Thierry Maricourt
Thierry Maricourt
Le moteur de la Dyna tournait doucement. Il ronronnerait encore une heure ou deux, puis, le réservoir d'essence enfin vide, le silence tomberait. Le roulis des vagues se contenterait alors de souligner ce silence soudainement insolite, sans l'interrompre. Au matin, peut-être la police perturberait-elle cette quiétude. La police prévenue par un promeneur.
« La littérature anarchiste mériterait toute une étude », écrivait Michel Ragon. Cette étude, la voici, qui, de Jules Vallès à Henry Poulaille, de Louise Michel à Augustin Gomez-Arcos, rend compte de la richesse et de la vitalité du courant libertaire dans la littérature française. Se défiant des « étiquettes », refusant toute subordination à une idéologie, les écrivains libertaires sont convaincus de la fonction sociale et politique de l'art. La mission de l'écrivain est de troubler le lecteur, d'induire le doute à l'encontre de l'ordre établi. Par le biais des genres littéraires les plus divers, le roman bien sûr, mais aussi le théâtre, la poésie, le pamphlet, ils s'attachent à « réveiller les énergies », selon le mot d'Henry Poulaille. Qu'ils soient reconnus, comme Octave Mirbeau ou Albert Camus, méconnus comme Eugène Bizeau ou Maurice Joyeux, ces auteurs sont unis par leur commune répulsion de l'autorité et de l'injustice. A travers des thèmes récurrents et cruciaux : la guerre, le travail, l'utopie, l'enfance, ils veulent s'adresser d'abord aux défavorisés. « Avec les pauvres toujours », écrivait Séverine. « Une belle synthèse d'un mouvement littéraire dont l'inspiration antiautoritaire garantit la vivacité. » Le Magazine Littéraire
Jean de Tournai est connu par le récit qu'il a rédigé de son triple voyage à Rome, Jérusalem et Compostelle, ainsi que par son testament. Riche marchand de Valenciennes, il est au coeur d'un large réseau de relations, notamment des marchands allemands ou anversois. Ce réseau a des prolongements jusqu'en Italie, où il rencontre des connaissances liées au monde des affaires. Comme tout bon marchand de son époque il sait compter, parle un peu latin, un peu italien. Toutefois, la grande parenthèse de la vie de Jean de Tournai est le pèlerinage à Rome, Jérusalem et Compostelle, qu'il accomplit du 25 février 1488 au 7 mars 1489. Il est curieux, observateur, il raconte son voyage avec précision et un évident souci d'exactitude, aussi bien quand il évoque la vie à bord du bateau, celle autour des Lieux Saints à Jérusalem, ou encore celle dans les auberges au long de son chemin. Il le fait avec ironie parfois, souvent avec humour. Riche d'une multitude de renseignements sur les lieux traversés et leurs coutumes, sur les monnaies, sur les personnages croisés aux hasards du parcours, son livre est donc une source historique précieuse, en même temps qu'un beau récit de voyage en ce monde de la fin du Moyen Âge.
Plongez dans l’univers engagé de Didier Daeninckx à travers ses propres mots, retranscrits par Thierry Maricourt. Un autoportrait littéraire vibrant, entre révolte sociale et mémoire collective, pour comprendre l’homme et son combat contre l’oubli.