Pierre MILLE
Pierre MILLE
Colomba (Edition Intégrale - Version Entièrement Illustrée) * Inclus une courte biographie de Prosper Mérimée Descriptif : L'auteur peint la Corse d'autrefois, ses moeurs antiques et farouches, ses vendettas implacables. L'oeuvre est dominée par l'inoubliable figure de Colomba, héroïne sauvage, gardienne des traditions. Dans la lutte à mort qui oppose les siens à une autre famille de l'île, son frère se laisserait peut-être adoucir. Mais elle est là qui veille, le presse, le harcèle, et... il faudra bien que vengeance s'accomplisse. Extrait : Les lamentations des femmes, les imprécations des hommes redoublèrent lorsqu'on se trouva en vue de la maison d'Orso. Quelques bergers rebbianistes ayant osé faire entendre une acclamation de triomphe, l'indignation de leurs adversaires ne put se contenir. « Vengeance ! vengeance ! » crièrent quelques voix. On lança des pierres, et deux coups de fusil dirigés contre les fenêtres de la salle où se trouvaient Colomba et ses hôtes percèrent les contrevents et firent voler des éclats de bois jusque sur la table près de laquelle les deux femmes étaient assises. Miss Lydia poussa des cris affreux, le colonel saisit un fusil, et Colomba, avant qu'il pût la retenir, s'élança vers la porte de la maison et l'ouvrit avec impétuosité. Là, debout sur le seuil élevé, les deux mains étendues pour maudire ses ennemis : « Lâches ! s'écria-t-elle, vous tirez sur des femmes, sur des étrangers ! Êtes-vous Corses ? êtes-vous hommes ? Misérables qui ne savez qu'assassiner par-derrière, avancez ! je vous défie. Je suis seule ; mon frère est loin. Tuez-moi, tuez mes hôtes ; cela est digne de vous... Vous n'osez, lâches que vous êtes ! vous savez que nous nous vengeons. Allez, allez pleurer comme des femmes, et remerciez-nous de ne pas vous demander plus de sang ! ».
Le meilleur moyen de faire un bon roman d'observation, ce serait peut-être de raconter tout simplement sa propre vie. Quelqu'un a réalisé ce programme et a été célèbre. C'est Marcel Proust, l'un des grands auteurs français. C'est devenu en France un lieu commun que d'évoquer au sujet de Proust les deux noms de Saint-Simon et de Montaigne. Et cela mérite en effet de devenir un lieu commun, de s'incorporer à nos chaînes d'histoire littéraire. Il faut penser à Saint-Simon et à Montaigne pour comprendre les profondeurs françaises qui s'épaississent sous l'oeuvre de Proust, les masses de temps perdu que nous ramène ce temps retrouvé. La tradition française à laquelle nous devons rattacher un Marcel Proust, c'est une tradition vivante, imprévisible, singulière, une tradition en mouvement irrégulier, en ligne serpentine, en tours et en retours, qui, comme une phrase même, comme une page de Proust, dépasse toujours sa matière précise par son élasticité intérieure et par la profusion de son débordement...
On peut soutenir que le genre « roman » est aussi vieux que la littérature elle-même. Après tout, l'Iliade et l'Odyssée sont des romans. Peu importe qu'on les appelle « épopées » ce qui d'ailleurs revient presque absolument au même. L'Iliade est un roman d'aventures guerrières, l'Odyssée un roman d'aventures maritimes. Peu importe également que ces romans épiques soient en vers. On n'a guère commencé d'écrire en prose, pour le public, qu'à partir de l'époque où s'est généralisé l'usage de l'écriture, et surtout de l'imprimerie, qui ont permis de s'adresser à un seul lecteur en particulier. Avant ces découvertes, il n'y avait d'autre moyen efficace de s'adresser à ce public que la récitation et même la récitation appuyée sur le chant, ou du moins la mélopée. Donc, au début, le vers, procédé mnémonique, tout simplement. On se rappelle beaucoup plus aisément une strophe en vers - et chantée - qu'un morceau de prose. On objectera les historiens, Hérodote, Thucydide, Tite-Live, Tacite, et les moines chroniqueurs du moyen âge. On faisait des « lectures » de ces oeuvres en prose - du moins pour les oeuvres des historiens - mais il est infiniment probable que ces lectures s'adressaient à un bien moins grand nombre d'auditeurs, qu'elles avaient une clientèle moins étendue - comme d'ailleurs les oeuvres des historiens de notre temps - que les épopées classiques ou plus tard la Chanson de Roland et toutes les chansons de gestes, qui ne tardèrent pas du reste à s'appeler des romans : romans de chevalerie, mais romans tout de même et c'est même d'eux que le nom de roman est venu.
Pierre Mille, le reporter, nous livre ici de savoureuses nouvelles non dépourvues d'un certain cynisme, au temps des Colonies, de Madagascar au Gabon.
L'auteur, correspondant de guerre au Temps en 1914-1918 nous relate dans ces nouvelles pittoresques autant qu'abruptes, le quotidien des soldats Français ou Allemands, tirailleurs indigènes ou encore simples civils.
Recueil de nouvelles qui au travers d'anecdotes tantôt drôles ou cyniques, tranches de vie d'un soldat blanchi sous le harnais de la vie coloniale.
Ce roman de 1924 est la seule collaboration entre deux auteurs parmi les plus en vue de la littérature coloniale, Pierre Mille et André Demaison. Ce dernier, ayant longtemps vécu au Sénégal, apporte une abondante documentation ethnographique. On ne saurait imaginer personnages plus contrastés que Vania et Tiékoro. Ce dernier est issu de « ce petit peuple koniagui qui, au milieu des populations de l'Ouest africain, a conservé, avec son indépendance, des coutumes primitives et anarchiques ». Vania est russe, doublement blanche en ce sens qu'elle a le teint très blanc et que, issue d'une lignée aristocratique, elle a fui la Russie après la révolution bolchevique de 1917. Voici donc deux exilés, loin de leur pays natal.
Depuis leur sortie du quartier, Barnavaux et tous les autres, six en nombre, rengagés à nouveau dans l'infanterie coloniale et venant de toucher leur prime, avaient déjà bu plus que leur plein chez les mercantis de Hanoï. Mais ils savaient porter ça, il n'y paraissait guère. Même le dîner qu'ils firent chez Lecointe, au café-restaurant qui fait le coin, près de l'échoppe d'A-Pik, le bottier chinois, acheva de leur remettre les jambes d'aplomb. Leurs têtes seules déliraient un peu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.