Paul Gadenne
Paul Gadenne
Le carnet XXVII de Gadenne que nous publions ici intégralement correspond à une période difficile sur un plan personnel, durant laquelle, malgré tout, l'oeuvre du romancier s'affirme. La Rue Profonde et L'Avenue viennent d'être publiés, La Plage de Scheveningen s'achève, Michel Kohlhaas et ce qui deviendra Les Hauts-Quartiers s'ébauchent. Dans ces notes pourtant, moins que jamais Gadenne ne se prend pour quelqu'un, pas plus pour un auteur que pour un homme fait, et l'on ne peut suivre mieux nulle part ailleurs les fluctuations de cet esprit à la fois rigoureux et mouvant, occupé aussi bien à observer ses proches et ses contemporains qu'à méditer sur le roman. En même temps qu'un journal, ce texte est une leçon sur l'usage du journal.
Ici, dans Le Jour que voici, commence le martyre de Paul Gadenne, perpétuellement séparé de ce qui le hante : l'image d'une femme, d'un livre, d'une statue, d'un moment passé, d'un îlot humain, d'une langue, finalement du roman lui-même. Et cette séparation n'est pas entre lui et les autres, mais quelque part en lui, au coeur du « château », entre le lieu mental où il se situe et l'objet qu'il scrute, auquel il cherche à donner la forme de ce qu'il « voit ». D.S.
La rue profonde, à peine une histoire, un fait divers intérieur, un désillusionnement sec. Perché sur la dunette d'une chambre d'hôtel exiguë, « je » est seul ; il s'exténue à l'usinage artisanal de vers jamais assez fourbis, durs et vrais.
Déjà les trains ne partaient plus. On me chargea d'une boule de pain, et nous allâmes droit devant nous, à la recherche de la paix, sur une belle route innocente, pleine de soleil et de mort - moi tout petit, animé par l'aventure, content de franchir la « barrière » sans espoir de retour. Paul Gadenne
" Parfois, les jours où la fatigue le submergeait, Didier n'était plus tout à fait sûr de vivre. " Jeune écrivain mystique, Didier rêve de terminer son étude sur l'effacement. Atteint de tuberculose, sa quête spirituelle prend des allures de révolte. Derrière les nuages des Hauts-Quartiers d'Irube et de sa bourgeoisie médisante, l'étoile de Dieu s'est éteinte. De dépouillement en dépouillement, cet homme en sursis fuit le monde. En chemin, il accède aux vertiges de l'amour. Réussira-t-il à reconquérir sa noblesse perdue avant de mourir ? Né en 1907 et décédé en 1956 de la tuberculose, Paul Gadenne était professeur de lettres. Son œuvre compte sept romans, une vingtaine de nouvelles, des carnets et une pièce de théâtre. Siloé est disponible en Points. " C'est la condition entière de l'homme moderne qu'à l'égal de Dostoïevski Paul Gadenne met au jour de façon poignante, lumineuse. " Le Monde des livres Préface de Pierre Mertens
Simon n'est pas quelqu'un qui attend. Étudiant à la Sorbonne, il aime la vitesse, la fantaisie, sentir bouillonner en lui une ivresse confuse. Le monde alentour lui paraît triste, monotone. Jusqu'au jour où il est frappé par la maladie. Atteint de tuberculose, il doit partir vivre au Crêt d'Armenaz. Là, au sanatorium, il rencontre la douce Ariane et goûte autrement à la vie, entre magie et pureté. Écrivain né en 1907 et décédé en 1956 de la tuberculose, Paul Gadenne était professeur de lettres. Son œuvre compte sept romans, une vingtaine de nouvelles, des carnets et une pièce de théâtre. " Une langue, une réflexion, une écriture comme hélas on n'en voit plus guère ! " Le Magazine littéraire