Virginie Leroux
Virginie Leroux
Temps du repos, des récits, de la sexualité, de l'ivresse et des plaisirs, la nuit est propice aux embuscades, aux conspirations, aux crimes, à la magie et aux initiations ésotériques. Elle dissimule les méfaits, mais révèle ce que le jour cache: le cosmos, les rêves et les cauchemars. On lui doit des savoirs essentiels à l'humanité comme l'astronomie, les calendriers, la météorologie, l'astrologie, ainsi que la science des rêves auxquels les Anciens attribuaient une valeur thérapeutique et oraculaire. En plus de 120 textes, ce voyage au bout de la nuit antique explore la vie, les pratiques, le savoir et l'imaginaire nocturnes des Anciens. Il permet en retour de penser notre rapport au sommeil, à l'univers, au sacré, à la mort, mais aussi d'affronter nos parts d'ombre et d'en mesurer la fécondité. Virginie Leroux est maître de conférences en littérature et civilisation latines à l'Université de Reims et membre junior de l'Institut Universitaire de France. Elle a édité les Juvenilia de l'humaniste Marc-Antoine de Muret (2009), dirigé un recueil d'articles sur La mythologie classique dans la littérature néo-latine (2011) et co-dirigé deux volumes collectifs sur les visages contradictoires du sommeil (Camenae, 5, 2008) et sur ses enjeux médicaux et philosophiques (2014).
Les humanistes ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la critique littéraire et la constitution de la poétique comme discipline distincte de la grammaire et de la rhétorique. Ils ont conditionné la réception des traités antiques, en particulier la Poétique d'Aristote et l'Art poétique d'Horace, et ont problématisé des concepts appelés à une grande fortune, comme la mimèsis, la catharsis, le decorum ou l'ut pictura poesis. Ils ont apporté des éléments théoriques originaux, élaboré des taxinomies génériques complexes et repensé les systèmes de classification des arts. Cette Anthologie offre une vision synthétique des textes théoriques latins en Europe, du Trecento à la fin du XVIe siècle. Elle présente les principaux penseurs et leur art poétique, analyse les notions clefs et propose un choix de textes emblématiques, édités, traduits et contextualisés. Un bel outil de travail pour penser l'utilité de la poésie, la création, l'histoire littéraire et les normes esthétiques.
Jean Second (Janus Secundus, 1511-1536) est l'un des poètes néo-latins de la Renaissance les plus doués de sa génération et l'un de ceux qui ont eu la plus grande influence sur la littérature européenne. Surtout connu pour ses Baisers, poèmes érotiques à succès, Second a laissé en réalité, malgré sa courte vie, une oeuvre variée et ambitieuse, écrite dans un latin éblouissant, élaborée avec un soin tout stratégique pour obtenir une place de choix à la cour de Charles Quint. Issu d'une famille en pleine ascension sociale, il cultiva un réseau de savants, d'hommes de lettres et d'artistes dont témoignent ses poèmes, ses récits de voyage, sa correspondance et les médailles qu'il grava. Le texte latin édité est celui du manuscrit préparatoire d'Oxford (le plus fidèle aux choix de Second), en partie autographe, parfois transcrit ou remanié par les frères du poète, Marius et Grudius. Une équipe de spécialistes s'est constituée pour éditer, traduire et analyser cette oeuvre remarquable, en corrigeant l'image un peu mièvre d'amoureux passionné véhiculée par une critique héritière du romantisme.