Werth/Werth
Werth/Werth
22 juin 1941. Hitler lance l'opération Barbarossa contre l'union soviétique. Dix jours plus tard, Alexander Werth, correspondant de la BBC, arrive à Moscou. Jusqu'à octobre 1941, il partage le quotidien des Moscovites durant ce terrible été marqué par l'effondrement de l'Armée rouge. Le récit qu'il en a tiré est un témoignage unique sur un moment crucial de l'histoire de la guerre à l'est, celui où l'Allemagne nazie semble invincible. Ne disposant que des informations officielles, qui toutes minimisent systé-matiquement les reculs et les défaites de l'Armée rouge, tout en majorant les pertes de la Wehrmacht, Alexander Werth saisit toutes les occasions pour tenter de « prendre le pouls » de la vie réelle. Malgré les contraintes - espionite ambiante, méfiance et peur de l'étranger -, il rend compte avec brio de l'atmosphère à Moscou au cours des premières semaines de la grande guerre patriotique, à un moment où la menace ennemie se rapproche de la capitale soviétique, soumise aux premiers raids aériens. Alexander Werth quitte la ville alors que les détachements avancés de la Wehrmacht ne sont plus qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale soviétique. À ce moment-là, la prise de Moscou semble inéluctable.
Il n'est aucun domaine qui ait échappé à l'emprise du régime soviétique sur la vie culturelle et artistique dans la Russie de l'après-guerre. Après la littérature, le théâtre, le cinéma et la philosophie, c'est au tour de la musique d'être placée sous le contrôle du Parti, lors de la Conférence des musiciens, présidée par Andrei Jdanov à Moscou en janvier 1948. Les oeuvres de quelques grands compositeurs, tels que Chostakovitch et Prokofiev, coupables de « formalisme », sont alors mises au ban de la production artistique et leurs auteurs sommés de faire amende honorable. Correspondant de la presse britannique en URSS, Alexander Werth est le témoin attentif de cette offensive idéologique. Dans une analyse sur le vif où il laisse largement la parole aux différents acteurs, il retranscrit cette conférence, non sans humour, et avec un remarquable sens de l'observation.