Sylvie Gobeil
Sylvie Gobeil
Le 17 octobre 1713, Marie-Josèphe Prat, fille de l'aubergiste et armurier Joseph Prat et d'Angélique Gobeil, accède à la noblesse grâce à son mariage à Charles-Paul Denys de Saint-Simon. Or, la jeune épouse a hérité du tempérament fougueux de sa mère et trouve parfois difficile de s'adapter à la rigidité des conventions de son nouveau statut social et de son mari froid et austère. Mais heureusement, leur dévouée et chaleureuse domestique, Charlotte, devient rapidement une confidente et une alliée de taille. Le couple aura trois enfants : Victoire-Catherine, Antoine-Charles et Catherine-Angélique. L'aînée de la famille, l'impétueuse Victoire et sa fidèle petite soeur Catherine, benjamine effacée, s'inquiètent pour leur frère Antoine qui se retrouve aux fronts de la guerre. Les Anglais tentent de conquérir Québec et font des ravages partout où ils passent et particulièrement dans le coeur de la belle Victoire, tombée amoureuse d'un officier français. Amour et désespoir sont entremêlés avec brio par l'auteure dans cette oeuvre prenante mettant en scène nos ancêtres. Sous nos yeux revivent leurs petits bonheurs, mais surtout la misère dans laquelle cette époque charnière de l'histoire du Québec les a plongés.
C'est la consternation chez les Canadiens! Les Anglais ont remporté la guerre et ils ignorent ce que l'avenir leur réserve. L'impétueuse Victoire Denys de Saint-Simon, accompagnée de sa progéniture, revient vivre chez sa tante Marie-Anne. Cette dernière sera dans l'obligation d'héberger un officier écossais, au grand désespoir de Victoire. Elle est en colère et se plaît à le clamer haut et fort. Or, la vieille dame s'est prise d'affection pour le militaire et souhaite secrètement qu'il épouse Victoire dont il est visiblement épris. Mais le coeur de la belle appartient toujours au père de sa fille illégitime, militaire à qui on a commandé de rentrer au bercail il y a quelques années. Au printemps 1761, son frère Antoine devra lui aussi suivre s'exiler selon les ordres du roi, Louis XV, qui tarde à prendre des décisions importantes. Le traité de paix sera-t-il enfin signé entre la France et l'Angleterre? Qu'adviendra-t-il des soldats français? De la colonie et de ses habitants? C'est avec simplicité, sensibilité et justesse que l'auteure relate les hauts et les bas de la vie des Denys de Saint-Simon en cette période de doutes et d'incertitudes qu'ont traversée les Canadiens.
Les années ont passé, et tante Marie-Anne se fait vieille ; la maladie la ronge. Elle s'inquiète pour l'avenir de ses nièces et souhaite ardemment que Victoire accepte la proposition en mariage reçue d'un gentil et charmant prétendant. De l'autre côté de l'Atlantique, Antoine a l'âme en peine. Les hivers québécois lui manquent et, bien sûr, sa famille qu'il n'a pas vue depuis trop longtemps. Marie-Anne, à bout de ressources financières, vend sa grande maison et loue une chambre à l'Hôpital général. Le clan se retrouve démantelé : Victoire s'exile à la campagne et Catherine part vivre à Montréal avec sa cousine Noëlle pour se dévouer aux jeunes orphelins. Antoine, quant à lui, a vu sa demande de rentrer au pays refusée, et, est expatrié à Saint-Domingue, pays au climat tropical où sévit l'une culture des plus inhumaines. Amour, don de soi, mais aussi révolte et tristesse concluent cette trilogie historique des plus enlevantes. L'auteure y a insufflé un vent de liberté : une liberté d'aimer, de partir, d'aide et, de se révolter.
Un après-midi de juin 1665, une foule fébrile s'amoncelle près du navire amarré au port de La Rochelle. La journée est ensoleillée et l'équipage prépare le bateau. L'embarquement commencera dans quelques instants. Jean Gobeil, enthousiaste à l'idée de faire la traversée jusqu'en Nouvelle-France, est déjà prêt à monter à bord. Toutefois, sa femme Jeanne, inquiète, surveille furtivement ses enfants. Ce saut vers l'inconnu l'effraie, mais elle y a consenti par amour pour son homme. Après neuf semaines en mer, la famille débarque à Québec avant de s'installer à Château-Richer. Mais pour ces nouveaux colons, tout est à construire. L'été, les hommes et les femmes s'épuisent à la culture et au défrichement des terres. L'hiver, le fleuve gelé et la neige à perte de vue isolent les habitants accablés par le froid. Comment les Gobeil parviendront-ils à s'adapter à ces conditions difficiles ? Réussiront-ils à s'installer définitivement dans leur pays d'adoption sans peine ni douleur? Dans ce premier tome palpitant, l'auteure insuffle une vie aux gens modestes et courageux qui ont bâti la Nouvelle-France.
De l'île d'Orléans jusqu'à Québec, les huit enfants Gobeil, désormais adultes, sont appelés à faire leurs propres choix. Certains se sont mariés et fondent, comme il est coutume en Nouvelle-France, une famille nombreuse. D'autres aident aux travaux de la terre avec l'espoir d'en hériter un jour ou encore aspirent à découvrir des contrées inexplorées. Malheureusement, en mars 1690, les Gobeil peinent à se remettre d'un terrible deuil. Ils réagissent tous de manière différente pour transcender leur douleur. Sauront-ils faire face à cette épreuve tout en restant unis ? En dépit du chagrin, les membres de la famille continuent d'avancer courageusement, et ce, malgré les cultures assaillies d'insectes. De plus, ils doivent riposter aux troupes anglaises qui s'approchent de leur territoire et repousser les attaques autochtones. Pourront-ils protéger les leurs des menaces incessantes ? Dans ce deuxième tome, teinté d'émotions fortes, de tendresse et d'amour, l'auteure aborde les tribulations des enfants Gobeil. Composant un univers entremêlant histoire et fiction, elle offre des personnages authentiques, qui permettent de découvrir l'essence d'une époque.
En mars 1698, à Québec, les Gobeil sont une fois de plus accabléspar la perte d'un être cher. Tous se sont réunis pour un dernier adieu. La douleur est vive et la vie est de plus en plus dure en Nouvelle-France. L'épidémie de variole fait rage, les morts se succèdent et la pauvreté est plus présente que jamais. Garder le moral n'est pas facile. Au gré du vent, de leurs devoirs et de leurs destinées, les enfants Gobeil ont pris des directions différentes. Angélique tient un commerce, Catherine oeuvre pieusement aux Ursulines, Laurent a repris la mer vers l'est. Certains se sont installés sur des terres lointaines à défricher, et d'autres se retrouvent près du port de Québec en pleine action. Sauront-ils rester soudés ou l'éloignement aura-t-il raison de leur amour fraternel ? Dans ce dernier tome, l'auteure nous partage sa passion pour l'histoire de la Nouvelle-France et pour ces femmes et ces hommes travaillants. Elle décrit avec justesse et émotion les naissances, les morts, les épidémies et les guerres, nous dressant ainsi un portrait à saveur authentique.