Stéphane Bouquet
Stéphane Bouquet
Selon une tradition médiévale, Adam et Ève ont habité le paradis pendant six heures. Six heures plus tard, Lui et Elle vivent ensemble. Ils sont peut-être un couple ou un ancien couple. Ils semblent chercher une façon de vivre qui les rendent heureux, ou qui au moins les apaise. Ils croient à l'utopie, même s'ils ne savent pas ce qu'elle est ni où elle se trouve. Ils déménagent. Ils cherchent un autre monde, une autre piscine, d'autres draps propres, une chambre donnant sur la nuit pure. Mais peu à peu, à force de parler, à force de faire confiance au langage, ils découvrent un monde. En risquant un espace, un lieu, un paysage, une communauté qui pourraient les accueillir, ils finissent par comprendre que cet endroit serait quelque chose comme le droit au silence. Le dialogue de Lui et Elle invente d'autres façons de converser, de saluer le monde convenablement : courir vers les ânes car il y a quelque chose à leur expliquer, dire la lumière qui gratte la tête, la direction du silence qui masse le ventre, jusqu'à devenir le silence lui-même, dire l'idée de l'île. Maintenant ils y sont, dans l'île-en-face, la seule adresse qu'ils ont toujours voulu avoir.
l'horizon est ce mot qui calmement déserta nos lexiques de la maturité tandis que l'ancien jeune homme marche dans les murmurations du langage ou dans ce qu'il lui reste à savoir. Le paysage est devenu la méditation même : il pleut probablement depuis le début, il pleut sans pleuvoir mais de cette façon dont le mot monde tombe plus ou moins vite vers sa rive.
l'horizon est ce mot qui calmement déserta nos lexiques de la maturité tandis que l'ancien jeune homme marche dans les murmurations du langage ou dans ce qu'il lui reste à savoir. Le paysage est devenu la méditation même : il pleut probablement depuis le début, il pleut sans pleuvoir mais de cette façon dont le mot monde tombe plus ou moins vite vers sa rive.
Marie dit la vie la vie tu n'as que ce mot aux lèvres c'est vrai j'avoue la vie est le seul refuge, je ne sais plus trop à force si « j'écris sur vous au lieu de mourir » ou pour rejoindre un verbe au présent « et me sentir mille choses heureuses à la fois » ayant atteint « la bienveillance du réel » du genre ces bras entre nous respirés alors c'est gagné la vie la vie Stéphane Bouquet, scénariste, danseur, critique, traducteur, a publié plusieurs livres de poésie ou autour de la poésie (les derniers en date, Les Amours suivants et Vie commune, Champ Vallon, 2013 et 2016, et La Cité de Paroles, Corti, 2018). Les Amours suivants et Vie commune sont traduits aux Etats-Unis.
Ce livre pose une question simple qui peut se dire de plusieurs façons : qu'est-ce que vivre ensemble ? et comment s'y prendre ? Quelles sont, aujourd'hui, les utopies (amoureuses, amicales, collectives) à notre disposition pour refonder un espoir commun ?Ce livre pourrait sembler fourre-tout : il contient trois poèmes, une pièce de théâtre, trois récits. Mais son projet est plutôt de dire qu'il n'y a pas besoin, ni de raison, de tailler des territoires trop précis et étanches, des spécialités impénétrables. La porosité est l'idéal ici défendu : la frontière souple ou flexible, la limite qui n'en est pas une.
Jessica Jones a affronté son plus grand ennemi... et elle a gagné ! Que fait-elle alors, attachée et vêtue d'un vieux costume de Miss Marvel ? Qui l'a enlevée et pourquoi ? La réponse, encore une fois, se cache dans le passé de l'héroïne, en particulier dans une affaire jamais résolue. En rouvrant une vieille enquête, Jessica croisera la route d'un tueur en série qui prend pour cible les femmes dotées de super-pouvoirs. Kelly Thompson (Uncanny X-Men), Mattia De Iulis (Kimera Mendax) et Marcio Takara (All-New Wolverine) inaugurent un nouveau chapitre dans l'existence de Jessica Jones qui continue à attirer irrésistiblement les ennuis, les conspirations et les dangers de toutes sortes.
Stéphane Bouquet parcourt les vingt dernières années de l'oeuvre, d'Impitoyable (1992) à J. Edgar (2012), et cherche à comprendre les causes de cette réputation, étant entendu que la qualité des films ne saurait suffire à l'expliquer. Il propose le portrait à la fois admiratif et acerbe d'un artiste américain qui a produit une série inlassable d'auto-portraits et fini par devenir, pour beaucoup de spectateurs français, le rêve américain en soi. Ou ce qu'il en reste.