Paul Jorion
Paul Jorion
Et si votre pire client était un archange aussi séduisant qu’insupportable ? Chloé, architecte humaine, se retrouve malgré elle embarquée dans une aventure surnaturelle quand elle découvre que Mickael Angelus n’est pas un simple client exigeant.
C'était il y a un an, le 14 mars 2023, date de sortie de ChatGPT4 où a été atteinte la Singularité : ce moment de l'histoire où l'intelligence artificielle, désormais autonome, connaît une progression exponentielle et dépasse l'intelligence humaine. Pour Jorion, penseur et acteur de la révolution technologique en cours, tout l'enjeu est de savoir quel lien l'humain saura établir avec cette intelligence qui le dépasse. De cette inconnue dépend notre futur.
À l'occasion du centième anniversaire de la naissance d'Albert Camus, en novembre 2013, " Bouquins " réédite le premier et seul dictionnaire qui lui soit consacré, aujourd'hui considéré comme l'ouvrage de référence. Romancier, dramaturge, essayiste, journaliste, Albert Camus (1913-1960) a été le plus jeune lauréat français du prix Nobel de littérature. Aucun de ses compatriotes, au XXe siècle, n'a obtenu une audience aussi universelle. Ses éditoriaux de Combat en avaient fait le plus brillant porte-parole des hommes nouveaux issus de la Résistance. Au même moment, L'Étranger et Caligula lui donnaient l'aura d'un moderniste. Les écrits qui ont suivi ont fait l'objet de malentendus. L'Homme révolté a été surtout lu à travers le prisme d'une controverse de guerre froide. Les engagements du démocrate ont été disqualifiés comme insuffisamment radicaux. Son opposition à l'indépendance de l'Algérie lui a enfin aliéné une large fraction de l'opinion intellectuelle. Pourtant la fidélité des lecteurs, en France et plus encore hors de France, a eu raison de la condescendance des doctes. L'histoire est passée et le temps des procès est révolu. L'on dispose aujourd'hui d'oeuvres complètes. Le Premier Homme et les textes que Camus n'avait pas confiés à des éditeurs sont désormais accessibles aux lecteurs. Dans ce dictionnaire, chaque oeuvre éditée (roman, nouvelle, pièce de théâtre, recueil d'essais, et les principaux articles) fait l'objet d'un article, accompagné d'un état des traductions et d'une bibliographie donnant une large part aux travaux étrangers. Une place importante a été accordée aux engagements du citoyen. Figurent également les grands thèmes de l'oeuvre, de même que les notions qui sous-tendent la pensée de l'auteur et les principaux personnages des fictions. En amont de ces écrits ont droit à des entrées les auteurs classiques et modernes avec lesquels Camus a entretenu un commerce de lecteur ; en aval, les auteurs qui l'ont commenté. Des entrées sur les interlocuteurs et intercesseurs de Camus, ses amis algérois, les intellectuels avec lesquels il a dialogué, sur les principaux périodiques, les journaux et revues, auxquels il a collaboré. En annexe figurent une bio-chronologie de l'auteur et une bibliographie internationale des écrits sur son oeuvre.
À titre individuel, nous n'avons jamais été aussi riches et en aussi bonne santé. Au même moment, la survie de l'espèce humaine dans son ensemble n'a jamais été aussi menacée. En dépassant la capacité de charge de notre environnement, nous mettons en cause aujourd'hui notre propre existence. Que faire ? Les tentations sont nombreuses : celle du repli sur soi du survivalisme, celle de la fuite en avant du transhumanisme, celles aussi hélas de l'eugénisme et de l'exterminisme visant à éliminer une partie de la population jugée nuisible ou inutile. Relevons la tête tant qu'il en est encore temps et réalisons qu'un autre avenir est possible : la rébellion contre l'extinction est désormais en marche, poursuivons-la, soutenons-la de la feuille de route que l'on trouvera ici. Mettons à profit nos connaissances, mobilisons les citoyens du monde, et engageons nos États dans un effort de guerre. Seule une entreprise de cet ordre est à même de garantir une véritable transition humaniste, sociale et écologique vers un monde remis à neuf. Cette fois sur une base de pérennité. Si un demi-siècle sépare les deux auteurs, le même sentiment de l'urgence pourtant les rapproche. Anthropologue, sociologue et psychanalyste, Paul Jorion révolutionne depuis douze ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Il a récemment publié chez Fayard Défense et illustration du genre humain. Vincent Burnand-Galpin est étudiant à l'ENSAE ParisTech et à Sciences Po Paris. Très investi dans sa vie étudiante, il a notamment publié le Guide d'action du lycéen engagé et fonde la tribune étudiante de l'ENSAE.
Le genre humain se découvre, à sa très grande surprise, au bord de l'extinction. À cette menace, il ne réagit que mollement, en tentant de manière dérisoire de dégager un bénéfice commercial de toute tentative de réponse.Sommes-nous outillés pour empêcher notre propre extinction ? Notre constitution psychique et notre histoire jusqu'ici suggèrent malheureusement que notre espèce n'est pas à la hauteur de la tâche : la découverte que chacun d'entre nous est mortel l'a plongée dans une stupeur profonde dont plusieurs milliers d'années de rumination ne sont pas parvenues à la faire émerger.Le dernier qui s'en va éteint la lumière propose une description réaliste et véridique de notre espèce, de ses grandes forces et de ses immenses faiblesses. Nous comprendre nous-mêmes est la condition pour renverser la tendance qui nous conduit, si nous ne réagissons pas immédiatement avec la plus extrême vigueur, droit vers l'extinction. Anthropologue et sociologue de formation, Paul Jorion est connu du public pour avoir annoncé la crise des subprimes. Depuis, il a révolutionné le regard porté sur l'économie et la finance. Commentant l'actualité sur « Le blog de Paul Jorion », il est également chroniqueur au journal Le Monde et dans divers périodiques.
À la chute du mur de Berlin, le capitalisme triomphait : privé d'ennemis, il cessait d'être un système économique parmi d'autres pour devenir la manière unique dont un tel système pouvait exister. Vingt ans plus tard, il est à l'agonie. Que s'est-il passé ? Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival et la complexité devrait alors être incriminée : l'organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l'instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte. Une autre explication : il avait besoin de l'existence d'un ennemi pour se soutenir. En l'absence de cette alternative, ses bénéficiaires n'auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier. Autre explication encore : du fait du versement d'intérêts par ceux qui sont obligés de se tourner vers le capital, c'est-à-dire d'emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper. Entre ces hypothèses, il n'est pas nécessaire de choisir : les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets au début du XXIe siècle. C'est cette rencontre de facteurs mortifères qui explique pourquoi nous ne traversons pas l'une de ces crises du capitalisme qui lui sont habituelles depuis deux siècles, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.
On ne s'attendrait pas, spontanément, sous le soleil du littoral californien, à trouver une crêperie picarde où un spécialiste mondial de Baudelaire serait en charge de préparer la soupe à l'oignon. En Amérique, tout est possible, dit-on. Ou serait-ce que, en vacances plus ou moins forcées, l'esprit libre et l'oeil ouvert, Paul Jorion se soit simplement rendu disponible aux rencontres les plus étonnantes, aux situations les plus inattendues ? Car sans doute jamais le mot « vacances » ne retrouve-t-il un sens plus proche de son origine étymologique que quand on est contraint de les prendre sans les avoir planifiées, dans un pays de rêve, certes, mais sans projet. On s'invente des aventures, on magnifie des conversations sans lendemain, mais on mesure chaque jour un peu mieux le peu de place qu'on occupe dans le vaste monde. A moins que, bien sûr, au hasard d'une séance chez une dentiste... Faisant ici ses premiers pas de romancier, Paul Jorion n'en oublie pas pour autant ses qualités d'anthropologue et de sociologue, troussant en quelques phrases des portraits savoureux, observant tout ce dont les êtres humains sont capables pour se faire apprécier de leurs semblables, et s'incluant dans cette étrange danse de séduction avec une autodérision pleine de sagesse. Auteur de nombreux ouvrages, Paul Jorion s'est notamment fait connaître par son regard résolument neuf sur l'économie et la finance, qui lui vaut l'attention d'un très large public.
Qui étions-nous ? Pour répondre à cette question, Paul Jorion dresse l'inventaire de ce que nous, êtres humains, avons pu comprendre jusqu'ici de notre destin. Il convoque pour ce faire les phares de notre réflexion sur nous-mêmes, certains aux noms attendus : Confucius, Socrate, Aristote, Paul de Tarse, Hegel, Nietzsche et Freud, ou moins attendus, tels Machiavel, Shakespeare et Victor Hugo, voire inattendus, comme Mao Tse-toung et Jacob Taubes. Cette évaluation est réalisée en vue d'assurer notre salut, lequel est sérieusement compromis aujourd'hui, dans un contexte de destruction accélérée de nos conditions de vie à la surface de la Terre. Le scénario le plus optimiste parmi les plus plausibles a cessé d'être celui de machines de plus en plus intelligentes à notre service, pour être celui de notre remplacement pur et simple par celles-ci. Si nous voulons survivre en tant qu'espèce, il nous faut sans plus tarder passer la vitesse supérieure. Il faut pour cela réunir l'équipe de ceux qui ne se résolvent pas à notre disparition, des femmes et des hommes qui soient précisément résolus, bâtissant sur les principaux acquis de l'humain, de la réciprocité au génie technologique. C'est l'appel lancé dans cette Défense et illustration du genre humain. Anthropologue et sociologue, Paul Jorion révolutionne depuis dix ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Il a récemment publié chez Fayard À quoi bon penser à l'heure du grand collapse ?
Quelque chose s'est fissuré dans l'économie. Plusieurs crises - économique, financière, environnementale - se combinent en une seule, de taille gigantesque. De profondes tensions sociales se cachent derrière l'immense dette publique. Le chômage des jeunes atteint des niveaux insoutenables alors que l'emploi est confisqué par des ordinateurs et des robots. L'euro n'est plus un projet fédérateur : en déconnexion avec les réalités de l'économie, ses erreurs de conception apparaissent au grand jour. Pourtant, il ne tient qu'à nous de transformer cette crise en une véritable opportunité de changement. Des solutions radicales mais porteuses d'espoir existent. Paul Jorion, qui avait prévu la crise des subprimes aux États-Unis, jette depuis plusieurs années un regard décalé sur l'économie. Bruno Colmant, ex-banquier et ancien directeur d'une Bourse de valeurs, est plutôt catalogué à droite. Ces deux experts que tout oppose nous démontrent, dans un dialogue clair et sans concession, que l'on peut penser l'économie autrement. Paul Jorion est détenteur de la chaire "Stewardship of Finance" à la Vrije Universiteit Brussel et chroniqueur au journal Le Monde. Bruno Colmant est professeur de finance et membre de l'Académie royale de Belgique. Marc Lambrechts est chroniqueur économique et financier au journal L'Echoà Bruxelles.
Prenant prétexte de leurs recherches sur les populations côtières de la Bretagne méridionale et sur les métiers de la petite pêche, de la saliculture et de la conchyliculture, les auteurs, Geneviève Delbos, sociologue rurale, et Paul Jorion, anthropologue, se livrent à une ample réflexion sur la transmission des savoirs empiriques, mais aussi scientifiques et scolaires. Dans ces activités où le métier s'acquiert sur le tas au sein de l'environnement familial, ce n'est pas tant du savoir qui se transmet, mais du travail. Aujourd'hui l'apprentissage se double d'un enseignement scolaire. La pratique s'en trouve-t-elle améliorée ? Et, sinon, ne faut-il pas chercher la raison de cet échec dans le rapport ambigu que le savoir scolaire entretient avec la science ? Le savoir empirique ne se transmet pas, mais il se reconstitue cependant à chaque génération. Les auteurs mettent en évidence le mécanisme complexe par lequel une expérience privée se bâtit, tendant vers une maîtrise imaginaire, et confortée à chacune de ses étapes par la reconnaissance accordée à l'ouvrage bien faite. Savoir approprié à son objet, le savoir empirique n'en est pas moins essentiellement humain, et à ce titre soumis aux distorsions que lui imprime le champ de l'espoir. Le mérite essentiel de cet ouvrage réside sans doute dans la synthèse réussie qu'il opère entre le sociologique et le psychologique, les révélant chacun comme l'un des éclairages portés sur la machinerie complexe du renouvellement des générations. On découvrira ainsi comment la reconstitution du savoir dans l'expérience privée de chaque producteur explique à la fois les stratégies démographiques des communautés paysannes et l'équilibre délicat qui préside à leur reproduction.
Responsable des crises économiques et environnementales catastrophiques qui l'affligent et menacent aujourd'hui de l'emporter, le genre humain est paradoxalement aussi un gé
Une machine à concentrer la richesse, laissant une poignée de vainqueurs face à une armée de vaincus : voilà ce qu'est devenu le capitalisme. L'État-providence n'aura duré qu'une saison, la révolution technologique en cours réduit le marché de l'emploi. Le court-termisme règne en maître, la défense de privilèges aussi exorbitants que médiocres bloque toute tentative de sauvetage. La finance et l'économie pouvaient être réformées au lendemain de l'effondrement de 2008. Rien n'a été fait. Le verdict est sans appel : nous n'apprenons pas de nos erreurs ! Si bien qu'aujourd'hui, se débarrasser du capitalisme est devenu, pour l'humanité, une question de survie. Paul Jorion propose une analyse sans concession et des pistes d'espoir : oui, la spéculation peut être interdite comme autrefois ; oui, l'État-providence doit être inscrit une fois pour toutes dans nos institutions ; oui, un projet européen ressuscité pourrait être le fer de lance d'un véritable redressement ! Seule la volonté fait défaut. Anthropologue et sociologue de formation, Paul Jorion révolutionne depuis dix ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Son récent ouvrage, Le dernier qui s'en va éteint la lumière, a d'ores et déjà laissé sa marque
Redécouvrez les pépites des premiers âges de la Maison Glénat dans une édition numérique remasterisée. Elles constituent un hommage inédit et unique aux premiers artistes qui ont participé à l'édification du catalogue majeur du premier groupe indépendant de bandes-dessinées contemporaines. Nombre de ces oeuvres ont eu une influence considérable sur leur époque. Véritables madeleines, elles témoignent toujours d'une belle vitalité, provoquent une tendre émotion et permettent enfin de vérifier l'admirable cohérence thématique de l'identité pérenne des éditions Glénat.
Suite à la parution de Le Capitalisme à l'agonie, la question m'a souvent été posée : « Que faudra-t-il mettre à sa place ? » Je m'en étais tenu jusque-là au constat depuis mon avertissement qu'une crise gravissime allait éclater dans le secteur des subprimes. Il fallait maintenant passer à la prospective. Je n'avais pas de réponse toute prête (la réforme sociale n'est pas mon métier !), aussi me suis-je plongé dans l'examen de la question, laquelle est loin d'être simple. Car la crise actuelle en réunit en réalité trois, qui se combinent de manière particulièrement toxique : une crise due au fait que notre espèce se conduit comme une malpropre à la surface de la planète qui l'héberge, une crise due au fait que la maîtrise de la complexité nous a désormais totalement échappé (c'était déjà le cas avant l'invention de l'ordinateur, mais celui-ci a amplifié le problème), enfin la crise financière et économique, conséquence de la « machine à concentrer la richesse » qui constitue le coeur de nos sociétés, dont nous avons en général tiré une grande fierté jusqu'à ce qu'elle nous explose comme aujourd'hui à la figure. Avant de pouvoir dire ce qu'il faudra mettre à la place du capitalisme, bien des questions doivent être résolues : Pourquoi nous sommes-nous satisfaits d'une "science" économique incapable de voir venir une crise de l'ampleur de celle qui est en train de nous engloutir et de prôner ensuite les mesures nécessaires pour nous permettre d'en sortir ? Comment distribuer équitablement la richesse créée ? Poser les bonnes questions, dit-on, c'est déjà y avoir à moitié répondu
L'argent joue dans la crise que nous traversons un rôle central : l'hypertrophie de la finance a fait que l'économie financière, l'économie de l'argent, a pris la place de l'économie productive, l'économie des marchandises classiques. Des grandes puissances comme les États-Unis et la Grande-Bretagne se sont spécialisées dans le service financier, c'est-à-dire dans la manipulation de l'argent. L'argent est devenu durant la deuxième moitié du XXe siècle la principale marchandise faisant l'objet d'un commerce. Alors que la crise financière progressait, des sommes gigantesques se sont dissipées en fumée. On disait en mars 2009 qu'elle avait entraîné la destruction de 37.000 milliards de dollars de richesse nominale. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que certains ont prêté 37 « trillions » à d'autres qui ne pourront pas les leur rendre. Une richesse que l'on imaginait être là ne répondra pas à l'appel. La surprise est générale : ceux qui placent leur argent se sont si bien faits à l'idée que d'autres produiront de la richesse à l'aide de ces sommes, que le fait que l'argent non seulement reviendra vers ceux qui l'ont prêté, mais aussi qu'il rapportera, c'est-à-dire qu'il aura grossi entre-temps a acquis pour eux le statut de loi naturelle et leur étonnement est entier quand les choses ne se passent pas comme ils l'avaient initialement prévu. Un autre question que l'on se pose à propos de l'argent, c'est s'il est possible ou non de lui assigner rationnellement une place « juste » ou si la réponse à cette question résulte toujours d'un choix idéologique, c'est-à-dire un choix fondé sur une représentation de la société qu'il est impossible de justifier autrement que par une préférence personnelle en fin de compte arbitraire. Or il existe selon moi une place juste pour l'argent qui est de revenir à ceux qui créent la richesse dont il est le reflet. Est-ce là une vue idéologique ? Si l'on entend par « idéologique » non pas ce qui relève d'un modèle particulier de société, mais selon la définition du mot dans la langue de tous les jours où il signifie « qui remet les choses radicalement en question », alors oui : la réponse est bien idéologique, parce que l'on s'est habitué au fil des siècles à l'idée que l'argent aille par priorité à ceux qui le possèdent déjà : les investisseurs ou « capitalistes », qui prêtent l'argent qu'ils ont en trop en échange d'intérêts ou de dividendes (c'est la même chose) et aux dirigeants d'entreprises qui emploient des salariés qui sont eux les authentiques travailleurs, c'est-à-dire les authentiques créateurs de richesse.
En 2007, une crise financière née dans le secteur subprime de l'immobilier résidentiel américain débouche sur un tarissement du crédit, paralysant peu à peu le monde bancaire international. En 2008, la crise se transforme en crise économique mondiale, puis en authentique crise de civilisation. Tous les établissements privés du prêt hypothécaire américain sont emportés, suivis par les deux colosses du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, que l'État américain se voit forcé de nationaliser. La crise ne s'arrête pas là: les banques d'affaires connues sous le nom de «Wall Street» s'effondrent à leur tour. Cette dévastation sans précédent du système financier restreint alors dramatiquement les choix de placement des investisseurs. Des sommes colossales se retrouvent concentrées sur le marché à terme des matières premières, engendrant une énorme bulle spéculative. Le grain vient à manquer dans des pays du Sud, déclenchant des émeutes de la faim. Le prix exorbitant du carburant contribue à mettre au bord de la faillite les compagnies aériennes ainsi que les constructeurs automobiles américains. Au-delà d'un récit détaillé des événements et de leur mécanisme, l'auteur répond aux questions que se pose le lecteur: quel rôle a joué la Chine dans ce processus? Notre compréhension des crises antérieures a-t-elle été intentionnellement censurée? Le capitalisme surmontera-t-il la crise? Anthropologue, expert en intelligence artificielle et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l'économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes. Il est également l'auteur de L'Implosion (Fayard, 2008).
Dans les premières années du XXIe siècle, une bulle se développa au sein de l'immobilier résidentiel américain. L'appréciation rapide du prix des maisons permit à des emprunteurs peu fortunés, regroupés au sein du secteur subprime, d'accéder au statut envié de propriétaires. La bulle requérait un flux constant de nouvelles recrues et quand celles-ci firent défaut en 2006, la bulle éclata : les prix de l'immobilier stagnèrent avant de partir à la baisse. Les emprunteurs subprime qui ne pouvaient faire face à leurs engagements sans une appréciation constante du prix de leur logement se retrouvèrent rapidement en situation délicate. La mise sur le marché de leurs logements ne fit qu'aggraver la crise. L'industrie financière s'était d'abord adaptée passivement à la bulle, elle la facilita ensuite en mettant au point de nouveauux types de prêt. La "titrisation" permit de regrouper des collection de plusieurs milliers de ces prêts sous la forme d'une obligation classique vendue à des investisseurs éparpillés à la surface de la planète. Quand un nombre important d'emprunteurs subprime jetèrent l'éponge, ces oblagations tombèrent sous la barre de la rentabilité, entraînant des pertes considérables pour les établissements financiers qui les détenaient dans leur portefeuille. Affaiblis, ceux-ci accordèrent de moins en moins de prêts, provoquant un tarissement du crédit qui ne tarda pas à affecter l'économie réelle dont la vitalité repose sur l'accès à ces capitaux. Tel est l'enchaînement qui a abouti à la crise financière majeure partie des Etats-Unis et qui ébranle ou menace le système bancaire de plusieurs pays européens.Anthropologue réputé, expert en intelligence artificielle et spécialiste de la formation des prix travaillant dans le monde bancaire, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l'économie ; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.