Witold Szablowski
Witold Szablowski
Szablowski nous emmène à travers la Russie de Poutine, l'Ukraine, la Géorgie et d'autres anciennes républiques soviétiques, au fil d'une enquête sur les cuisines du pouvoir.On y découvrira l'histoire du feuilleté au pigeon que mangea le tsar Nicolas II avant d'être fusillé avec son cuisinier, et comment un chef de Staline apprit à un chef de Gorbatchev la façon de chanter pour faire monter la pâte au levain. On y rencontrera une Ukrainienne centenaire ayant survécu à la Grande Famine orchestrée par Staline ; une cantinière qui apprenait aux soldats du front de l'Est à rôtir des escargots et à faire de la soupe aux orties ; ou encore la femme qui cuisinait pour Youri Gagarine et les autres cosmonautes. On y entendra les femmes qui tenaient les cantines des pompiers de Tchernobyl, et les Tatars de Crimée, dont la cuisine est de pure nostalgie.Ce qui mijote au Kremlin est une histoire de banquets, de popote et de famine. Tour à tour drôle et poignant, Witold Szablowski éclaire la façon dont les repas racontent le pouvoir - et comment, en Russie, la grande histoire s'écrit toujours à table.
Pendant des siècles, les Tsiganes bulgares ont dressé et exhibé des ours, de ville en ville, et jusque sur les plages. En 2007, avec l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, ils ont été contraints de relâcher les ours dans une réserve pour animaux sauvages. Mais aujourd'hui encore, dès que ces ours voient un humain, ils se lèvent sur leurs pattes arrière pour danser.Au fil de ce grand reportage littéraire en Europe de l'Est, la métaphore de l'ours dansant va prendre toute son ampleur : il n'est pas facile de retrouver la liberté. Ni de savoir quoi en faire. De Sofia à Tirana et de Belgrade jusqu'à Gori, la ville natale de Staline, en passant par Athènes, Londres et Cuba, Szablowski interroge des femmes et des hommes sur la difficile transition de leur pays vers la démocratie et l'économie de marché. Liberté, liberté chérie ? De même qu'avec les ours rendus « à la vie sauvage », qui ont été stérilisés et qui se heurtent à des clôtures électriques, la vie nouvelle des plus pauvres, à l'Est, n'est pas si simple, et le cocktail de souffrances et de nostalgie explique en bien des lieux les séductions de l'autoritarisme.
Que peuvent dire de l'histoire ceux qui ont cuisiné à des moments clés de l'histoire ? Idi Amin Dada consommait-il vraiment de la chair humaine ? Et pourquoi Fidel Castro était-il obsédé par une vache en particulier ? Qu'est-ce qui bouillonnait dans les casseroles tandis que le sort du monde était en jeu ? Que voyaient les cuisiniers du coin de l'oeil, s'assurant que le riz ne brûlait pas ou que le lait ne débordait pas ? Qu'a mangé Saddam Hussein après avoir donné l'ordre de gazer des dizaines de milliers de Kurdes ? Et qu'a mangé Pol Pot à l'époque où près de deux millions de Khmers mouraient de faim ? Enfin, la nourriture a-t-elle influencé leur politique ? Et les cuisiniers, usant de la magie de la nourriture, ont-ils réussi parfois à l'infléchir un peu ? En parcourant quatre continents, des ruines de l'Irak aux savanes du Kenya, Witold Szablowski a retrouvé les cuisiniers personnels de cinq dictateurs connus pour l'oppression et le massacre de leurs propres citoyens : Saddam Hussein en Irak, Idi Amin Dada en Ouganda, Enver Hoxha en Albanie, Fidel Castro à Cuba et Pol Pot au Cambodge, et il a écouté leurs histoires autour d'une soupe aigre-douce, d'un pilaf à la viande de chèvre ou de bouteilles de rhum. Et voici que l'histoire nous est racontée avec un point de vue pour le moins inédit : celui du ventre, celui du cuisinier.