Pascale Robert-Diard
Pascale Robert-Diard
Une bonne action ne reste jamais impunie... Lorelei Clay, qui murmure à l'oreille des fantômes, veut restaurer les douves de son château. Seul problème : ses finances ne sont pas extensibles. C'est pour cette raison qu'elle accepte d'aider à résoudre un nouveau mystère surnaturel. Bon, d'accord, ce n'est pas l'unique raison... Elle a du mal à dire non quand on la sollicite gentiment. Et puis, cette mission n'a rien de compliqué : elle doit juste convaincre un fantôme de quitter une maison, pour que l'agence immobilière puisse la mettre en vente. Pas la mer à boire pour quelqu'un comme Lorelei ! Sauf que sur place, elle découvre bien plus qu'un simple fantôme... Une organisation ancienne et très dangereuse a accaparé les lieux. Une organisation qui n'a rien à faire ici, et qui pourrait amener le chaos et la destruction sur la petite ville de Fairhaven. Si Lorelei ne fait rien, tous les habitants seront en danger, y compris elle. Vers qui d'autre peut-elle se tourner, à part Kane, le mystérieux et séduisant patron du bar à démons de la ville ? Kane, bien trop malin et bien trop attirant à son goût. Kane qui risquerait de découvrir qui elle est vraiment. Une mission simple et une petite ville tranquille ? Ben voyons !
" Je veux être défendue par une femme ", a dit Lisa en se présentant à Alice Keridreux. Un face-à-face commence. Ni l'une, ni l'autre ne savent jusqu'où il va les mener.
" "Celui-là, je vais le tuer.' L'accusé est un homme - plus rarement une femme - qui, un beau jour, s'est dit que la seule chose à faire pour rendre sa vie meilleure était d'en supprimer une autre. Peu à peu, l'idée du crime s'est imposée, un scénario s'est élaboré, la main s'est armée. " Ici, tout est vrai. Les mots d'une fillette face à l'homme qui a tué sa mère, les confessions d'un fou, le vertige d'un aveu. On voit Guy Georges, Yvan Colonna, les innocents d'Outreau, des juges, des avocats, des jurés. La gouaille des voyous se mêle à la verve des grands du barreau. On pleure et on rit, on éprouve de la colère ou de la tendresse, on est devant le nu de la vie. Car aux assises, la justice décape, même ceux qui n'ont rien à cacher.
" Quand Guillaume Agnelet a quitté la barre, j'ai baissé la tête, je tremblais. Sur mon carnet j'ai griffonné mise à mort d'un homme. Deux jours après la déposition du fils, la cour d'assises a déclaré son père, Maurice Agnelet, 76 ans, coupable de l'assassinat de sa maîtresse et l'a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. L'affaire avait trouvé son épilogue judiciaire. Mais une autre histoire était venue la culbuter, tout aussi dense et douloureuse. Elle se passait juste à côté, elle avait duré presque aussi longtemps et on n'en avait rien su, rien deviné. J'avais la scène sans les coulisses. La lumière, sans les ombres. J'ai voulu comprendre. "
Sélection Prix Interallié 2022Sélection Grand Prix de l'Académie 2022Sélection Goncourt 2022Sélection Goncourt des lycéens 2022Lauréat du Prix " Le Temps retrouvé ", présidé par Douglas Kennedy Le portrait saisissant d'une jeune fille victime des bonnes intentions La vérité n'est jamais celle que l'on imagine et il est parfois bénéfique de remettre en question notre intime conviction. Pascale Robert-Diard raconte l'histoire d'une jeune fille qui ment. Quand les institutions sont décriées pour leur indifférence, l'autrice montre des adultes remplis de bonnes intentions. A l'heure où la littérature abonde en pénalistes retors ou flamboyants, La Petite Menteuse raconte la manière dont une avocate exerce avec finesse son métier. Les engrenages de l'imposture Lisa a quinze ans. C'est une adolescente en vrac, à la spontanéité déroutante. Elle a eu des seins avant les autres filles, de ceux qui excitent les garcons. Elle a une " sale réputation ". Un jour, Lisa change, devient sombre, est souvent au bord des larmes. Ses professeurs s'en inquiètent. Lisa n'a plus d'issue pour sortir de son adolescence troublée et violente. Acculée, elle finit par avouer : un homme a abusé d'elle. Les soupcons se portent sur Marco, un ouvrier venu faire des travaux chez ses parents. En première instance, il est condamné à dix ans de prison. Le tourbillon du mensonge et de la vérité Alice, avocate de province, recoit la visite de cette jeune femme. Désormais majeure, Lisa l'a choisie pour le procès en appel car elle " préfère être défendue par une femme ". Alice reprend le dossier de manière méthodique, elle cherche les erreurs d'aiguillages, les fausses pistes, celles qui donnent le vertige, puis découvre la vérité. Avec l'histoire de Lisa, elle commence le procès le plus périlleux de sa carrière : défendre une victime qui a menti.
En septembre 1967, Gabrielle Russier fait sa rentrée au lycée Nord de Marseille. Jeune mère divorcée, elle enseigne le français, porte les cheveux courts, fume des gauloises. Quelques mois plus tard, Gabrielle et l'un de ses élèves, Christian, tombent amoureux. C'est le début d'une passion hors la loi. À l'heure où Mai 68 proclame l'amour libre, Gabrielle Russier est poursuivie pour détournement de mineur et incarcérée. " Je ne te quitterai pas. Même si ces barreaux, ces murs, nous séparent. Même si la mort nous séparait. " Gabrielle Russier se suicide avant son procès en appel. L'affaire déchire la France. Interpellé à ce sujet lors d'une conférence de presse, le président Pompidou cite un poème de Paul Éluard, " Comprenne qui voudra "...
«La sexualite releve de la sphere privee. Ni le procureur ni le juge n'ont le droit de s'eriger en gardien de l'ordre moral. [...] Nous travaillons avec le code penal, pas avec le code moral». Avec ces propos simples mais percutants, le procureur Frederic Fevre demonte, en quelques instants, le fragile echafaudage d'accusations accumulees contre l'ancien patron du FMI. Dominique Strauss-Kahn a faute, sans doute. Mais pas en regard de la loi. C'est un proces presque surrealiste, aux airs de telefilm americain, qui se tenait a Lille au debut de cette annee 2015. La conclusion de trois ans d'en- quete, d'acharnement mediatique, de revelations choquantes... Les croquis de Francois Boucq decrivent, en quelques traits, l'apathie d'un Dominique Strauss-Kahn epuise par le deluge de scandales qui deferle depuis quelques temps sur ses epaules... Ou bien la levre pleine de Dodo la Saumure, maquignon sur de son droit qui bavarde avec insouciance avec le juge, en homme habitue des tribunaux. Des dessins realistes, mais qui se permettent aussi d'outrer certains traits. Comme le dit Francois Boucq « rendre excessifs certains aspects des personnages permet d'affirmer son point de vue, de dire : moi, je choisis cet angle parce que je vois les personnages ainsi. Je ne suis pas neutre. J'assume ma position. » Observatrice silencieuse mais a la plume efficace, la journaliste Pascale Robert-Diard, chroniqueuse au journal Le Monde, fut le temoin privilegie de cette saga judiciaire aux allures de huis clos. Elle livre ici, sans jugement, mais sans concession non plus, un compte rendu presque clinique du proces. Un recit que vient appuyer le talent de Francois Boucq a travers des dessins extremement expressifs et eloquents, donnant corps a des protagonistes que la presse a longtemps eu tendance a deshumaniser.