René Schwok
René Schwok
Le débat sur le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale est mal connu, particulièrement en France. Grâce à une grille d'interprétation originale et claire, l'auteur présente une synthèse et une explication des différents arguments et controverses autour de la politique étrangère du Troisième Reich. Une attention particulière est donnée à la problématique du rôle joué par Hitler dans la politique étrangère nationale-socialiste. Démon ou dictateur faible ? Programmateur ou improvisateur ? Agent du grand capital ou incarnation d'une essence totalitaire ? À toutes ces questions qui ont fait l'objet de débats passionnés, une réponse est donnée qui permet de faire le point. Cette étude ne se limite pas au strict cadre des analyses de la diplomatie de l'Allemagne nationale-socialiste mais elle les replace dans le contexte général des discussions qui marquent le débat autour de l'interprétation du nazisme. L'auteur montre ainsi que les affrontements historiographiques qui ont secoué le monde intellectuel de la République fédérale allemande en 1986 n'ont pas surgi du néant mais qu'ils s'enracinent dans un contexte idéologique et institutionnel dont il importe de connaître l'histoire. Cet ouvrage est également indispensable pour prendre conscience de l'influence des thèses révisionnistes. À l'appui de nombreux exemples, une mise en garde est adressée quant à la manière avec laquelle notre vision du nazisme est subrepticement déformée. Ce sont finalement les spécialistes de la question nationale-socialiste qui seront les plus intéressés par cette étude, car, tel un miroir, elle reflète leurs analyses et leurs évolutions, leurs certitudes et leurs interrogations par rapport à un phénomène qui continue à éveiller les passions.
La fin de la guerre froide, en 1989, est loin d'avoir apporté de l'apaisement dans la politique extérieure de la Suisse. Aux remises en cause intérieures de la neutralité et de l'armée, se sont ajoutées des pressions parfois violentes venues de l'étranger, en particulier des États-Unis, contre le secret bancaire et dans l'affaire des fonds juifs. D'une période de turbulences, dont on n'est pas sorti, René Schwok offre ici une claire synthèse, dans l'esprit de son précédent livre sur la Confédération face à l'union européenne. la Suisse est le seul pays à soumettre ses relations internationales à des votes populaires continuels : à ce contrôle le Conseil fédéral n'échappe jamais, mais face aux autres pays il n'est structuré ni pour des réactions rapides ni pour des stratégies à long terme. Le Sonderfall helvétique s'en trouve bousculé et ses principes fortement réinterprétés. La voie solitaire persiste néanmoins, sous pression d'un parti isolationniste pour qui vote le quart des électeurs, mais aussi en réaction aux crises qui affectent l'UE. Ce livre montre ce qui a changé et ce qui perdure, contre toute attente. il offre une analyse plus détaillée de trois affaires retentissantes: fonds en déshérence, Iran, Libye.
Cet ouvrage présente une synthèse claire sur les relations Suisse - Union européenne (UE). Il montre que celles-ci se résument à une seule formule : adhésion improbable, marginalisation impossible. Par conséquent, il a fallu pour la Suisse trouver une troisième voie entre ces deux pôles. L'ouvrage expose précisément l'inventivité qui a conduit à développer les concepts intermédiaires de zone de libre-échange, d'espace économique européen et d'accords bilatéraux. Ceux-ci constituent un défi pour les principes et les théories traditionnels de l'intégration européenne. Il rappelle que ces mécanismes ingénieux ont été engendrés dans la douleur et qu'ils ont provoqué d'intenses confrontations en Suisse. Il montre aussi les trésors de subtilité que recèlent les notions d'accord-cadre, d'union douanière et d'adhésion 'light'. Il constate que, paradoxalement, plus la Suisse se rapproche de l'UE, plus les perspectives d'adhésion semblent s'éloigner. Cette étude cherche aussi à comprendre les motivations profondes des réticences helvétiques à adhérer à l'UE. Plutôt que de les juger, elle les discute dans un débat largement ouvert.