Xavier Monnier
Xavier Monnier
En 1940, ils avaient vingt ans et ils s'étaient aimés dans l'ombre. Amour secret et menacé : Nelly était mariée, Jean avait rejoint le maquis, l'un et l'autre se battaient contre l'occupant. 1944, la Libération, le dernier hiver de guerre dans Lyon dévasté, l'engagement au Parti communiste qu'ils avaient rejoint dans la Résistance. Absolu. Indiscuté. Parce que la misère est là, le rationnement et la faim, la corruption des uns, le travail harassant des autres. Jean et Nelly sont sur tous les fronts - d'abord à Lyon, puis à Paris - lui dans la presse, elle dans les mouvements de femmes, au porte à porte, sur les marchés. C'est en même temps les retrouvailles avec les enfants nés sous l'Occupation, la naissance d'une petite fille qui demande tous leurs soins. Menaces et angoisses, rires et tendresse, amour éperdu et péripéties personnelles se mêlent à l'urgence des luttes : terribles grèves de 1947, Appel de Stockholm pour la paix, refus de la guerre d'Indochine. Dans cette vie protéiforme, ils rencontrent Mathilde Gabriel-Péri et Paul Éluard ; Édouard Herriot et Maurice Thorez ; ils travaillent avec Yves Farge, Jean Kanapa, Jeannette Vermeersch, Marie-Claude Vaillant-Couturier, mais aussi le professeur Robert Debré et Monseigneur Pézéril... Furent-ils immensément naïfs dans leur confiance envers le Parti communiste, Staline et l'U.R.S.S. ? Peut-être. Ne voyaient-ils, comme le pressent Jean quand l'enfermement idéologique se fait plus pesant, qu'une moitié du monde ? Sans doute. Mais, après tant de désabusements, qui n'aurait, au fond de la mémoire, La nostalgie de l'espérance ?
Loin des strass et des paillettes, une plongée au plus près du vrai pouvoir de Cannes. Tapis rouge, montée des marches, Palme d'Or : du festival de Cannes, le monde connaît la légende qui, chaque année, fait converger vers cette petite station balnéaire sans charme de la Côte d'Azur le gotha du 7e art. En soixante-dix ans, le festival a imposé ses codes au cinéma mondial et s'est mué en un véritable système. Dérives financières, affaires de drogues, scandales sexuels, fêtes somptuaires, secrets d'alcôve : rien ne semble pouvoir égratigner le symbole. Son principe, " tout ce qui se passe à Cannes reste à Cannes ", n'est pas une vaine expression. C'est la réalité derrière les paillettes que Xavier Monnier explore dans ce livre. Au terme d'une enquête minutieuse, il brise le silence protecteur que le festival a instauré autour de son fonctionnement et révèle le vrai visage d'un événement où se jouent réussites et morts commerciales, fins de carrière et naissance de nouvelles étoiles.
La nuit tombe sur la cité Bassens. Ce 2 avril 2016, l'alimentation générale a gardé ses portes ouvertes, pour retransmettre le classico du football espagnol, FC Barcelone-Real Madrid. Les cris des supporters résonnent encore quand des rafales d'armes automatiques déchirent la nuit. Il est 22 heures, le match n'est pas achevé mais trois hommes viennent de rendre leur dernier souffle, portant à dix le nombre de victimes de règlements de compte à Marseille depuis janvier.
Xavier Monnier est un " minot " qui a grandi à Marseille. Il pratique le journalisme d'enquête. À Marseille, tout se sait, mais rien ne se dit sur la place publique. Ou trop peu. Il ne s'interdit rien : fouiner dans les affaires Guérini, enquêter sur les coulisses de l'OM, décortiquer les marchés publics et le clientélisme, agacer les hommes politiques et rencontrer les figures du grand banditisme. Xavier Monnier ne se contente pas d'en savoir beaucoup : il l'écrit.