Philippe Lacoue-labarthe
Philippe Lacoue-labarthe
Tout le monde connaît Antigone, jeune fille intrépide attachée aux valeurs familiales, l'ensevelisseuse qui incarne les lois non écrites et le droit du sang, l'obstinée, la résistante, celle qui dit non au pouvoir établi. Ou plutôt, tout le monde croit la connaître. Car il y a des Antigones - pour reprendre la formule de George Steiner - multiples et paradoxales. Reflet de cette figure complexe, la littérature occidentale offre, depuis Sophocle, une multitude de versions, traductions et interprétations, penchant, tour à tour, pour une vision chrétienne, politique, féministe, psychanalytique... Prêtresse de l'amour pur, mais d'un amour extrême, presque absurde, Antigone est aussi la figure de la démesure et de la transgression, à la fois (trop) innocente et (pas assez) coupable. À cette folie de la démesure, la danse contemporaine de Mathilde Monnier donne corps et mouvement. Le désir absolu et mortifère - proche à s'y méprendre du désir de l'hystérique - et la faute tragique d'Antigone ne se résolvent que dans la mort. Une lumière d'Antigone, adaptée au monde mouvant d'aujourd'hui, nous souffle Henry Bauchau. Mais la lumière Antigone est parfois une lumière noire...
Friedrich Hölderlin, poète allemand majeur, revisité par le philosophe Philippe Lacoue-Labarthe dans un entretien rare. Cet ebook éclaire l’œuvre et la vie de Hölderlin, dont l’influence persiste dans la pensée contemporaine.
« Je ne suis "entré en philosophie" que pour avoir subi le coup ou le choc de la pensée de Heidegger. Presque au même moment j'ai appris que Heidegger avait adhéré au nazisme. Et je dois avouer que, comme beaucoup d'autres, je ne m'en suis jamais remis. Quelle que soit l'admiration qui fut (et reste) la mienne à l'égard de la pensée de Heidegger, de cette adhésion je ne peux, et je n'ai jamais pu, politiquement et plus que politiquement, m'accommoder. Ce petit livre essaie en somme d'expliquer pourquoi.» Paru aux premiers jours de 1988, dans un contexte où le « cas Heidegger » était sur le devant de la scène française, ce livre, qui concentre les enjeux d'une recherche au long cours, répond aussi, par les post-scriptum qui le scandent, à des objections. Il fait porter le débat sur la responsabilité politique radicale de la philosophie dans l'Extermination et met en cause l'Occident dans son essence. Surtout il s'avance dans une approche des rouages de cette violence exterminatrice, en particulier avec le concept de national-esthétisme élaboré dans le sillage de Walter Benjamin et Bertolt Brecht. La réédition d'un texte de référence qui éclaire le rapport de la pensée au politique.
Les deux dialogues composant ce volume appartiennent à ce moment où, pour les auteurs, l'interrogation philosophique sur le politique croisait les faisceaux de questions mises en avant par la psychanalyse. À la lumière de l'approche freudienne du phénomène politique, ce sont les conditions de possibilité de l'existence collective qui sont interrogées. Dès lors qu'a pu être éloignée l'imposition d'une Figure (Dieu, Père, Chef, Peuple), comment et sur quoi étayer un être-ensemble capable d'échapper au délitement et à la panique ?
Avant de faire époque dans la littérature et dans l’art, avant de représenter une sensibilité ou un style (dont on annonce régulièrement le « retour »), le romantisme est d’abord une théorie. Et l’invention de la littérature. Il constitue même, très exactement, le moment inaugural de la littérature comme production de sa propre théorie – et de la théorie se pensant comme littérature. Par là, il ouvre l’âge critique auquel nous appartenons encore. Poétique où le sujet se confond avec sa propre production, et Littérature close sur la loi de son propre engendrement, le romantisme (nous, en somme), c’est le moment de l’absolu littéraire. Cela s’est joué vers 1800, à Iéna, autour d’une revue (l’Athenaeum) et d’un groupe (celui des frères Schlegel). Or, depuis bientôt deux cents ans que ce moment a eu lieu, pratiquement aucun des textes majeurs où s’est effectuée une telle opération n’a été traduit en français. La première ambition de ce livre est, par conséquent, de donner à lire certains d’entre eux. Mais comme la contrainte que le romantisme exerce sur nous est à proportion de la méconnaissance où il a été tenu, on a voulu, chaque fois, accompagner ces textes et en prendre, à notre usage, la mesure théorique. Question, tout simplement, de vigilance : car au fond « l’absolu littéraire », n’est-ce-pas ce qui hante, encore aujourd’hui, notre demi-sommeil théorique et nos rêveries d’écritures ? Ph. L.-L. et J.-L. N. La traduction et l’annotation des textes ont été assurées avec la collaboration de Anne-Marie Lang.
Ce livre rassemble les textes sur la musique écrits par Philippe Lacoue-Labarthe entre 1969 et 2005. Par-delà leur diversité de ton ou d'accroche, leur préoccupation commune est de chercher à comprendre l'existence même de la musique : pourquoi existe-t-elle et de quoi est-elle en nous la déposition active, sans fin recommencée ? On retrouvera au fil du livre les motifs qui hantèrent la pensée de l'auteur : l'écoute, le rythme, la voix, l'écho - c'est aussi d'une puissance d'émotion qu'il est continûment question dans ces pages. « J'aimerais en somme saisir, si cela peut se savoir, ce qui arrive lorsqu'on remonte de Narcisse à Écho - me posant cette simple question : qu'est-ce qu'un retentissement ou une résonance ? » Édition établie par Aristide Bianchi et Léonide Kharlamov Collection « Détroits ».
Si l'homme est bien « l'existant qui présente », alors il lui aura fallu inventer les outils et les formes de cette présentation : le langage, le dialogue, la représentation. Mais quels sont les enchaînements et les limites de ces formes ? Et comment le théâtre, qui les rassemble, peut-il, via l'espacement de la scène, ne pas les trahir ? Ce sont ces questions qui trament les deux dialogues ici reproduits : Scène, qui fut publié en 1992 dans la Nouvelle revue de Psychanalyse, et Dialogue sur le dialogue, qui date de 2004 et qui en fut le prolongement. Deux moments de haute intensité du travail en commun mené par les deux philosophes.
Les modifications profondes de notre système socio-culturel font émerger des questions éthiques nouvelles, à l'intérieur de toutes les disciplines qui ont l'homme pour objet, telles l'esthétique, la philosophie, la politique, le droit, la médecine. Pour comprendre ces questions, par-delà leur « actualité ponctuelle », dans le flux vivant de leur constitution, leur approche doit être patiente, complexe, parfois aussi éprouvante qu'une initiation au parcours du labyrinthe. C'est cette tâche difficile que les auteurs de ce livre ont tenté d'amorcer. Leurs contributions sont issues du cycle de leçons publiques qui ont été organisées durant l'année académique 1984-1985, par l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles.
«uvre de philosophie et non d'histoire, Le mythe nazi interroge la logique spécifique du nazisme en tant qu'elle peut nous rendre attentifs à certaines possibilités de notre histoire occidentale.» L'Homme et la Société «Une mise en garde contre l'idée que notre époque ne pourrait à son tour être sauvée que par le recours à de nouveaux mythes, de nouveaux rêves.» Lire «Pourquoi et comment le recours au mythe a été au coeur de la pratique politique et sociale du nazisme.» Le Monde «À lire absolument.» Bulletin critique du livre français Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe (mort en 2007) sont deux philosophes nés en 1940. Enseignants à l'université de Strasbourg, ils ont beaucoup travaillé et publié ensemble, notamment L'Absolu littéraire (Le Seuil, 1978) ou L'«Allégorie» suivi de Un Commencement (Galilée, 2006).