Sylvestre Frézal
Sylvestre Frézal
Face à l'incertitude, les outils statistiques aident à décider et à se justifier. Mais ils biaisent notre perception, dégradent la qualité de la prise de décision et déresponsabilisent. Cet ouvrage montre que les outils de quantification des risques sont issus de la transposition illégitime et mal maîtrisée des concepts statistiques depuis un champ où ils avaient du sens vers un domaine où ils n'en ont pas. Il détaille plusieurs cas d'école, montrant comment l'économie et la finance se fourvoient et expliquant pourquoi la société est incapable d'appréhender le risque. Surtout, ce livre permet d'identifier les limites de ces outils et propose une alternative.
La financiarisation de l'économie est une des lignes de force de la transformation du capitalisme. Elle passe par un changement des règles du jeu : suppression des règles qui empêchent la logique financière de s'exprimer pleinement, établissement de normes professionnelles qui ancrent cette logique financière dans la pratique quotidienne. La directive Solvabilité II, adossées aux développements les plus radicaux des mathématiques financières, incarne ce double mouvement. Appliquée depuis 2016, cette réforme du secteur assurantiel ne sépare plus la gestion des risques de l'optimisation de son activité. Alors que cette confusion est à l'origine de la crise de 2008, comment comprendre qu'elle ne soit pas mise en cause ? Une enquête sur le capitalisme contemporain. Sociologue et directeur de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations (CSO), Pierre François dirige l'école doctorale de Sciences Po. Ses travaux portent notamment sur la sociologie des entreprises et de leurs dirigeants.