Renee De Thies
Renee De Thies
Après « Des poètes romantiques », voici la suite des entretiens de Renée de Thiès. Nous attendions avec intérêt cette étude, et nous n'avons pas été déçus. Nous avons la certitude que l'auteur est bien cette « Petite Typhaine », et le travail qui en découle est le fruit d'une longue réflexion au fil des années. Le monde estudiantin a grand besoin, surtout à notre époque, de se trouver un mentor qui le guide dans les arcanes de la connaissance de la littérature française, et l'auteur est ce guide attendu. Pour ce qui concerne les poètes « Parnassiens » on ne peut qu'emprunter une remarque de l'auteur lui-même : « Il se dégage des oeuvres parnassiennes une force singulière, due à la probité intellectuelle et à l'habileté technique des Parnassiens ». L'ouvrage présenté est une réelle approche, nouvelle dans la pédagogie de l'histoire des lettres françaises, de ces artisans du Culte de la Forme, inspirateurs de tant d'auteurs modernes. Nous nous réjouissons, en tant qu'éditeur, d'avoir reçu et sélectionné les Entretiens de Renée de Thiès.
Baudelaire, Verlaine, Raimbaud et Mallarmé, voici le dernier quadrige attaché au char du symbolisme, que Renée de Thiès analyse avec le talent qu'on lui connaît. Sur le canevas de la pédagogie appliquée, elle cerne les poètes qui ont tissé, dans la même direction, avec des moyens différents, ce qui constitue l'un des grands mouvements poétiques, le symbolisme : Baudelaire et son influence sur la poésie contemporaine, dont il est phare et initiateur de nombreux poètes de notre temps. Verlaine, le poète maudit, désordonné, qui a connu la misère, l'hôpital, la prison et ses errances avec Raimbaud. Peu à peu, il sombre, comme un être tourmenté, à la recherche de l'extase mystique. L'analyse de son art poétique est un modèle du genre. « Prends l'éloquence et tord-lui le cou ! » Arthur Raimbaud, ami de Verlaine, concentré sur lui-même, dont la volonté et le caractère ont quelque chose d'inhumain, et dont "Le bateau ivre" traduit le mieux ses sentiments. Mallarmé, enfin, victime de sa recherche de l'absolu, et de son langage poétique parfois indéchiffrable. On ne peut que reconnaître le talent pédagogique de Renée de Thiès, qui sait lier à de profondes connaissances son « parfait amour » de la poésie.