Thomas Ferenczi
Thomas Ferenczi
"Ils l'ont tué !", titrait le quotidien socialiste Le Populaire du 19 novembre 1936, dénonçant l'"abjecte campagne de calomnie" menée par une "feuille infâme", l'hebdomadaire d'extrême droite Gringoire, contre le ministre de l'Intérieur du gouvernement de Front populaire Roger Salengro, maire de Lille. De fait, ce dernier, l'avant-veille, s'était suicidé au gaz, chez lui. Il était soupçonné, à tort, d'avoir déserté en 1915, et sommé par une certaine presse de se justifier, s'il le pouvait. Salengro est ainsi devenu, dans la mémoire nationale, le symbole de l'innocence bafouée par des adversaires sans scrupule, du Juste assassiné par les méchants. Quand Pierre Bérégovoy, le 1er mai 1993, se suicida lui aussi après avoir été mis en cause pour un prêt sans intérêt, la gauche dénonça des méthodes analogues, dit-elle, à celles de 1936. Qu'en est-il au juste de ce lynchage médiatique ? Les journalistes de 1936, comme ceux d'aujourd'hui, ont-ils abusé de la liberté de la presse ? Celle-ci doit-elle être encadrée ou bornée par la loi ? Le drame de 1936 comme celui de 1993 posent à la presse et à la démocratie une redoutable question. Thomas Ferenczi, normalien et agrégé de lettres, est rédacteur en chef, adjoint au directeur de la rédaction du Monde, où il travaille depuis plus de vingt ans. Il a notamment publié Chronique du septennat (1988), Défense du consensus (1989) et L'invention du journalisme en France (1993).
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La vie et les pensées, au jour le jour, de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) écrivain, philosophe et musicien de génie, à travers sa correspondance et ses plus grandes oeuvres. La collection " Autoportraits ", dirigée par Laurent Greilsamer, est née du désir d'offrir au public le miroir fidèle de ce que furent et pensèrent les plus grands génies de notre histoire. Pour composer ces autobiographies uniques et idéales, elle puise dans leurs écrits les plus personnels - correspondances, journaux, carnets intimes -, où philosophes, savants, artistes et homme d'État se racontent. Loin des confessions ordinaires rédigées pour la postérité. Ce Rousseau est bien plus qu'un habile florilège. C'est l'occasion de découvrir un homme parti de rien, qui devient rapidement compositeur d'opéras et philosophe à la mode avant d'écrire en deux ans trois chefs-d'oeuvre - le Contrat social, l'Émile et La Nouvelle Héloïse-, puis de s'enfoncer dans un délire paranoïaque de persécution. Loin des Confessions ou des Rêveries du promeneur solitaire, cet autoportrait propose le récit d'une vie brûlante, paradoxale, sans aucun artifice. Le lecteur suit Rousseau au jour le jour, dans la fièvre d'un style tendu. L'écrivain s'y dévoile révolté et porteur de la Révolution à venir, visionnaire politique, qu'il s'agisse de l'individu, de l'égalité, de la nature ou de l'éducation. Journaliste, ancien élève de l'École normale supérieur et agrégé de lettres classiques, Thomas Ferenczi a été directeur de la rédaction du Monde, et correspondant à Moscou et Bruxelles. Auteur de plusieurs livres consacrés à la politique et au journalisme, il est aussi chroniqueur à Réforme et sur Fréquence protestante, et collaborateur du site www.boulevard-exterieur.com