Philippe Brun
Philippe Brun
Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal.
Thomas et Pauline, deux cœurs brisés par un secret d’enfance, se retrouvent des années plus tard. Leur histoire d’amour, entre fuite et résilience, interroge : peut-on vraiment tourner la page ?
Le renne a joué, et joue encore, le rôle principal de l'histoire des régions arctiques. Autour de lui, au cours des âges, des civilisations où des peuples se sont groupés, qui par leur isolement, sont restés longtemps inconnus. Les hommes du renne, dans la solitude glacée de la toundra, ont fait figure de «primitifs attardés». Certains portent en réalité les derniers fruits de civilisations qui ont formé la nôtre ; d'autres, avant-garde des envahisseurs finnois ou mongols, attestent l'extension de cultures qui n'ont pas encore atteint leur apogée. Chasseurs ou pâtres, tous ont trouvé dans le renne le fondement de leur établissement sur les terres du Grand Nord. C'est en prenant pour fil conducteur l'histoire zoologique du renne, qu'André Leroi-Gourhan nous dresse une peinture aussi vraie et vivante que possible d'un grand effort humain : la Civilisation du renne.