Philippe Loubat-Delranc
Philippe Loubat-Delranc
L'économie politique devient une discipline autonome à la fin du XVIIIe siècle en France et en Angleterre. Elle se caractérise dès l'origine par une volonté, à l'instar des sciences exactes, de raisonner sur des abstractions et des grandeurs mesurables. Son triomphe occulte alors d'autres approches très différentes qui définissent l'économie comme la relation entre le milieu et les espèces : la "science du commerce" et la "physique oeconomique". La science du commerce rejette toute connaissance produite dans le cabinet du philosophe. Ce sont les praticiens possédant des savoirs vernaculaires qui sont les vrais savants : artisans, fermiers, marchands et grands négociants. Pour tirer le parti maximum d'un déterminisme naturel donné - un "climat", ce que nous appellerions aujourd'hui un écosystème ou un milieu -, elle accumule les observations sur la géographie, les sols, les forêts, les végétaux, les animaux, les infrastructures et la marine. Elle pose les questions économiques par une discussion ouverte et invite le public à co-construire un savoir qui n'est pas le fruit d'une "découverte" par une élite seule. La "physique oeconomique" est une physique appliquée au monde naturel, lui-même pensé comme un organisme autorégulé à l'intérieur de chaque climat. Par la connaissance des propriétés des végétaux et des animaux autochtones et par l'acclimatation de plantes venues d'ailleurs, l'être humain transforme ses milieux pour mieux satisfaire ses besoins et vivre en harmonie avec les autres espèces. Il importe de ranimer ces économies alternatives à l'heure où la question du climat, du productivisme agricole, de l'épuisement des sols et de l'effondrement de nombreuses populations animales conduit à l'élaboration de nouveaux savoirs du vivant et de ses interdépendances.
L'économie politique devient une discipline autonome à la fin du XVIIIe siècle en France et en Angleterre. Elle se caractérise dès l'origine par une volonté, à l'instar des sciences exactes, de raisonner sur des abstractions et des grandeurs mesurables. Son triomphe occulte alors d'autres approches très différentes qui définissent l'économie comme la relation entre le milieu et les espèces : la "science du commerce" et la "physique oeconomique". La science du commerce rejette toute connaissance produite dans le cabinet du philosophe. Ce sont les praticiens possédant des savoirs vernaculaires qui sont les vrais savants : artisans, fermiers, marchands et grands négociants. Pour tirer le parti maximum d'un déterminisme naturel donné - un "climat", ce que nous appellerions aujourd'hui un écosystème ou un milieu -, elle accumule les observations sur la géographie, les sols, les forêts, les végétaux, les animaux, les infrastructures et la marine. Elle pose les questions économiques par une discussion ouverte et invite le public à co-construire un savoir qui n'est pas le fruit d'une "découverte" par une élite seule. La "physique oeconomique" est une physique appliquée au monde naturel, lui-même pensé comme un organisme autorégulé à l'intérieur de chaque climat. Par la connaissance des propriétés des végétaux et des animaux autochtones et par l'acclimatation de plantes venues d'ailleurs, l'être humain transforme ses milieux pour mieux satisfaire ses besoins et vivre en harmonie avec les autres espèces. Il importe de ranimer ces économies alternatives à l'heure où la question du climat, du productivisme agricole, de l'épuisement des sols et de l'effondrement de nombreuses populations animales conduit à l'élaboration de nouveaux savoirs du vivant et de ses interdépendances.
Bluesman de génie oublié de tous, le vieux Morris Jones mène une vie paisible dans le delta du Mississippi. Comment imaginer qu'un magazine new-yorkais enverrait un écrivain pour l'interviewer ? Le jeune Coltrane Washington ne connaît rien au blues mais tombe sous le charme de Morris, de sa musique, de son passé... Avec une infinie douceur, Ran Walker rend un vibrant hommage à l'histoire musicale et politique des bluesmen.
Bluesman de génie oublié de tous, le vieux Morris Jones mène une vie paisible dans le delta du Mississippi. Comment imaginer qu'un magazine new-yorkais enverrait un écrivain pour l'interviewer ? Le jeune Coltrane Washington ne connaît rien au blues mais tombe sous le charme de Morris, de sa musique, de son passé... Avec une infinie douceur, Ran Walker rend un vibrant hommage à l'histoire musicale et politique des bluesmen.
Howard Thwaite, promoteur immobilier arrogant et influent, a lancé à Battersea, face à la Tamise, la construction d'un complexe d'appartements de luxe. À l'aube, arrivé sur le site avant l'embauche des travailleurs clandestins, le gardien kurde découvre au fond d'une vaste excavation deux corps ensevelis sous un monceau de pierres. L'épouse du promoteur et un collectionneur d'art, citoyen français d'origine japonaise, sont identifiés. Le sergent Khal Drake, musulman, enquête, flanqué contre son gré d'une psychologue anglo-iranienne, Ray Crane. Ni l'un ni l'autre ne sont blancs. Crane songe à la lapidation, châtiment prévu par la charia. Drake lorgne du côté de la cité multiraciale de Freetown et de l'incendie d'une mosquée jadis synagogue. Sur fond de tensions communautaires et d'argent nouveau venu d'ailleurs, Bilal dresse le portrait cinglant d'une société anglaise divisée, aux repères traditionnels brouillés.
Howard Thwaite, promoteur immobilier arrogant et influent, a lancé à Battersea, face à la Tamise, la construction d'un complexe d'appartements de luxe. À l'aube, arrivé sur le site avant l'embauche des travailleurs clandestins, le gardien kurde découvre au fond d'une vaste excavation deux corps ensevelis sous un monceau de pierres. L'épouse du promoteur et un collectionneur d'art, citoyen français d'origine japonaise, sont identifiés. Le sergent Khal Drake, musulman, enquête, flanqué contre son gré d'une psychologue anglo-iranienne, Ray Crane. Ni l'un ni l'autre ne sont blancs. Crane songe à la lapidation, châtiment prévu par la charia. Drake lorgne du côté de la cité multiraciale de Freetown et de l'incendie d'une mosquée jadis synagogue. Sur fond de tensions communautaires et d'argent nouveau venu d'ailleurs, Bilal dresse le portrait cinglant d'une société anglaise divisée, aux repères traditionnels brouillés.
Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique postcoloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.
À Paris, le promeneur déambule au milieu d'innombrables souvenirs de batailles livrées aux quatre coins du monde, autrefois célébrées à travers des spectacles, des monuments, ou inscrites dans la pierre ou le métal. Ces arcs de triomphe dont on n'avise plus les motifs, ces noms de rues qui n'évoquent rien, ces monuments de bronze qui verdissent, qu'en faire aujourd'hui ? Peut-être, simplement, les regarder en face. Tenter de les lire, la candeur en moins, avec la même intensité que ceux qui les ont voulus ici. Comprendre aussi ce qui les a rendus presque indéchiffrables. Pratiquer de la sorte une histoire de plein vent : cette histoire qui fait dialoguer le savoir et l'espace, la ville et les livres, qui accroît le désir de connaissance en même temps que le nombre des pas. S. V. Sous la direction de Sylvain Venayre Photographies de Martin Argyroglo En partenariat avec la " Petite Égypte "
En Irak, Charles Sprague a sauvé la vie de Frank Decker. Aujourd'hui, l'heure est venue pour Frank de prouver sa reconnaissance : Kim, la superbe, la parfaite épouse de Charles, s'est volatilisée dans un luxueux centre commercial de Miami. La spécialité de Frank, c'est de retrouver les personnes disparues. Pour récupérer Kim, il sillonne l'Allemagne, où une bande de mafieux ukrainiens tient un florissant réseau de call-girls. Au fil de sa quête, sa loyauté envers Charles est mise à rude épreuve : son ami milliardaire ne fréquente pas seulement la jet-set, mais aussi des gangsters. Et Kim n'est pas forcément l'ange blond que l'on croyait. Il y a de la trahison dans l'air. Reste à savoir qui est le vrai traître... Fils d'un marin et d'une bibliothécaire, Don Winslow, né en 1953, a fait des études de journalisme à l'université du Nebraska. Il a beaucoup voyagé avant de s'établir à New York pour écrire, gagnant sa vie comme gérant de cinéma, détective privé et guide de safari. Cartel, le plus célèbre de ses dix-huit romans traduits en une vingtaine de langues, sera bientôt adapté au cinéma par Ridley Scott. Don Winslow vit à San Diego, paradis du surf. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc " Un véritable page turner, propulsé par une action constante. " Hamburger Abendblatt
Dans les années 1990, Ray Campbell s'installe au Lubanda, État imaginaire d'Afrique noire, pour le compte d'une ONG. Sa vision de ce que devrait être l'aide occidentale ne rencontre pas l'approbation de Martine Aubert, née et établie au Lubanda, pays dont elle a adopté la nationalité. Elle y cultive des céréales traditionnelles dans la ferme héritée de son père belge, et pratique le troc. Tant que règne le bon président Dasaï, élu démocratiquement, Martine vit en harmonie avec la population locale. Mais tout bascule quand des rebelles instaurent un régime de terreur : elle devient alors une étrangère " profiteuse ". Sommée de restituer ses terres ou de partir, elle se lance dans une lutte vaine contre le nouveau pouvoir en place avant d'être sauvagement assassinée sur la route de Tumasi. Campbell, amoureux transi de l'excentrique jeune femme, rentre en Amérique. Vingt ans plus tard, devenu le florissant patron d'une société d'évaluation de risques, il apprend le meurtre, dans une ruelle de New York, de Seso, son ancien boy et interprète. Voilà qui rouvre de vieilles plaies et ravive plus d'un souvenir brûlant. Ayant établi que Seso détenait des documents relatifs à la mort de Martine, il retourne au Lubanda pour confronter les coupables. Né en 1947 en Alabama, Thomas H. Cook a quitté à dix-sept ans sa petite ville pour New York, qui le fascinait. Devenu professeur d'histoire, et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta, il est l'auteur de vingt-cinq romans policiers troublants, dont Au lieu-dit Noir-Étang, lauréat d'un Edgar Award et du prix des Lecteurs de Points. Il partage son temps entre Cape Cod et Culver City. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc " Cook capte à merveille les remous d'un pays perturbé par la crise politique. " Kirkus
Sam et Sandrine Madison enseignent tous deux –; elle l'histoire et lui la littérature –; à l'université Coburn, en Géorgie. La nuit où Sandrine succombe à un mélange de vodka et de Demerol, on peut croire à un suicide. Le comportement singulier de Sam lui vaut cependant d'être accusé du meurtre de sa femme, malgré l'absence de preuve. Aux premières heures du procès, tout est envisageable : Sam semble sincèrement effondré et, à l'entendre, Sandrine avait de bonnes raisons de vouloir mourir. Pour autant, il n'est pas impensable qu'il l'ait tuée : plusieurs témoignages éclairent l'affaire d'un jour nouveau qui ne lui est pas favorable. Les souvenirs de l'accusé, qui se déploient en contrepoint des attaques du procureur et des arguments de l'avocat de la défense, brossent un paysage conjugal d'une extrême complexité, embrouillant le jugement du lecteur. Des deux conjoints, lequel a manipulé l'autre? Plus qu'un " roman de prétoire ", Le Dernier Message de Sandrine Madison est, pour reprendre l'impeccable formule de Joyce Carol Oates, " l'autopsie d'un mariage... mais aussi une histoire d'amour inattendue ". Né en 1947 en Alabama, Thomas H. Cook a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta avant de se consacrer entièrement à l'écriture. En 1996, un Edgar Award a récompensé Au lieu-dit Noir-Étang (Seuil, 2012), et Le Dernier Message de Sandrine Madison est finaliste de l'édition 2014. L'auteur partage son temps entre New York et le cap Cod. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
Thomas H. Cook La Fureur de la rue Traduit de l'anglais (Etas-Unis) par Philippe Loubat-Delranc 1963, Birmingham, Alabama. Alors que le sergent Ben Wellman est chargé de surveiller Martin Luther King pendant l'un de ses discours dans une église baptiste, il reçoit un appel : une petite fille noire de douze ans a été découverte, violée et assassinée, sur un ancien terrain de sport. Sa hiérarchie le charge du dossier, mais ce n'est pas une priorité pour la police. Wellman se heurte aussi à la communauté noire qui se méfie de lui et n'apprécie guère, en pleines tensions raciales, de voir un Blanc s'immiscer dans ses affaires. Tandis que les manifestations de rue se succèdent, rythmées par les discours de Martin Luther King, Wellman mène une enquête qui l'entraînera au bout de l'enfer où ni les Noirs ni les Blancs n'ont intérêt à ce que le meurtre soit résolu... Né en 1947 dans une petite ville d'Alabama, Thomas H. Cook a étudié l'histoire à l'université Columbia de New York avant de l'enseigner quelque temps. Secrétaire de rédaction au magazine Atlanta, il s'est vite tourné vers l'écriture, publiant une trentaine de romans où le meurtre n'est qu'un des aspects de la noirceur de l'âme humaine. Un Edgar Award et le prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points (2013) ont récompensé Au lieu-dit Noir-Étang... Il vit à aujourd'hui à Los Angeles.
Boxe est né de la rencontre de Jacques Henric avec le boxeur français d'origine guadeloupéenne Jean-Marc Mormeck. Plusieurs fois champion du monde dans la catégorie lourds-légers, celui-ci souhaitait remettre en jeu son titre dans la ville de Kinshasa, là où se déroula en 1974 le match du siècle, Ali contre Foreman. L'écrivain devait l'accompagner en vue de produire le récit de ce combat. Mais le projet échoue. Jacques Henric se lance alors dans l'écriture d'un livre sur la vie et les combats des grands pugilistes de l'histoire de la boxe, Georges Carpentier, Al Brown, Marcel Cerdan, Ray Sugar Robinson, Mohamed Ali, Sonny Liston, Jake LaMotta, Carlos Monzón, Mike Tyson, beaucoup d'autres, et bien sûr, Jean-Marc Mormeck. Sa passion pour ce sport, qui est plus qu'un sport, conduit Jacques Henric à revenir sur les événements marquants de son enfance et de son adolescence. Mais Boxe est aussi un livre qui, à travers les biographies de figures glorieuses et déchues, touche à de grands thèmes : le mal, la violence, le racisme, le sexe, la prostitution, les religions, les guerres, les génocides. Le prix Médicis essai 2016 a été attribué à Boxe de Jacques Henric.
Seul Thomas H. Cook sait entraîner ses lecteurs si loin au cœur des ténèbres. Chicago Tribune Philip Anders, critique littéraire, s'interroge : pourquoi son ami l'écrivain Julian Wells s'est-il tranché les veines dans une barque, au milieu de l'étang de sa propriété des Hamptons ? Le suicide est irréfutable, ses raisons impénétrables. En enquêtant sur leur passé commun – un voyage en Argentine du temps de la dictature militaire, au cours duquel leur jolie guide Marisol avait disparu – mais aussi sur l'œuvre de Julian, hantée par des tueurs aussi abominables qu'Erzsébet Báthory, la Comtesse sanglante, ou Tchikatilo, l'Éventreur rouge de Rostov, Anders est confronté à la part d'ombre de celui qu'il admirait tant. Et si ce suicide n'était pas le seul crime de Julian Wells ? Thomas H. Cook se révèle plus manipulateur que jamais dans ce roman où les mensonges entre amis et les desseins troubles tissent une toile d'une ambiguïté insoutenable. Né en 1947 en Alabama, Thomas H. Cook a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta avant d'écrire une vingtaine de romans policiers subtils et troublants, dont Au lieu-dit Noir-Étang (Seuil, 2012), lauréat d'un Edgar Award. Il partage son temps entre Cape Cod et Culver City. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
Tout commence par un appel téléphonique, une nuit neigeuse de février. Couchée dans son lit, la jeune Sylvie Mason entend ses parents au téléphone à l'autre bout du couloir. Ce n'est pas la première fois qu'on les appelle si tard car ils ont une occupation pour le moins inhabituelle : ils prêtent main-forte aux « âmes tourmentées » pour les aider à retrouver la paix. Mais cette fois, Sylvie sent que cet appel n'est pas comme les autres, d'autant qu'on les convainc de se rendre à la vieille église à l'orée de la ville. Là, ses parents disparaissent, l'un après l'autre, par les portes rouges de l'édifice, laissant Sylvie seule dans la voiture. Bientôt, elle s'endort... réveillée un peu plus tard par des coups de feu. Au fil du roman, qui oscille entre les années ayant mené à cette nuit-là et les mois qui suivirent, la jeune Sylvie n'aura de cesse de chercher les réponses aux questions qui la harcèlent, quitte à découvrir des secrets qui hantent sa famille depuis des années. Alliant le sens dérangeant de l'étrange d'un Stephen King et la tendresse fantasque d'un John Irving, Pitié pour leurs âmes nous est raconté par la voix captivante d'une jeune héroïne bien décidée à découvrir la vérité sur ce qui s'est réellement passé cette nuit d'hiver. Traduit de l'anglais par Philippe Loubat-Delranc
Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre : son église, son port de pêche et son école de garçons fondée par Arthur Griswald qui la dirige avec probité. L'arrivée à Chatham School de la belle Mlle Channing, prof d'arts plastiques, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts. Henry, le fils adolescent de Griswald, est vite fasciné par celle qui l'encourage à " vivre ses passions jusqu'au bout ". L'idéal de vie droite et conventionnelle que prône son père lui semble désormais un carcan. Complice muet et narrateur peu fiable, il assiste à la naissance d'un amour tragique entre Mlle Channing et son voisin M. Reed, professeur de lettres et père de famille. Il voit en eux " des versions modernes de Catherine et de Heathcliff ". Mais l'adultère est mal vu à l'époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : " Que s'est-il réellement passé au Noir-Étang ce jour-là ? " Utilisant avec une subtilité machiavélique la palette des apparences, des dits et des non-dits, Thomas H. Cook allie à une tragédie passionnelle digne des classiques du XIXe siècle un suspense d'une ambiguïté insoutenable. Né en 1947, Thomas H. Cook a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta avant de se consacrer au roman. Il vit à New York et au cap Cod. Un Edgar Award a récompensé Au lieu-dit Noir-Étang... Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
LA PREMIÈRE ENQUETE DE FRANK DECKER Frank Decker, sergent de police à Lincoln, Nebraska, capte sur sa radio de service un " Code 64 ", soit un avis de disparition : Hansen, Hailey Marie. Afro-américaine. Âgée de cinq ans. Un mètre six. Seize kilos huit. Cheveux bruns, yeux verts. Personne n'a rien vu, rien remarqué, rien entendu. Près de la moitié des enfants assassinés par leur ravisseur sont tués dans l'heure qui suit leur enlèvement et Decker sait juste que Hailey s'est volatilisée avec Magique, son petit cheval en plastique. Fouilles et interrogatoires, brigade cynophile, battues avec l'aide des flics des comtés voisins : la police fait de son mieux. Jusqu'à un certain point. Car personne ne l'admet, mais on remue ciel et terre pour retrouver les petites filles blondes, pas les enfants métis de mère modeste et alcoolique. C'est alors que Decker donne sa démission, fait son sac et part sur les routes à la recherche de Hailey. Une quête désespérée et solitaire de plusieurs mois, de motels en stations-service, jusqu'à New York et son annexe pour VIP, les Hamptons. Et là, tout bascule... Né à New York en 1955, Don Winslow a étudié l'histoire à la fac avant d'exercer divers métiers : acteur, gérant de cinéma, guide de safari et détective privé –; le plus formateur pour l'auteur de thrillers qu'il est devenu. Parmi ses seize romans, on compte le chef-d'œuvre La Griffe du chien, et Savages, porté à l'écran par Oliver Stone. Il vit aujourd'hui à San Diego. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
New York, 1958. Jadis, Walter Withers a bossé pour la CIA. De retour dans sa ville natale, il est devenu détective privé. Lors d'un cocktail donné à la veille de Noël par le sénateur Joe Kenneally et son épouse Madeleine, il est censé protéger celle-ci. En réalité, on le paie pour servir d'écran aux activités extra conjugales du futur candidat démocrate à l'élection présidentielle ... Jusqu'au matin où la pulpeuse maîtresse du sénateur est retrouvée morte d'une overdose dans sa chambre du Plaza, réservée au nom de Withers... L'heure est venue pour l'ancien agent, s'il veut s'extraire de ce guêpier, de mettre à profit son expérience passée. Mais il n'avait pas soupçonné l'ampleur du traquenard à multiples facettes dont J. Edgar Hoover, patron du FBI, est l'un des acteurs menaçants. Élégant, sexy, d'une violence feutrée et d'un humour désenchanté, ce roman d'espions " vintage " est un magnifique hommage au Manhattan de la fin des années 50, quand les boîtes de jazz du Village battaient leur plein. Et l'on y découvre, derrière les paillettes et les coupes de champagne, l'impitoyable course au pouvoir d'un sénateur ambitieux. Né à New York en 1953, Don Winslow a fait des études universitaires d'histoire puis exercé divers métiers : acteur, gérant de cinéma, guide de safari et détective privé –; le plus formateur pour l'auteur de thrillers qu'il est devenu. Parmi ses 15 romans, on compte le chef d'œuvre La Griffe du chien, et Savages, porté à l'écran par Oliver Stone. Il vit aujourd'hui à San Diego. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
Il y a sept ans, le corps de Teddy, le jeune fils de l'écrivain voyageur George Gates, a été repêché dans la rivière. On n'a jamais retrouvé le meurtrier. Depuis, Gates rédige des portraits de personnalités locales pour le journal de la petite ville de Winthrop où il s'est retiré. Et passe ses soirées au bar O'Shea's, accablé par le souvenir de cette journée terrible où il n'est pas allé chercher Teddy à l'arrêt du bus... Lorsqu'un flic à la retraite, jadis spécialisé dans les personnes disparues, lui parle de Katherine Carr, poétesse vue pour la dernière fois vingt ans plus tôt, près d'une grotte au bord de la rivière, il sort de sa torpeur. Katherine Carr s'est volatilisée, laissant un texte - fiction, expérience vécue? - qui va amener Gates à reconsidérer le drame de son fils et ses propres interrogations. Récit dans le récit où le surnaturel fait une incursion troublante, roman atmosphérique aux résonnances gothiques: L'Etrange destin de Katherine Carr donne des frissons dans le dos. Né en 1947 en Alabama, Thomas H. Cook vit au cap Cod et à New-York. Il a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta. Avant de commencer son premier roman policier, il n'en avait pas lu un seul. Depuis, il en a écrit vingt-six. Un Edgar Award a récompensé Au Lieu-Dit Noir-Etang..., publié au Seuil. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
Juillet 2005 : un corps nu, déchiqueté par les roues de la locomotive du premier Portsmouth-Londres du matin, ouvre le bal. Dans un tunnel de cinq cents mètres. Vite, l'idée du suicide peut être écartée. Joe Faraday, promu inspecteur-chef, dirige l'enquête dont le premier objectif sera de découvrir à qui appartiennent les morceaux de corps... De son côté, Paul Winter, miraculeusement remis de son opération au cerveau, doit recouper les listes de personnes disparues susceptibles d'être la victime. Cela le mène sur la piste d'un étrange activiste politique, et une fois de plus, trop près de Bazza Mackenzie, le caïd de Portsmouth. On soupçonne Winter de frayer avec l'ennemi, mais il n'est pas le seul à approcher la mauvaise pente... Traduit de l'anglais par Philippe Loubat-Delranc