Savas Demirel
Savas Demirel
Évocation d'une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois. Au gré des pages, Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant, à pied, en voiture ou en bateau, et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore, devant des villas décrépites, dessinant ainsi le portrait fascinant d'une métropole en déclin. Ancienne capitale d'un vaste empire, Istanbul se cherche une identité, entre tradition et modernité, religion et laïcité, et les changements qui altèrent son visage n'échappent pas au regard de l'écrivain, fin connaisseur de son histoire, d'autant que ces transformations accompagnent une autre déchirure, bien plus intime et douloureuse, celle provoquée par la lente désagrégation de la famille Pamuk - une famille dont les membres, grands-parents, oncles et tantes, ont tous vécus dans le même immeuble - et par la dérive à la fois financière et affective de ses parents. Dans cette oeuvre foisonnante, magistralement composée et richement illustrée, Orhan Pamuk nous propose de remonter avec lui le temps de son éducation sentimentale et, in fine, de lire le roman de la naissance d'un écrivain.
Tueur sans gages, pièce au titre cruel, commence comme un conte de fées, se poursuit comme un drame policier et se termine sur une tragédie. Le conte de fées, c'est la découverte par Bérenger de la 'cité radieuse', merveilleux quartier de sa ville construit pour le confort de ses résidents, où il retrouve un instant le soleil de son enfance ; le drame policier, c'est la présence dans cette cité d'un assassin qui tue chaque jour plusieurs habitants et que Bérenger, qui compte sur l'aide de la police, veut faire arrêter ; la tragédie, c'est la poursuite de plus en plus solitaire de Bérenger, que tous abandonnent, et qui finit par se trouver devant le monstrueux tueur borgne qui lève sur lui son couteau.