Pierre-Yves Gomez
Pierre-Yves Gomez
Qu'est-ce que le capitalisme ? Le mot est couramment utilisé, mais sait-on clairement ce qu'il signifie et ce qui le distingue d'autres systèmes économiques mais aussi politiques ? Car plus qu'un système économique, le capitalisme est une forme d'organisation de la société, un aménagement des liens sociaux et une croyance collective qui policent nos comportements. À partir d'une approche historique, Pierre-Yves Gomez met au jour la structure du capitalisme en la comparant à celle d'autres civilisations. Il montre en particulier l'importance qu'y joue l'État-nation, la place ambiguë du « marché », le rapport à l'environnement naturel qu'il impose et pourquoi la recherche du profit constitue la clé de voûte de sa culture. Une analyse décapante et rigoureuse qui permettra au citoyen éclairé de se faire sa propre opinion sur l'avenir de nos sociétés.
Qui détient vraiment le pouvoir dans l’entreprise ? La Gouvernance d’entreprise de Pierre-Yves Gomez décrypte les mécanismes de légitimité et de décision qui façonnent nos économies.
Notre avenir sera si riche que nous n'avons pas à nous soucier des dettes qui s'accumulent : elles seront effacées par les performances du futur. Et si l'homme est un être nuisible qui a dévasté la planète, il pourra sans problème être régénéré et «augmenté » par les miracles de la technologie. Telles sont les promesses que nous fait le capitalisme spéculatif.Depuis près d'un demi-siècle, cet esprit malin a saisi la sphère financière, puis l'économie réelle, et enfin la société tout entière. Il a bouleversé le travail, la consommation, les entreprises, les mentalités et la vie quotidienne pour produire une société matérialiste, fébrile et fataliste. Rebondissant à chaque crise, il a pris la forme de la financiarisation, puis de la digitalisation. Il prépare déjà sa nouvelle mue.À chaque fois, il nous fait espérer un avenir qui nous sauvera, tout en nous susurrant que l'être humain en sera exclu s'il ne s'adapte pas. Voici donc le récit de ce destin qu'on nous dit implacable, de son origine à son non moins implacable dénouement. Pierre-Yves Gomez est essayiste et professeur à l'Emlyon, où il dirige l'Institut français de gouvernement des entreprises. Spécialiste du lien entre l'entreprise et la société, il a notamment publié : La République des actionnaires (2001) ; L'Entreprise dans la démocratie (2009) ; Le Travail invisible (2013) et Intelligence du travail (2016).
Une nation est le produit du travail accompli par ceux qui la constituent. Mais nous avons fini par oublier que nous sommes des travailleurs avant d'être des consommateurs. Bercés par les illusions d'une société ludique et abondante, souvent déçus par l'entreprise, nous avons perdu le sens de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.Mais certains sont en train de reconquérir l'intelligence de leur travail : échanges de services entre particuliers, partages libres d'investissements ou de savoirs, nouvelles formes d'organisation... L'économie de proximité bouleverse nos modes de vie, elle crée des liens directs entre les producteurs et les consommateurs, des solidarités économiques inédites.À l'heure de la digitalisation, de la robotisation et des révolutions dans le management des entreprises, une grande bataille a commencé. Ce n'est plus celle des prolétaires contre les capitalistes. C'est celle qui oppose, jusqu'en chacun de nous, la cité du travailleur à la cité du consommateur. Laquelle des deux l'emportera sur l'autre ? Il n'y a plus qu'une question politique et c'est celle-là.Pierre-Yves Gomez est professeur à l'EM LYON, où il dirige l'Institut français de gouvernement des entreprises. Spécialiste du lien entre l'entreprise et la société, il a été élu, en 2011, président de la Société française de management. Il a notamment publié : Le Gouvernement de l'entreprise (1996), La République des actionnaires (2001), L'Entreprise dans la démocratie (2009) ou Le Travail invisible (2013).
Ivan Illich est paradoxalement à l'origine d'une pensée largement utilisée et pourtant peu connue des chercheurs se réclamant des sciences de gestion. Utilisée, elle l'est lorsque nous employons les termes « convivialité », « contre-productif » ou « effet de seuil », termes qu'il a parfois forgés, en tout cas connotés de manière spécifique et contribué à rendre familiers. Comment expliquer son relatif anonymat dans le monde académique ? Peut-être est-ce parce que, dans la puissante effervescence des années 1970, il ne fut pas un de ces critiques intellectuels que le jeu des idées protégeait des contradictions de la vie réelle, mais plutôt une espèce de prophète dont l'exigence critique s'est déplacée en même temps que ses expériences d'une vie authentique, abordant différents sujets sans esprit d'idéologie, sans systématiser ses réflexions et sans éviter leurs ambiguïtés, fort finalement d'une pensée de défricheur.