Thomas-Louis Novillo
Thomas-Louis Novillo
La démocratie, dans sa conception actuelle, tend à être réduite à l'exercice périodique du vote, laissant peu de place à la société civile dans les processus décisionnels et aggravant le fossé entre les citoyens et les institutions. Ce constat soulève une question fondamentale : comment des institutions comme le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ou des dispositifs comme les conventions citoyennes peuvent-ils transcender leur rôle consultatif pour devenir de véritables instruments démocratiques, dans un contexte marqué par une profonde crise de la représentation ? Thomas-Louis Novillo croise les représentations juridiques et philosophiques qui structurent notre vision de la démocratie, abordant sociologies des institutions (et le rapport qu'entretiennent les citoyens avec elles) et de la participation. Il explore l'hypothèse selon laquelle la démocratie sociale et la démocratie représentative, bien articulées avec nos structures de gouvernances, pourraient créer une passerelle durable entre les citoyens et les institutions traditionnelles. Cependant, cette ambition ne peut se concrétiser que si ces mécanismes participatifs échappent aux pièges de la relégitimation des structures en place ou de l'inertie technocratique.
Le 4 février 2022, Abdoulaye part de Conakry avec sa petite amie, Fatoumata. Il a dix-neuf ans, elle, dix-sept. Ni l'un, ni l'autre n'avait la moindre intention de quitter la Guinée. Ils sont contraints de fuir à cause d'une persécution familiale, ne concevant qu'un seul espoir de liberté et de décence : l'Europe. Ils traversent l'Afrique par des moyens de fortune, esquivant les postes-frontières et la police, s'arrêtant ici ou là pour gagner l'argent qui leur permette de continuer. Ils rencontrent des gens secourables, d'autres moins. L'expédition devient de plus en plus terrible. Escroqueries, viols, geôles libyennes des passeurs de migrants, racisme... Ils finissent par embarquer dans un petit bateau, qui affronte une tempête. Un drame atroce se produit. Voilà ce qu'est un « migrant », nom qu'Abdoulaye récuse. Un être humain, qui traverse des épreuves bien plus terribles que les images des centres d'accueil que montrent les médias. Aujourd'hui soutenu par l'association JRS Welcome, il cherche à construire une nouvelle vie, loin des souffrances et de la haine.