Philippe Bouquillion
Philippe Bouquillion
Peu de travaux tentent d'aborder la question de la diversité à partir d'une analyse des logiques d'industrialisation et de marchandisation à l'oeuvre au sein des industries culturelles (presse et information, édition, musique enregistrée, cinéma et audiovisuel). Les discours sur la diversité culturelle sont au coeur de la contribution des industries culturelles à la construction des rapports sociaux et politiques.
Les industries de la culture, de l'information et de la communication (ICIC) connaissent de puissantes mutations. A la concentration, à la financiarisation et à la mondialisation s'ajoutent les développements du Web. Quels sont les enjeux de ces mutations pour la configuration de contenus, pour la diversité culturelle et le pluralisme de l'information mais aussi pour l'éducation, qui connaît également des processus d'industrialisation? Comment ces mutations accompagnent-elles les mutations sociales, politiques et idéologiques?
Mohammed Harbi, né en 1933 à El-Arrouch, est aujourd'hui le meilleur historien de l'Algérie contemporaine : ses nombreux travaux, comme ses prises de position publiques, sont autant de références incontournables. Mais il a été aussi un combattant de la première heure pour la libération de son pays, et il a joué un rôle important dans les premières années de l'indépendance, épisodes sur lesquels il était toujours resté très discret. C'est pourquoi ce premier tome de ses mémoires, attendues depuis plusieurs années, constitue un livre-événement : à la fois chronique subjective de la vie d'un " homme debout " et étude historique rigoureuse, il est nourri de documents et de témoignages inédits qui lèvent le voile sur bien des secrets. Dans ce récit plein de vie et chaleureux, M. Harbi évoque ses engagements d'adolescent dans les années quarante et son apprentissage politique. Sans perdre sa distance critique d'historien, il retrace la mobilisation des jeunes lycéens dans le MTLD, puis l'épopée de la Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération - sur laquelle il apporte des révélations qui surprendront. Viennent ensuite la Tunisie du GPRA, avec ses conflits internes, puis Le Caire, la Guinée, et enfin l'année 1962 à Alger, où s'achève une odyssée et où commence une autre qui ira de l'illusion lyrique à la fermeture autoritaire. Par la force du témoignage, par les secrets douloureux d'une période historique décisive qu'il révèle, ce livre apporte un éclairage unique pour comprendre l'extraordinaire complexité de la société algérienne, et les drames qui la déchirent aujourd'hui.
Sur une grande partie de la planète, la question des industries créatives est désormais inscrite à l'agenda des politiques publiques des collectivités territoriales, des États et des grandes organisations internationales. Et pourtant, les réalisations auxquelles elles ont donné lieu n'ont pas connu que des succès depuis leur émergence, en Grande-Bretagne, au milieu des années quatre-vingt-dix. Quant aux justificatifs avancés pour les soutenir, émanant souvent d'experts ou de publicistes, ils méritent pour le moins d'être discutés. Les auteurs ont choisi d'appréhender ces nouvelles industries sous l'angle des industries culturelles et médiatiques, dont ils sont des spécialistes, et dont les traits spécifiques remontant à plus de deux siècles se sont renforcés depuis quarante ans. Cette grille de lecture les conduit à tester la consistance des filières en place (livre, musique enregistrée, cinéma et audiovisuel, information de presse), à identifier deux filières nouvelles (les jeux vidé