Sophie Bouffier
Sophie Bouffier
Les sociétés antiques ont souvent imperméabilisé leurs installations hydrauliques par des mortiers, qu'il s'agisse de citernes, de canalisations, de fontaines ou de thermes, mais la recherche archéologique ne s'est emparée de cette problématique qu'à une époque récente. Quelle était la composition de ces mortiers qualifiés à tort d'hydrauliques ? Celle-ci variait-elle selon les époques, selon les régions, selon les maîtres d'ouvrage ou types d'aménagements ? Quelles étaient les techniques de fabrication ? Quid de leurs modes d'application ? Peut-on les dater et ainsi préciser leur durée et période d'utilisation ? Autant de questions que cet ouvrage veut aborder à partir d'une rencontre tenue à la Maison méditerranée des sciences de l'homme à Aix-en-Provence en 2016, dans le cadre du réseau HYDRMED. Archéologues, ingénieurs, chimistes, restaurateurs, et historiens explorent ici les rapports étroits que l'hydraulique antique a entretenus avec les mortiers de chaux pour répondre à la demande parfois démesurée des usagers et optimiser l'efficacité des aménagements dans des milieux naturels souvent pauvres en eau. Ils mettent ainsi l'accent sur l'hétérogénéité et la diversité des choix et méthodes mis en oeuvre par les Anciens pour conserver leur eau dans les meilleures conditions. Si les études sur les mortiers utilisés dans les aménagements hydrauliques antiques suscitent de plus en plus d'attention, leur analyse archéométrique fournit un nombre de données toujours plus exhaustif et spécialisé. Pour mettre en lumière des questions transdisciplinaires et des dynamiques sur la longue durée, notre ouvrage entend contextualiser les textes et recettes transmis par la littérature antique et les comparer à la réalité des enduits de la Corinthe grecque, du Palatin romain, ou des sols de quelques villes grecques, mis au jour par l'archéologie.
Entre le VIIIe et le VIe siècle, des Grecs quittent le bassin égéen, Ionie ou Grèce balkanique, pour se déplacer ou s'installer dans des régions alors inconnues de leurs communautés. Qu'il s'agisse d'initiatives individuelles ou de migrations organisées, ils créent, majoritairement sur les rives nord de la Méditerranée et le pourtour de la mer Noire, de nouvelles cités qui, par leurs contacts avec des populations étrangères, se construisent une identité spécifique. En Orient, les installations grecques sont plus sporadiques jusqu'à ce qu'Alexandre de Macédoine mène ses soldats vers l'Indus. On considère désormais que cette expansion grecque fait partie intégrante de l'hellénisme et certains historiens préfèrent le terme de diaspora à celui de colonisation, majoritairement utilisé par l'historiographie. D'où l'intérêt de cet ouvrage qui reprend, à nouveau frais, la question de l'expansion grecque. Construit selon un découpage régional, il étudie les modes d'organisation politique et économique, les pratiques culturelles, les réseaux d'échanges de ces communautés réunies dans un système-monde original. Ouvrage coordonné par Sophie Bouffier, professeur d'histoire grecque à l'université d'Aix-Marseille. Avec la collaboration de Alexandre Baralis, Pierre Cabanes, Omar Coloru, Maria Cécilia D'Ercole, Olivier Mariaud, Pierre Moret et Pierre Rouillard.