Roseline Sauli
Roseline Sauli
Le handicap s'incruste dans un corps qu'il déglingue. Privée d'air à la naissance il y a cinquante trois ans, j'ai voulu faire de ma vie, un terrain de jeu où mon oxygène déciderai de ce que serait mon Espace vital. Prisonnière d'un corps qui ne m'appartient pas, ma place n'existe que derrière des barreaux. Ecrivant derrière un bureau je compense mes voyages, en fissurant les Conventions me jetant à coeur perdu dans ma passion. Engendrer une histoire irréelle, mais intrinsèque puisqu'elle est mienne, érigeant un monde aussi vrai que l'autre est faux. Mon job favori et de faire travailler mon imagination. Ma vie se met à danser devant mes yeux et partout où je vais, j'y sème des graines de folies que je cultive à l'infini. Libre, je perquisitionne des sentiers où nul n'est allé. L'âme dégluée, je passe de la nuit à la lumière moi qui ne vis que dans l'obscurité. Mes rencontres inopinées m'emmènent sur les routes de l'espoir prenant l'allure d'une fée Celte, née il y a neuf cent ans dans les bras du onzième siècle retrouvant mon Roi Arthur avec des valeurs qui me collent à l'âme: Battante, Rebelle, Loyale, Honnête. I become who I want to be: "a fairy".
Ce voyage au coeur de la diaspora d'une famille corse de 1825 à nos jours, témoigne de notre attachement viscéral à l'île de nos pères et à son histoire. Débarquant à la gare de Toulon en 1922 après une traversée Bastia-Marseille mouvementée, zia Minia en compagnie de ses cinq enfants, remontait à pied le Boulevard de Strasbourg, sans oser emprunter le tramway. Dominique et Jean marchaient devant avec leurs baluchons, et le nez en l'air regardaient les maisons, en s'émerveillant à la vue des persiennes qui ornaient les fenêtres. Et tous suivaient scrupuleusement les rails du tram, pour être sûrs de ne pas s'égarer, jusqu'à leur destination finale, le quartier Rodeilhac.