Philippe Zarifian
Philippe Zarifian
Il y a eu, tout au long des siècles, coaction, coadaptation et transformation réciproque entre les hommes et la nature qui lui sert de milieu. Or, avec la naissance de l'industrialisme capitaliste, a été perdu, en Occident, le sens de cette codépendance. La nature a été réduite à l'état de "ressource", d'instrument au service des finalités économiques et sociales de la société "moderne". Ce livre montre que la question écologique reste à double face, positive et négative, et propose des pistes.
On constate dans le système actuel du travail un désajustement majeur entre l'exercice réel de la puissance de pensée et d'action des salariés et la manière dont celui-ci se trouve emprisonné dans des visées et dispositifs de gestion qui l'ignorent : entre l'exercice de la compétence et son contrôle.C'est à la mise en lumière, sous une pluralité de facettes, de ce désajustement que le présent ouvrage est consacré, afin de permettre de mieux découvrir en quoi consiste, actuellement, la puissance d'agir au travail, d'examiner les conditions de sa reconnaissance, et de la valoriser dans les systèmes sociaux de qualification professionnelle sous la notion de « compétence ».
Le redéploiement industriel : concept clef d'une économie développée en crise, et qui se déploie sur elle-même pour en trouver l'issue. Comment définir une politique industrielle nouvelle en France, quand, depuis plusieurs années, c'est le redéploiement industriel à l'échelle internationale qui semble dicter sa loi ? Que cache concrètement ce terme qui évoque le mouvement d'une armée ? Sur le territoire national, sur le champ international, d'un secteur à l'autre, les activités se relocalisent. Image simple, séduisante, dynamique, d'un corps qui se déplace pour assurer de meilleures positions. Et pourtant, ce corps qui se redéploie semble malade. À chaque mouvement, le voilà qui s'affaiblit. La dynamique du redéploiement crée de faux horizons, suscite de fausses perspectives. L'imagerie guerrière induit en erreur : le redéploiement représente, avant tout, un phénomène de retour du système productif sur lui-même, de repli. Mais, et c'est bien l'aspect le plus paradoxal, dans ce retour exacerbé du système productif sur lui-même, naissent certaines potentialités nouvelles. Pour pouvoir penser, réaliser une politique transformatrice, il faut décrypter les contradictions existantes, partir de ce qui déjà se manifeste. On ne nie pas le redéploiement, on ne l'imite pas. On le transforme de l'intérieur.
A partir de ses impressions et analyses retirées de séjours en Iran, au Brésil et en France, l'auteur forge le concept sociologique de mondialité, défini comme l'expérience que nous faisons de notre appartenance à un même monde, à une même humanité concrète, saisie à la fois dans la communauté de ses problèmes et dans la diversité des attitudes actuelles face au vivre et au devenir.
En matière de sociologie générale, le constat dressé dans ce livre est radical : la sociologie classique est devenue obsolète. Edifiée au début du XXe siècle, elle aura été une sociologie de l'ordre et de la cohésion sociale. En rupture avec ce type de sociologie, cette proposition de nouvelle sociologie s'appuie sur cinq concepts majeurs : devenir, événement, contre-effectuation, individualité et rapports sociaux.
Le travail devient, pour partie, communication. Travailler, c'est communiquer. Il s'agit là, dans l'univers industriel, d'un changement considérable dans la manière de définir, d'organiser, d'évaluer le travail. Mais l'usage inflationniste du mot communication, terme à la mode s'il en est, introduit nombre de confusions. La politique de communication des entreprises ne se présente-t-elle pas, souvent, comme le contraire d'une communication véritable, comme un renforcement des injonctions autoritaires ? Cet ouvrage entend prendre au sérieux l'émergence du travail-communication et, donc, en explorer les conditions de réussite. Quelles conditions d'accès au langage (qui a le droit de parler et sur quoi ?) ?, quelles organisations aptes à favoriser une meilleure intercompréhension entre catégories et métiers différents ?, quel système de contrôle de gestion apte à mettre en valeur l'efficience des échanges et des entraides, transversaux aux divisions traditionnelles de la responsabilité ? De manière plus large et plus lourde, quelle représentation de la communauté de travail faut-il promouvoir pour que le paradigme du travail-communication puisse acquérir une légitimité et une existence reconnues et durables ? Telles sont les questions ici abordées, dans la lignée des apports de Max Weber et Jürgen Habermas.
Cet essai porte sur la mondialité. Il part du constat selon lequel les problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés - détérioration du climat, oppression des femmes, montée de la misère, etc. - ont une dimension clairement mondiale. Face à elle, la mondialisation économique et financière occupe le devant de la scène. Loin de résoudre les problèmes, elle les génère et les aggrave. Se pose alors la question de savoir si, face à l'urgence et la gravité de l'évolution mondiale, émerge un acteur qui soit capable de s'y affronter de manière positive. Ce livre répond par l'affirmatif à cette question : un tel acteur apparaît, qu'il est proposé d'appeler : Peuple Monde. Il apparaît dans une série de manifestations concrètes : la progression du métissage, la rencontre des cultures, la confrontation aux mêmes événements mondiaux, les échanges qui circulent dans les réseaux de télécommunications, la sensibilité croissante aux problèmes du devenir humain, une certaine prise de conscience que leur solution se situe désormais à l'échelle de la planète. Toutefois, cette émergence d'un Peuple Monde est fragile, embryonnaire. Le présent ouvrage se propose d'explorer les conditions, subjectives et éthiques, d'un renforcement de cette émergence. Il montre que cela passe par des remises en cause assez profondes de notre culture et de nos démarches politiques. Et il expose les lignes de ces remises en cause, en se centrant sur une éthique de la pleine liberté et de la générosité, et sur les apports de la civilité.