Penone Giuseppe
Penone Giuseppe
Respirer l'ombre est la part devolue au langage du surprenant dialogue, pour le reste prioritairement fait de gestes, avec ce que nous appelons la nature, entame par l'artiste voici plus de trente-cinq ans. Un dialogue dont on remarquera qu'il est toujours mezzo voce : la conscience qu'a Penone d'une fraternite avec les pierres ou les plantes (il sait, comme Klee, que l'homme est nature, morceau de nature dans l'aire de la nature), sa familiarite decontractee avec l'Antiquite (l'Italie n'est-elle pas ce pays ou l'histoire de l'art tient lieu d'histoire tout court ?) le fait converser d'egal a egal avec l'arbre et le ruisseau, tutoyer leurs divinites tutelaires (empruntees surtout au pantheon greco-romain, mais s'y invite ici ou la un dieu exotique). Respirer l'ombre peut se lire comme un recueil de recits mythiques, de paraboles fondatrices, sans qu'on puisse y deceler la moindre trace de pathos ou de grandiloquence ; le mythe prend des allures du haiku cher a Roland Barthes, et les textes de Penone parlent des choses cachees et des commencements du monde avec la precision econome et discrete d'un journal de bord. »
Respirer l'ombre est la part devolue au langage du surprenant dialogue, pour le reste prioritairement fait de gestes, avec ce que nous appelons la nature, entame par l'artiste voici plus de trente-cinq ans. Un dialogue dont on remarquera qu'il est toujours mezzo voce : la conscience qu'a Penone d'une fraternite avec les pierres ou les plantes (il sait, comme Klee, que l'homme est nature, morceau de nature dans l'aire de la nature), sa familiarite decontractee avec l'Antiquite (l'Italie n'est-elle pas ce pays ou l'histoire de l'art tient lieu d'histoire tout court ?) le fait converser d'egal a egal avec l'arbre et le ruisseau, tutoyer leurs divinites tutelaires (empruntees surtout au pantheon greco-romain, mais s'y invite ici ou la un dieu exotique). Respirer l'ombre peut se lire comme un recueil de recits mythiques, de paraboles fondatrices, sans qu'on puisse y deceler la moindre trace de pathos ou de grandiloquence ; le mythe prend des allures du haiku cher a Roland Barthes, et les textes de Penone parlent des choses cachees et des commencements du monde avec la precision econome et discrete d'un journal de bord. »