Raoul Corbin
Raoul Corbin
Dans Fleurs de cactus, Raoul Corbin déploie une poésie où la rudesse du désert côtoie la délicatesse des fleurs, offrant une méditation sur la résilience et la beauté cachée.
En nous affirmant que « Les dieux sont fragiles », Raoul Corbin se montre, dans ce recueil, disciple tour à tour, non seulement de Baudelaire et de Verlaine, d'Alfred de Vigny et d'Alfred de Musset, d'André Chénier et de Félix Arvers, de Léon Deubel et de Joséphin Soulary, mais encore, bien qu'il ne le cite, du père Hugo. Sa poésie est empreinte d'une philosophie le plus souvent pessimiste et désabusée, indulgente aux faiblesses humaines : ne te presse pas trop, la vie est assez brève pour que, même sans hâte, on touche au but ; méprise les clairons, les tambours, les obus mais, au fond de beaux yeux, fais des bouquets de rêve ! Ne juge pas les grands avec tes yeux d'enfant, nos jugements sont faux dans nos vertes années. Les remords sont amers comme des fleurs fanées ; tel accuse aujourd'hui qui demain se défend. Fais ce que tu prétends mais gare-toi des sots, fuis-les, ils sont jaloux et, loin d'eux, place haut ta sensibilité comme un vase de Sèvres. Surtout, sois indulgent pour les blessés d'amour, ils en ont tant souffert que, souvent à leurs lèvres, coule un filet de fiel qui creuse leurs contours.