Virginie Noar
Virginie Noar
« Avant Marie, la vie ressemblait à une errance infinie sur terrain vague, grands espaces et pâle caillasse. Certaine de trouver quelque chose de valable au bout du chemin rocailleux, je ne rêvais qu'à cette petite soeur qui viendrait un jour ou l'autre embellir les hivers, embellir les ennuis. Au fond, il s'agissait sûrement du désir de conserver l'enfance, paradis perdu et tout le tintouin, acte désespéré contre le temps déployant à toute vitesse ses emmerdes et ses rides. » Quand Annick leur présente Adama, Alice et ses frères se réjouissent de l'arrivée de ce beau-père au rire flamboyant, bientôt suivie de la naissance de la petite Marie. Mais le bonheur ne dure pas et chacun va devoir composer à sa manière face au délitement familial. Un roman brûlant de poésie sur les enfances volées et les origines de la violence, porté par une langue incandescente et une narration sur le fil. Virginie Noar est l'autrice aux Pérégrines des romans Le Corps d'après (sélection prix Stanislas 2019) et La Nuit infinie des mères. Chargée de formation auprès de futurs travailleurs sociaux, Virginie Noar est aussi romancière. Après Le Corps d'après et La Nuit infinie des mères, elle continue de creuser les sujets liés à la famille, la violence, la maternité, mais elle dépasse ici l'autofiction pour offrir un texte très romanesque, porté par une tension dramatique teintée d'humour qui nous tient en haleine. Après dix ans à Marseille, presque autant en Ardèche, puis à Paris et Dijon, elle vit aujourd'hui à Tours.
« Il y a eu la vie daprès. Lhistoire daprès, ou peut-être la fin de lhistoire parce quil faut bien mettre un point final aux histoires quon raconte. Comment relater léchec annoncé dune vie policée. Une vie sacrifiée sur lautel de la maternité. Me faudra-t-il commencer par les larmes ou les matins couchés, le sang noir dans le fond de ma culotte ou la porte claquée en dépit des corps qui tremblent. Me faudra-t-il raconter ma vie réussie dêtre une mère à terre, dévouée, en morceaux. Me faudra-t-il avouer linaltérable violence. Oui. » Après Le Corps daprès, Virginie Noar montre dans ce deuxième roman les difficultés dune mère célibataire à sen sortir, sa tentation de la fuite, son amour inconditionnel mais si imparfait pour ses deux enfants et son chemin vers la résilience. Virginie Noar, pigiste et travailleuse sociale, a trente-cinq ans. Elle exerce notamment dans un espace de rencontre parents-enfants. Elle a publié son premier roman, Le Corps daprès, aux éditions François Bourin en 2019.
Cest le début. Labsence de sensations. Les inquiétudes irrationnelles. La peur que, soudain, tout sarrête. Alors, stupéfier les joies dans le sillon des lendemains incertains. Ne pas samouracher dun tubercule en formation, cest bien trop ridicule et puis, sait-on jamais, il pourrait. Mourir. Je me sens coupable. Dun bonheur qui ne vient pas. Je me sens coupable. Des larmes insensées alors que je devrais sourire. Et puis, ce matin-là, jentends. Entre les quatre murs silencieux qui ne voient pas le désordre alentour, jentends. Le balbutiement de son cur. Le Corps daprès est le récit dun enfantement, et dune lutte. Contre les injonctions, le bonheur factice, le conformisme. Au bout du chemin, pourtant, la vie. Celle quon sinventera, pied à pied, coûte que coûte. Virginie Noar, pigiste et travailleuse sociale, a trente-cinq ans. Elle exerce notamment dans un espace de rencontre parents-enfants. Le Corps daprès est son premier roman.