Serge Mboukou
Serge Mboukou
Il y a près de trois siècles périssait, sur le bûcher d'un tribunal ecclésiastique érigé au coeur de l'Afrique congolaise, une jeune fille d'une vingtaine d'années qui a agi politiquement et religieusement pour le rétablissement de l'unité du Kongo. Histoire singulièrement émouvante que celle de Dona Béatrice Kimpa Vita. L'ironie et la force symbolique de cette tragédie tiennent au fait qu'elle invite à reconfigurer le sens d'une certaine mondialisation en y réintégrant un espace que l'on veut exclure de ses dynamiques : l'Afrique.
Cet ouvrage, qui tient du journal de voyage et de l'essai ethnographique, croise deux regards sur Kinshasa et Tokyo. Ces villes n'ont a priori rien de commun, sinon d'être les capitales de pays d'un paradoxe économique : malgré ses immenses richesses, le Congo-Kinshasa (RDC) reste un abime de « sous développement », tandis que le Japon, si pauvre en ressources naturelles, compte parmi les leaders du G7. Mais ce sont d'abord les grands chemins d'un néolibéralisme débridé qui orientent les croisements de perspectives qu'explore ce livre à travers des chroniques sur une capitale postmoderne et une plongée dans l'imaginaire d'une ville postcoloniale. Croisements de perspectives sur des villes pionnières qui préfigurent notre actualité urbaine et décryptent notre contemporanéité autour d'une certaine obsolescence du Sujet des Lumières.