Pauline Lemaigre-Gaffier
Pauline Lemaigre-Gaffier
Les cours princières et royales ont été dans toute l'Europe moderne, de Lisbonne à Saint-Pétersbourg, le creuset de développements et d'échanges politiques, diplomatiques, sociétaux et artistiques sans précédent qui ont marqué l'histoire et la culture des Etats. Ce voyage qui nous conduit à travers l'Europe des cours nous fait découvrir les caractéristiques de chacune d'elles. Celles de la Renaissance sont présentées ici dans une perspective généalogique qui ouvre sur l'étude de l'exceptionnel épanouissement des cours des xviie et xviiie siècles et la remise en perspective de l'une des plus illustres : Versailles. Siège de la monarchie, la cour devint au xviie siècle dans toute l'Europe une institution politique, qui réunit autour de la figure du souverain absolu les plus hauts personnages politiques, financiers ou religieux du royaume. Avec les courtisans, elle constitue désormais une société à part entière, encadrée par une étiquette stricte. Lieu de pouvoir, elle s'inscrit dans des espaces spécifiques : palais, ville, résidence régionale... Mais les cours sont aussi des centres d'innovations culturelles : des jardins à la gastronomie, de la mode aux spectacles et aux fêtes, elles ont fait naître de nouvelles formes de culture et crée des identités fortes. Et s'il y a bien eu un esprit d'universalisme intellectuel et artistique grâce aux échanges féconds entre les différentes nations, chacune des cours européennes a représenté un espace particulier, quand s'affirmaient avec toujours plus de force les identités nationales. Agrémenté d'anecdotes, de citations et d'un cahier d'images en couleur, cet ouvrage nous fait redécouvrir une Europe bouillonnante à travers les figures de grands souverains : Louis, XIV, Louis XV, mais aussi Catherine II de Russie, Frédéric II de Prusse, Marie-Thérèse d'Autriche, Charles II d'Espagne...
Sacre et couronnement, lever et coucher du souverain, comédies, concerts et autres divertissements de la cour, mariages, funérailles princières... Les Menus Plaisirs du Roi étaient chargés de l'organisation du cérémonial, au quotidien, notamment au château de Versailles, comme des rituels d'État. Nous sommes ici au coeur du grand spectacle que la monarchie donne d'elle-même, au coeur de la fabrique de l'image et de l'imaginaire de la souveraineté, pour manifester, mais aussi pour combler le fossé qui sépare le corps mortel du prince de la dignité immortelle et sacrée qu'il incarne.C'est la première fois que l'administration des Menus Plaisirs est l'objet d'une étude qui, à partir d'une approche inédite des archives, s'inscrit pleinement dans le renouvellement de l'histoire politique et culturelle de l'État royal. Au siècle des Lumières, cette institution méconnue est d'autant plus importante qu'elle assume à la fois le service du souverain, à Versailles, et celui du public, à Paris, par sa tutelle de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne.Du règne finissant de Louis XIV à celui de Louis XVI, placés au centre de la Maison du Roi, mais aussi de la monarchie dite « administrative », les Menus Plaisirs permettent de mieux comprendre, de l'intérieur en quelque sorte, le fonctionnement de l'État et « l'esprit des institutions » de l'Ancien Régime.Ancienne élève de l'École Normale Supérieure et agrégée d'histoire, Pauline Lemaigre-Gaffier est maître de conférences en histoire moderne à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. La thèse dont cet ouvrage est issu a reçu en 2012 le prix Benabou / Aguirre-Basualdo décerné par la Chancellerie des Universités de Paris.