Thomas Angeletti
Thomas Angeletti
Aussi tangible qu'elle soit dans la période actuelle, « l'économie française » - entendue comme une totalité économique nationale dont on peut mesurer les variations - n'a rien de naturel : au cours de l'entre-deux-guerres, statisticiens, économistes, représentants patronaux et syndicaux, responsables politiques et personnel administratif lancent des enquêtes et accumulent des preuves de sa consistance. Ainsi s'impose l'idée que l'économie est un objet de gouvernement à la fois légitime et primordial. Tant que la croissance était au rendez-vous, la conception d'une économie modelée et orientée par l'État était tenable ; mais quand les crises surviennent et que l'économie n'est plus contrôlable, l'opposition entre la volonté démocratique et la nécessité de l'économie se fait à nouveau jour Thomas Angeletti est chargé de recherche CNRS à l'IRISSO (Université Paris-Dauphine).
Les sciences sociales du droit sont prises en tenaille entre posture de dévoilement - révéler ce qu'il y a « derrière » le droit - et évaluation inquiète des évolutions contemporaines de l'institution juridique. Ces deux regards, bien qu'opposés en apparence, se rejoignent dans l'idéalisation de ce qui serait un droit pur, entier et non entaché de motifs et raisons externes. Ce faisant, il reste encore à produire un cadre apte à saisir le droit dans son caractère foncièrement hybride et impur. Puisant dans les sociologies d'inspiration pragmatique, ce volume plaide pour une re-description réaliste du droit et de ses différents modes de présence.Il rassemble une série de contributions et traductions théoriques et empiriques, qui proposent une vision complexe des modes de présence du droit, c'est-à-dire des façons dont il fait saillance dans nos sociétés. Le droit n'y est jamais saisi comme une évidence ou comme un simple révélateur de mutations et rapports sociaux qui l'engloberaient. Ces contributions ont pour point commun de montrer comment les acteur·ices du monde social font avec et face au droit, jusqu'à mettre à l'épreuve la réalité même de l'institution juridique et ses frontières. Elles ouvrent ainsi la voie à une conception renouvelée de la norme juridique, libérée des regards nostalgiques et essentialisants à propos de sa véritable nature.