Sylvain Fort
Sylvain Fort
"L'angoisse du devenir hante les récits de Saint-Exupéry. Lorsque le pilote dans son avion (Vol de nuit) connaît l'angoisse de ne plus atterrir parce qu'il s'est perdu, parce qu'il a dérivé, parce que désormais il ne voit plus rien et qu'il comprend qu'il vit ses dernières minutes avant une panne sèche qui le précipitera en mer, il vit aussi l'épreuve suprême. Soudain il comprend. Il devient. Il n'échoue pas dans le désespoir ni dans le cri de détresse. Il est allé jusqu'au terme de son voyage personnel. Lorsque le pilote de Terre des hommes se prépare à mourir sous la mitraille, il n'éprouve pas la peur moite de ceux qui voient arriver leur dernière heure. Il goûte le moment comme l'apothéose de sa vie, comme l'instant le plus intense de sa vie, dût-il en être le dernier : Je suis vivant. Je suis encore vivant. Je suis toujours vivant. Telle est la grande affaire : conjurer la mort."
"L'angoisse du devenir hante les récits de Saint-Exupéry. Lorsque le pilote dans son avion (Vol de nuit) connaît l'angoisse de ne plus atterrir parce qu'il s'est perdu, parce qu'il a dérivé, parce que désormais il ne voit plus rien et qu'il comprend qu'il vit ses dernières minutes avant une panne sèche qui le précipitera en mer, il vit aussi l'épreuve suprême. Soudain il comprend. Il devient. Il n'échoue pas dans le désespoir ni dans le cri de détresse. Il est allé jusqu'au terme de son voyage personnel. Lorsque le pilote de Terre des hommes se prépare à mourir sous la mitraille, il n'éprouve pas la peur moite de ceux qui voient arriver leur dernière heure. Il goûte le moment comme l'apothéose de sa vie, comme l'instant le plus intense de sa vie, dût-il en être le dernier : Je suis vivant. Je suis encore vivant. Je suis toujours vivant. Telle est la grande affaire : conjurer la mort."
Dix ans après l'incendie du Calder Hall, le théâtre qui faisait autrefois la gloire de Solara Bay, Ezra Storm revient dans sa ville, qu'il retrouve défigurée par la brutalité et la corruption. Certains se souviennent encore de Spirit Drum, une partition mythique que l'on pense détruite par les flammes pendant sa représentation. Obsédé par cette musique perdue, il se lance dans une quête qui le mène à travers une Californie âpre et désertique, peuplée d'exilés et d'étranges survivants. Sur sa route, il croise Tara, une jeune chanteuse hantée par ses propres blessures. Ensemble, ils tentent de faire renaître une oeuvre que beaucoup auraient préféré voir disparaître. Spirit Drum conte la renaissance d'un rêve que le feu et l'oubli n'ont pas réussi à anéantir.
Verdi est un compositeur pour notre temps. Mystérieusement, il porte, comme son oeuvre, des traits qui caractérisent notre époque. Traits non seulement esthétiques, mais aussi moraux et, en un sens, politiques. Verdi, au long de ses opéras, parle des humiliés, des offensés, des mal-lotis ; il donne voix à ce que l'humiliation sociale suscite : la colère, la peur, et donc le désir de vengeance, l'instinct de sacrifice, le goût idéaliste des causes perdues, l'avidité du pouvoir. Aucun autre compositeur d'opéra n'a fait entendre de façon aussi puissante les élans profonds des âmes blessées, pour la simple raison que Verdi les a ressentis dans sa chair, en a fait l'épreuve dans sa vie d'homme.Ainsi ses opéras continuent-ils, aujourd'hui encore, de déchirer le voile des conventions et des accommodements faciles, alors que nous vivons toujours sous l'empire de ces conventions, des préjugés, des apparences. Verdi fut un homme en colère, un anticonformiste poussant parfois jusqu'à la cruauté l'expression de ses indignations ou de sa rage face à certaines situations. C'est cette insoumission foncière face aux injonctions de la mode, de la censure et des convenances, qui donne à son oeuvre la puissance qui lui a permis de traverser le temps et de rencontrer aujourd'hui encore nos rêves et nos révoltes. Sylvain Fort livre ici de cet insurgé un portrait qui n'est pas sans échos avec l'état de nos sociétés contemporaines.
Comment les Inuits, sur leur banquise inhospitalière, faisaient-ils monde sans télévision, quand nous autres modernes, qui avons ajusté l'environnement à nos besoins et habitons un monde entièrement fait pour nous, vivons si péniblement la banalité de notre existence et le vertige de notre êtrequelconque ? Qu'avons-nous perdu en rompant avec les cultures anciennes, faites de mythes, de rites, de légendes assez puissantes pour pousser les hommes vers l'avenir ? Qu'y avait-il dans ces cultures que nous ne comprenons plus, nous qui, au contraire, nous sentons privés d'avenir, sans foi dans le futur ? Nous est-il encore possible d'être les sujets d'une vie, nous dont les conduites sont désormais gouvernées par la science, par « l'objectivité » des lois statistiques, biologiques et économiques ? Dans la mythologie grecque, un lieu des Enfers décrit par anticipation le monde sans avenir et sans sujet que nous avons bâti : la plaine des asphodèles, banlieue lugubre où les âmes insignifiantes, c'est-à-dire celles de l'immense majorité des hommes, errent après leur mort. Appelant à renouer avec les puissances du symbole à travers la littérature et la philosophie, cet essai mêle avec grand talent critique sociale et métaphysique. Adaptation Studio Flammarion Odile Chambaut / Atelier Michel Bouvet.
Loin d'une lecture anecdotique, Sylvain Fort propose un regard résolument neuf sur l'oeuvre de Leonard Cohen et fait le choix d'écouter les textes du grand artiste canadien - poèmes, romans, chansons - pour en révéler la cohérence profonde. De ses premiers écrits à ses derniers albums, ceux-ci apparaissent comme un vaste ensemble où l'amour, la foi, le désir, la chute et la rédemption sont autant de thèmes qui se déploient dans une dramaturgie intérieure d'une grande rigueur. Sylvain Fort met au jour les échos et les variations qui font de Leonard Cohen bien plus qu'un chanteur : un poète majeur et un musicien d'une rare exigence. À la croisée de l'essai littéraire et de la critique musicale, ce livre invite à redécouvrir une oeuvre essentielle du XXe siècle.