteuse. Soutenir que la civilisation n’est pas culturelle et que, réciproquement, la culture ne civilise pas, c’est donc désormais une proposition à peu près inintelligible. Telle est pourtant la thèse que défend le présent ouvrage, sur le mode philosophique, c’est-à-dire par l’examen prioritaire des définitions. Or l’enjeu est loin de n’être que théorique : en redonnant toute sa force à l’idée de culture, il devient possible de concevoir une véritable éthique de la culture, c’est-à-dire un système particulier de valeurs qui assigne à l’humain une raison de vivre. Comment réaliser son humanité intime ? La vie marginale de tous les passionnés de l’esprit répond à cette question.
Les notions de politique et de droit sont étudiées en les inscrivant dans un ensemble beaucoup plus vaste : le concept de société. La distinction entre la civilisation (qui concerne la vie commune pratique, laquelle englobe, outre l'ordre politique, la morale et la coutume) et la culture (qui a trait aux œuvres de la vie de l'esprit) sert d'angle d'analyse. C'est pourquoi la première partie est consacrée au fondement de la politique et du droit, à savoir la vie sociale. La seconde partie traite la politique pour elle-même, à partir d'une analyse du pouvoir, en réfutant l'idée d'une science politique tout en affrontant le problème général de la violence. La troisième partie peut alors s'attarder sur la question décisive de l'État, dont l’auteur propose une théorie fonctionnaliste, sur la base d'une distinction de fond entre le public et le privé. On invite ainsi le lecteur – que ces analyses le convainquent ou non quant à leur contenu – à passer d’idéologie à pensée politique, c’est-à-dire de croyance plus ou moins raisonnée (à visée militante) à scepticisme tourné vers soi-même. Car il ne s’agit évidemment pas de donner des leçons de valeurs, encore moins de morale : seulement des leçons de logique.
Culture ou civilisation, quelle différence ? L'indistinction entre les deux notions est aujourd'hui totale ou presque dans la plupart des usages. L'opinion populaire est d'ailleurs invitée à les confondre par les savants et les intellectuels qui ont fini par en effacer théoriquement les frontières, se satisfaisant d'une équivalence pourtant douteuse. Soutenir que la civilisation n'est pas culturelle et que réciproquement la culture n'est pas civilisatrice, c'est donc dorénavant une proposition inintelligible : telle est pourtant la thèse que défend le présent ouvrage, sur le mode philosophique. Car il ne suffit pas de déclasser hors culture les mille et une conduites de l'humanité qui sont à tort qualifiées de culturelles : encore faut-il leur rendre une détermination précise. Le concept repensé de civilisation peut y aider, en ce qu'il fait voir la nature également civilisatrice des éléments de la vie sociale : coutume, morale, politique sont autant de règles organisatrices qui, fonctionnant ensemble chacune à leur niveau, ne contribuent pas à cultiver l'individu précisément parce qu'elles civilisent les peuples. Inversement, et contrairement à un préjugé tenace, celui qui se cultive ne se socialise pas pour autant.