Thibault Vincent
Thibault Vincent
Confinées à Chisasibi, réserve amérindienne dans le Nord du Québec, les bêtes traquent les bêtes et survivent comme elles le peuvent à leurs solitudes. Une dentiste candide, un professeur blasé, un père en dépression, un adolescent malicieux, un poète fantôme. Cinq vies, aussi agitées et fragiles que des flocons avant la tempête. Dans les premières pages, ce roman oscille entre le reportage et la comédie de moeurs; bientôt, on a droit à des doses de surréalisme et de mystère; puis, ça bascule vers le thriller dans une toundra hostile quand se déchaîne le blizzard. Les Bêtes est un roman sur la naïveté et la condescendance, sur l'amitié et l'espoir aussi. Un roman résolument moderne, original, rafraîchissant. Et juste assez déroutant.
Le vol spiralé d'une mouche nous fait réfléchir au caractère imprévisible de la vie. Des alligators cambrioleurs éprouvent notre raison. Un sorcier vaudou piétine nos préjugés. Un truand aux yeux de fauve nous donne des sueurs froides. Un caramel visqueux connaît une étrange destinée et des pigeons se révoltent à l'heure du thé... Campées dans des décors tantôt feutrés, tantôt empoussiérés de soleil, et sur une trame sonore jazz et blues, Les Mémoires du docteur Wilkinson évoquent les écrits de Watson, célèbre ami de Sherlock Holmes, ou les aventures du père Brown, personnage imaginé par G. K. Chesterton. « Il s'en passe des terribles, sur les rives du Mississippi, des crimes vraiment crapuleux. Mais lui va plus loin, ailleurs. » L'on assiste en tout cas à la naissance d'un héros, parfois espiègle, mais toujours d'une humanité rare.