Vercors
Vercors
Une marche sur la plage devient le symbole d’une quête de sens et de présence. Les pas dans le sable de Vercors explore, à travers une parabole poétique, la foi, l’abandon et la résilience.
Écrit en 1926 par un Jean Bruller encore inconnu sous le nom de Vercors, 21 recettes pratiques de mort violente mêle humour noir et dessin satirique pour explorer le tabou du suicide.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Anne Boleyn, dite la Reine-sans-tête parce que son époux, Henry VIII, la fit décapiter, est fort peu connue en France. Très rares sont les ouvrages qui lui sont consacrés. En Angleterre même, elle est tenue pour une reine de peu de poids, sortie un moment de sa roture par une ambition dérisoire. Son règne, qui n'a duré que trois ans, n'aurait été marqué que par sa maternité de la future Élisabeth la Grande, son mauvais caractère, et sa mort sur l'échafaud. Or, s'étant intéressé à cette période, l'auteur s'est avisé de maintes invraisemblances. Et d'abord celle-ci : c'est Anne Boleyn qui a poussé Henry VIII, qui n'en voulait pas, au schisme d'avec l'Église de Rome ; événement capital, puisqu'il a révélé l'Angleterre à elle-même. Elle s'y est employée avec un étrange acharnement, jusqu'à se faire excommunier, ce qui était à l'époque une sanction épouvantable. Pour se faire néanmoins épouser à un tel prix par Henry VIII, après six ans de lutte et mille péripéties, ne poursuivait-elle pas plutôt une grande politique ? C'est ce dont ses lectures ont persuadé l'auteur, en dépit d'une légende tenace, qu'il s'efforce de dissiper. Une politique aux immenses conséquences, dont l'auteur montre, accessoirement, les prolongements jusqu'à nos jours ; et, de façon audacieuse, puisqu'il va jusqu'à attribuer à cette reine éphémère, la victoire de Churchill sur l'invincible armée allemande ; et, donc, liée à cette victoire, la libération de la France...
C'est le roman de l'honneur et de l'amour. Comment l'amour d'une femme peut relever un homme tombé plus bas que terre. En le conduisant, en particulier, à une révision en profondeur des idées reçues, concernant la faute, la dignité, l'honneur. Dans des circonstances terribles, cet homme a été contraint de commettre un acte abominable. Rendu à la vie normale, il se juge à jamais déchu, indigne désormais d'aucun contact avec autrui, avec les siens et moins encore avec la femme qu'il aime, et qui l'aime. Il la fuit, fuit le monde, cache son avilissement sur un îlot breton, et il y resterait si l'héroïne ne mettait tout en oeuvre pour l'obliger à en sortir, et pour lui rendre l'estime de soi. C'est alors l'histoire de sa longue rédemption, d'une sorte de chemin de croix à l'envers où, crucifié d'emblée entre les deux larrons, il est, par cette femme, arraché au supplice, ranimé, reconduit en trébuchant - à travers d'étranges péripéties et autant de pensées surprenantes - du Golgotha au mont des Oliviers, jusqu'à se retrouver, enfin, au banquet de la vie, rompant de nouveau le pain de la fraternité humaine. Le récit de cette chute, de cette passion et de cette reconquête est mené par l'auteur tambour battant, mais avec la réserve et la finesse psychologique qui ont fait la réputation du Silence de la mer.
Cette vaste fresque des années 1932-1942, qui fait suite au magistral portrait d'Aristide Briand, est une double chronique : celle d'une époque et celle d'un homme qui retrouve sous le passé historique son propre passé. 1932 : Briand meurt, ses successeurs prennent le contrepied de sa politique de paix, et les foules allemandes, déçues, acclament l'agitateur Hitler. Suivent alors les occasions de réagir, mais qui seront perdues les unes après les autres : quand Hitler réarme, quand il occupe la rive gauche du Rhin, quand il intervient en Espagne, Conséquences : l'Anschluss, Munich et, en 1939, la Pologne, la guerre. Arrive le désastre de 1940 : Vichy, Pétain, Laval, la revanche des nantis sur le Front populaire, la longue nuit du malheur. Et puis, en 1942, les Américains débarquent en Afrique et il neige sur Stalingrad... Vercors nous restitue, admirablement, le climat et la réalité de ces dix tragiques années de course à l'abîme, avant la renaissance. Il le fait en témoin, en historien et en grand écrivain.
« Quand, après la défaite de 1940, les nazis occupèrent la France, les écrivains français se trouvèrent aussitôt réduits soit à collaborer, soit à se taire. Et c'est pour leur permettre de s'exprimer quand même à l'insu de l'ennemi que furent fondées les Éditions de Minuit. » Vercors Alors que l'on commémore le 80e anniversaire de la Libération de la France et que les derniers témoins disparaissent, il était urgent de republier les mémoires de Vercors, auteur du Silence de la mer et co-fondateur des Éditions de Minuit avec Pierre de Lescure en 1942. Il y raconte l'histoire devenue mythique d'une maison d'édition clandestine dans Paris occupé, dédiée à la diffusion d'une parole et d'une pensée interdites de circulation. On y retrouve les écrivains et poètes Paul Eluard, Louis Aragon, Jean Paulhan, François Mauriac, Robert Desnos... mais aussi les imprimeurs, typographes, relieuses, et cette foule discrète d'anonymes qui participèrent à son activité clandestine et eurent un rôle crucial dans la Résistance. Un prodigieux récit à la première personne qui retrace, mois après mois - jusqu'à la Libération de Paris - cette aventure de résistance éditoriale et intellectuelle sans équivalent.
Publié sous forme de feuilleton dans la revue Paris-Flirt en 1922, Les Propos de Sam Howard constitue l'une des toutes premières oeuvres de Vercors, alors encore connu sous son nom civil de Jean Bruller. Le texte prend la forme d'une suite de courts propos attribués à Sam Howard, personnage fictif d'Américain volontiers goguenard, observateur lucide et désabusé du monde moderne. À travers cette voix étrangère, Vercors adopte un regard décalé sur la société occidentale de l'après-Première Guerre mondiale, multipliant remarques ironiques, paradoxes moraux et réflexions faussement naïves. Le feuilleton joue ainsi sur la brièveté et l'ellipse, chaque propos fonctionnant comme une miniature philosophique ou satirique, où se mêlent humour sec, esprit critique et goût pour l'aphorisme. Derrière la légèreté apparente du ton, le texte esquisse déjà des préoccupations centrales chez Vercors : le rapport entre l'individu et la société, la responsabilité morale, la fragilité des certitudes collectives et la tentation du conformisme. Les Propos de Sam Howard apparaît ainsi comme une oeuvre de jeunesse marquée par l'influence du wit anglo-saxon et du moraliste classique, tout en annonçant, par son exigence intellectuelle et son scepticisme humaniste, les développements plus graves et engagés de l'écrivain à venir.
Sous l'Occupation, une famille française est contrainte de loger Werner von Ebrennac, un officier allemand : c'est un homme de grande culture, souriant, sensible et droit. Pourtant, soir après soir, le nouveau maître du pays ne trouvera que le silence obstiné de ses hôtes, un silence au creux duquel apparaît toute "la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui luttent". Le Silence de la mer, devenu un classique traduit dans le monde entier, loué, étudié, adapté au cinéma, est le premier grand livre de la Résistance où Jean Bruller, alias Vercors, a su dépeindre l'amertume et le désespoir de ces années de "catacombes", tout en catalysant avec force les vertus d'un humanisme conscient de ses devoirs.
1941 : un jeune officier allemand, cultivé et francophile, est l'hôte imposé d'un homme et de sa nièce. A cette intrusion de l’ "ennemi", ils répondront par un inaltérable mutisme : pas une phrase ne sera échangée pendant leurs longs mois de cohabitation, en dépit des tentatives du jeune homme qui aimerait partager avec eux ses convictions humanistes. Mais sous la calme surface des eaux, c’est toute «la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui se nient et qui luttent ».Publié en 1942, Le Silence de la mer est le premier titre des Editions de Minuit, alors clandestines. Ce recueil comprend d’autres nouvelles sur la France des années 1940, d’une très grande portée : Désespoir est mort, Ce jour là, Le Songe, L’Impuissance, Le Cheval et la Mort, L’imprimerie de Verdun et La Marche à l’étoile. Il fallait la grande maîtrise de Jean-Claude Dauphin pour restituer à ce texte exceptionnel toute son intensité d’émotion sans jamais céder à la tentation du pathétique Durée : 04H34
Chrétiens et marxistes, croyants et incroyants tentent de se comprendre, de découvrir leurs vérités communes. Cet ouvrage est de ceux qui devraient les y aider. Produit du hasard et de l'amitié, la discussion est née autour d'une réflexion de l'écrivain Vercors, incroyant et rationaliste, pour qui c'est une étrange contradiction que ce morceau d'Existant appelé l'homme, dont le cerveau est doué de capacités infinies, stupéfiantes, soit privé de la plus simple et la plus essentielle : celle de savoir au moins comment et pourquoi il existe. Où donc réside l'obstacle, l'empêchement profond et fâcheux qui tient le cerveau humain dans cette ignorance, dans cet « exil » ? Si l'étrangeté d'une telle ignorance n'échappe pas non plus à Paul Misraki, croyant et catholique, célèbre pour sa musique et ses chansons, mais dont les préoccupations intimes sont du domaine de la philosophie, le problème se pose à ses yeux en termes très différents : dans l'incapacité dénoncée par Vercors, il voit tout autre chose qu'obstacle et empêchement, fâcheux ou non ; il y voit une promesse. Sur cette divergence fondamentale, s'est ouverte, entre les deux amis, sous forme d'échange de lettres familières, sans apprêt, souvent pleines d'humour, une discussion qui, de mois en mois et de proche en proche, s'est étendue aux questions les plus graves et les plus centrales, concernant le destin et la condition de l'homme.