Paul Nizan
Paul Nizan
"Antoine Bloyé" retrace l'ascension sociale d'un fils de simple cheminot. Le monde du travail dessine l'armature sociale d'Antoine Bloyé, qui s'élève dans la hiérarchie de la compagnie, au fil des mutations et des déménagements, habite des demeures plus cossues et entre dans une bourgeoisie qu'il adopte. Empruntant beaucoup à la vie réelle de son père, Paul Nizan poursuit ici sa dénonciation de la bourgeoisie. La trahison y occupe une position centrale: changer de classe, c'est non seulement rompre avec un lieu et avec une culture, mais aussi trahir les siens et se trahir, en franchissant la ligne qui sépare les oppresseurs des opprimés. L'importance des thèmes de l'héritage et de la lignée apparaît pleinement dans la pause que constitue la naissance de son fils, laps de temps pendant lequel la mécanique de la répétition, des gestes, des actions et des préoccupations est interrompue. Il délaisse l'usine et le travail pour envisager sa propre mort et considérer son passé: «Antoine pense souvent à sa propre mort, qui viendra, et il contemple ce fils qui n'est rien encore, qui le trahira, qui le détestera peut-être, ou qui mourra - comme la très grande puissance qui le délivrera lui-même, qui le sauvera de la mort.»
1932, Paris. Les Chiens de garde de Paul Nizan détonne : ce jeune philosophe communiste y dénonce sans détour la complicité des intellectuels bourgeois avec le pouvoir. Un pamphlet toujours brûlant, où la révolte le dispute à la lucidité.
1932, France. Les Chiens de garde de Paul Nizan dénonce sans détour la complicité des philosophes bourgeois avec le pouvoir. Un pamphlet toujours brûlant, où l'auteur appelle à une philosophie au service du peuple, pas des élites.
Paris, années 1920. Bernard Rosenthal, jeune normalien issu de la bourgeoisie juive, rêve de révolution et défie à la fois sa famille et l’ordre établi.
Joseph Nassi, juif portugais converti de force au catholicisme en 1497 et baptisé Juan Miguez, émigre aux Pays-Bas, pour fuir l'Inquisition. Il fonde la Banque d'Anvers qui étend son influence jusqu'en France et fréquente l'aristocratie proche de Charles Quint, tout en restant fidèle au judaïsme. Mais sur dénonciation, ordre est donné par l'Inquisition de l'arrêter et de saisir ses biens. Poursuivi sans relâche, de Paris à Venise, il trouve refuge à la Cour de Constantinople où il devient le confident du Sultan et l'ami intime de l'héritier du trône. Au faîte de son pouvoir, Joseph Nassi est nommé « Duc de Naxos et des Cyclades ». À la fin de sa vie, il aide ses coreligionnaires à s'installer en Terre Sainte, mais meurt assassiné dans une embuscade en 1579.
À vingt ans, Paul Nizan quitte tout pour Aden, fuyant l’ennui et le conformisme. Ce récit de voyage, pamphlet enflammé contre la bourgeoisie et l’ordre colonial, reste un cri de révolte toujours actuel.
À vingt ans, Paul Nizan quitte tout pour Aden, fuyant l’étouffement de la bourgeoisie parisienne. Ce récit de voyage, aussi pamphlet que quête de sens, reste un cri de révolte contre un monde où l’homme n’est qu’un rouage de l’économie.
Aden Arabie Paul Nizan L'incipit du roman est resté célèbre : « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. » Normalien et philosophe, Paul Nizan quitte l'École normale en 1926, et fuit l'ennui et les pesanteurs de la société française en partant loin... D'abord séduit par l'exotisme de l'Arabie, Nizan découvre à Aden le même ordre social implacable, et il est saisi par la question coloniale : « Aden est un comprimé d'Europe chauffé à blanc ». Quand il revient en Europe à l'été 1927, il a trouvé ses ennemis, les classes dominantes, l'ordre social et le règne de la loi du profit. Peu après, il adhère au parti communiste. Aden Arabie est à la fois un récit de voyage autobiographique, un essai et un pamphlet, constat de l'état du monde et dénonciation de la bourgeoisie, de sa philosophie et de sa culture. Désormais, « il ne faut plus craindre de haïr, il ne faut plus rougir d'être fanatique », car « il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien, celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée ». La conclusion de Nizan sur cet itinéraire critique est amère pour lui-même : « Avais-je besoin d'aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris. »
Paul Nizan, célèbre pour ses pamphlets comme Les Chiens de garde (1932), a aussi été un grand critique et un explorateur de la littérature durant toutes les années 1930. Dans la presse quotidienne (L'Humanité) et dans des revues (Europe), il a examiné avec passion et sagacité H.G. Wells, Steinbeck ou encore le Céline de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit, à propos de qui pas un seul de ses jugements ne pourrait être retranché aujourd'hui. Ces longs et brillants articles avaient été réunis chez Grasset en 1971, les voici pour la première fois réédités. Nizan ne croit pas à la pureté de la littérature : il cherche les moyens d'y amener ceux qui n'écrivent d'habitude pas et de créer une littérature révolutionnaire. Membre du Parti communiste, mais sans dogmatisme, il impressionne par la perspicacité de ses propos et la pugnacité de ses propositions, plus que jamais d'actualité près d'un siècle après leur publication. « Toute littérature est une propagande. La propagande bourgeoise est idéaliste (...). La propagande révolutionnaire sait qu'elle est propagande. »
Elève consciencieux et intelligent, Antoine Bloyé ira loin. Aussi loin que peut aller, à force de soumission et d'acharnement, le fils d'un ouvrier et d'une femme de ménage. Ce n'est que parvenu au faîte de sa dérisoire ascension sociale qu'Antoine Bloyé constatera à quelles chimères il a sacrifié sa vie... Dans un style dont la sobriété fait toute la puissance, Antoine Bloyé constitue un portrait féroce des moeurs et des conventions de la petite bourgeoisie de la IIIe République.
"Les Matérialistes de l'Antiquité" est un essai sur le matérialisme grec du IIIe au Ier siècle avant notre ère. Il rassemble un large choix de textes de Démocrite, Épicure et Lucrèce traduits, présentés et annotés par l'auteur. Romancier et essayiste auteur d'"Aden Arabie" et des "Chiens de garde", Paul Nizan était aussi Agrégé et enseignant de philosophie, ami entre autres de Jean-Paul Sartre. Plus que jamais d'actualité aujourd'hui, Paul Nizan écrit: «Il y a des époques où toutes les possessions humaines, les valeurs qui définissent une civilisation s'effondrent. L'accumulation des richesses économiques à un pôle de la société n'empêche pas l'appauvrissement général. Point de temps plus tragique que le temps d'Épicure. [...] Le malheur s'établit parmi les Grecs, le désordre et l'angoisse augmentent tous les jours. [...] Aux valeurs d'une grande civilisation collective se substituent des valeurs de combat, aux valeurs civiques, des valeurs d'argent. Un capitalisme du crédit se développe et les nouveaux riches étalent leurs nouvelles fortunes, au moment même où les classes moyennes [...] qui avaient été le fondement de la démocratie du Ve siècle, disparaissent. Les valeurs politiques sur lesquelles la Grèce avait vécu au temps de sa grandeur s'évanouissent.»
Ce livre tente de montrer que l'éthique psychanalytique ne se réduit pas à une déontologie nécessaire au praticien, mais qu'elle peut aider chacun à répondre à quelques questions vitales. Une des questions essentielles de la psychanalyse aujourd'hui concerne l'éthique. Il ne s'agit pas, bien sûr, de prétendre proposer des valeurs idéologiques au sujet contemporain dont on connaît le désarroi. L'auteur montre de quelle façon la psychanalyse, qui a démontré les déterminations inconscientes du sujet humain, le met cependant, pour finir, devant ses responsabilités. De la différenciation homme-femme à la critique du point de vue utilitariste, Roland Chemama reprend les questions cliniques ordinairement abordées par les psychanalystes à partir du choix éthique qui demeure celui du sujet. Roland Chemama est psychanalyste à Paris, membre de l'Association lacanienne internationale. Mise en vente le 23 août 2012
Les articles et lettres qui composent ce recueil de textes illustrent en cinq rubriques chacune des facettes de la personnalité et de l'activité de l'intellectuel engagé que fut Paul Nizan.
Les Chiens de garde est un essai de Paul Nizan paru en 1932. Contenu |...Il s'agit d'un essai pamphlétaire dirigé contre quelques-uns des philosophes les plus connus de l'époque - notamment Bergson, Émile Boutroux, Brunschvicg, Lalande, Marcel, Maritain. Pour Paul Nizan, lui-même alors jeune philosophe communiste, ces penseurs incarnent une « philosophie idéaliste », en ce sens que tous ne font qu'énoncer des vérités sur l'homme en général, et de ce fait ne tiennent aucunement compte du réel quotidien auquel chaque homme en particulier se trouve confronté : la misère matérielle, la maladie, le chômage, les guerres, etc. Pour l'auteur, qui fonde son argument en s'appuyant sur la notion marxiste de lutte des classes, ces philosophes n'ont d'autre but, au fond, que de justifier et de perpétuer les valeurs morales et socio-économiques de la classe bourgeoise. Le livre se clôt par un appel aux jeunes générations de philosophes à lutter contre la bourgeoisie et ses « chiens de garde » que sont, pour Paul Nizan, les penseurs en question, et à mettre la réflexion philosophique au service du prolétariat...| |Source Wikipédia|
Ce volume de l'édition critique des articles de Paul Nizan regroupe les textes qui vont de fin juin 1935 à mi-juillet 1936." J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. " Ces phrases célèbres de Paul Nizan ouvrant son pamphlet Aden Arabie (1931) marquaient les débuts de l'un des intellectuels les plus brillants des années 1930. Romancier talentueux, pamphlétaire acide, si Nizan se frotta à bien d'autres genres (adaptation, traduction...), l'essentiel de son temps fut dédié au journalisme, profession qu'il épousa totalement à partir de 1935. Devenu rédacteur politique au quotidien communiste L'Humanité, l'intellectuel militant va y suivre des événements essentiels comme le conflit italo-éthiopien ou les élections du Frente popular en Espagne. Il y est également critique littéraire, ainsi qu'à Monde, l'hebdomadaire d'Henri Barbusse, ou à Commune, la revue de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Ce volume se clôt au moment du déclenchement de la guerre d'Espagne. Les reportages antérieurs de Nizan montrent qu'il aura eu l'intuition d'un coup d'État imminent. Il aura aussi perçu, dans le conflit italo-éthiopien, le début d'une victoire des fascismes, face auxquels les démocraties n'affirmaient - déjà - qu'un aveuglement coupable. Ce Nizan journaliste politique, méconnu, s'offre ici au lecteur d'aujourd'hui. Si l'orthodoxie communiste habite ses articles, elle n'oblitère pas, loin de là, l'acuité de sa pensée. Document sur l'entre-deux-guerres, ce livre permet aussi d'éclairer, à bien des égards, notre époque.Textes réunis, annotés, présentés et postfacés par Anne Mathieu
Le Danube est un fleuve original à plus d'un titre : doté de deux noms - Ister dans son cours inférieur, Danube dans son cours supérieur -, sa source demeure incertaine, son embouchure difficile à discerner. A la fois frontière et lien, il mène de l'Occident à l'Orient en un parcours capricieux. Longtemps oublié, comme les rives d'Europe centrale qu'il baigne et souvent inonde, le Beau Danube bleu fut pourtant rendu célèbre par une valse de Strauss... associé à une couleur qu'il n'a jamais eue. En 1986, Claudio Magris invitait l'Europe à redécouvrir la richesse géoculturelle du bassin danubien, dans un ouvrage éponyme du fleuve qui semblait anticiper le tournant historique de 1989 - 1990. Pierre Burlaud poursuit aujourd'hui le travail de son père triestin pour partir à la recherche d'une identité indécise, à travers l'histoire, la littérature et le cinéma de plusieurs peuples.
On a redécouvert depuis peu Nizan romancier, Nizan pamphlétaire, Nizan voyageur : voici Nizan critique littéraire et théoricien de la culture. Pour la première fois se trouvent réunis en un volume les articles consacrés par le brillant intellectuel communiste des années 1932-1939 à ses illustres contemporains : Mauriac, Aragon, Malraux, Sartre, Giono, Céline, Drieu La Rochelle, ou à quelques classiques étrangers comme Dickens ou Dostoïevski. Même quand il aborde des auteurs moins importants, Nizan en tire des réflexions toujours du plus haut intérêt, tant était forte chez lui la passion de dégager à propos d'un écrivain ou d'un livre particulier un thème de portée universelle : les contradictions de la littérature catholique, les devoirs de la littérature populaire, les pièges du réalisme ou les chances du roman policier.Au-delà de la dispersion des articles commandés évidemment par la circonstance, le plus admirable est de retrouver à chaque page l'exigence d'une pensée inflexible. Pour Nizan, la critique littéraire n'était qu'une arme de l'idéologie. Maintenant que de toute part on dénonce la culture régnante comme une culture de classe, comme un instrument au service des privilèges bourgeois, Nizan apparaîtra dans son éclat de précurseur. Qu'importe alors qu'on ne soit pas toujours d'accord avec lui et qu'on puisse le juger quelquefois sévère ou injuste : la meilleure critique est celle qui a le plus de ton. La violence inspirée de Nizan lui donne une place éminente dans une famille d'esprits qui comprend Céline aussi bien que Malraux, Bernanos aussi bien que Sartre. Pour une nouvelle culture : un livre de combat, un livre de prophète, un grand livre.