Sophie Daull
Sophie Daull
L'Art et la Danse subliment les grands sentiments. Ils exacerbent les passions. Sur la scène, les danseuses interprètent l'Amour alors que, dans les coulisses, sévit souvent une haine implacable. La Mort fait partie du ballet. Quand arrive l'instant de la dernière arabesque, l'assassin se manifeste...
Un roman vif sur les colères individuelles et collectives dans un monde paysan en proie au bouleversement des temps modernes.Lorsque Solange Delvaux, la cinquantaine, s'installe dans un petit village, les habitants la mettent en garde contre l'occupant de la maison d'en face : Gilbert Louvet, agriculteur célibataire et bourru, animé par un rejet viscéral des mutations qu'occasionne le monde contemporain. La place des femmes, la considération des enjeux écologiques, la responsabilité face au vivant sous toutes ses formes le hérissent et renforcent ses convictions conservatrices en même temps que sa réputation de terreur locale. Or, contre toute attente, un lien se crée entre la " brute épaisse " et l'intellectuelle parisienne nouvellement arrivée. Solange apprend ainsi que Gilbert a une fille, Jennyfer, avec laquelle il est brouillé depuis plus de dix ans, et qui s'est engagée comme parachutiste au 17e RGP de Montauban. Solange se met en tête de réconcilier le père et la fille. Elle entreprend de convaincre Jennyfer de revenir au village en lui adressant une multitude de lettres, dans lesquelles affleurent des secrets... Au fil des événements, les personnages s'affrontent, en quête de vérité quant aux sujets brûlants qui surgissent entre eux. À la croisée des problèmes de société actuels et des préoccupations de l'auteure sur les questions de l'absence et de la consolation, ce livre explore les cahots des conflits générationnels. Un roman remarquablement construit, à l'écriture incisive et charnelle, au coeur du monde rural et de ses colères.
Un autoportrait à deux voix, où l'autrice se dévoile sans ménagement Ainsi parlait Jules est un autoportrait au vitriol, à deux voix. Alors qu'une femme revient sur divers épisodes de sa vie, ses propos sont systématiquement contredits par un certain Jules. Impostures, petits arrangements, compromissions, duplicités, paradoxes, ce justicier de l'intégrité morale démasque sans pitié les moindres travers de la narratrice. Face à ce torrent brutal, l'accusée déploie en symétrique des pages de son enfance et de son adolescence, de ses histoires d'amour aussi ; un grand lac de souvenirs et de situations où les cruels reproches finissent par doucement se diluer. Entre longue scène de ménage aux accents souvent cocasses et plaidoyer pour les invariables faiblesses de la nature humaine, Ainsi parlait Jules nous tend un miroir grimaçant, qui lézarde nos zones de confort. Car ne réveille-t-il pas le Jules tapi en chacun de nous ? La beauté de la langue et la finesse de la composition sont au rendez-vous dans ce court roman dense, drôle, souvent dérangeant, où l'auteure se dévoile sans ménagement. Que celui qui n'a jamais triché lui jette la première pierre !
Le roman d'un meurtrier et de la fille de sa victime, liés par une quête de pardon Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l'occasion de la publication de son prmeier livre. Elle ne se doute pas qu'au même moment son image à l'écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute. Car la romancière est la fille de sa victime. Et, dans cinq jours, elle viendra dédicacer son ouvrage dans la librairie de la ville. Un compte à rebours se déploie alors pour cet homme solitaire, dans un climat à la fois banal et oppressant, en attendant le face-à-face qu'il redoute mais auquel il ne pourra se dérober. Dans ce texte où chaque personnage est en quête d'une réparation intime, Sophie Daull intervient pour affirmer la fidélité qu'elle voue aux fleurs et aux sous-préfectures. Un roman brillamment construit sur les ambiguïtés du désir de pardon.
Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d'une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire. Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard " franc, droit, lumineux ", les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l'après, le vide, l'organisation des adieux, les ados qu'il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent... Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l'enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin d'être l'épanchement d'une mère endeuillée ou un mausolée - puisque l'humour n'y perd pas ses droits -, ce texte est le roman d'une résistance à l'insupportable, où l'agencement des mots tient lieu de programme de survie : " la fabrication d'un belvédère d'où Camille et moi pouvons encore, radieuses, contempler le monde ".
Alors qu'elle vient de perdre Camille, sa fille de seize ans, Sophie Daull se penche sur le passé de sa mère, Nicole, une femme mystérieuse, disparue elle aussi, il y a trente ans. Munie de maigres indices - quelques lettres et photos tenant dans une boîte à chaussures -, elle entreprend de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu, les visages qu'elle a connus, et tente de reconstituer ainsi une existence troublante. À larges aiguillées joyeuses, poétiques ou bancales, l'auteure va coudre passé et présent, fiction et réalité, grand-mère et petite-fille, dans ce roman en forme d'enquête généalogique, qui vagabonde dans la France de l'après-guerre jusqu'aux années 80. Se dessine ainsi la figure de Nicole, dont la frêle beauté et la timidité intriguent, porteuse d'une énigme qu'elle semble elle-même ignorer, chahutée depuis l'enfance par les rudesses d'une vie sans ménagement. Nicole, que le lecteur débusquera avec émotion derrière ses larges lunettes et la fumée de ses Gitanes...