Paola Pigani
Paola Pigani
« Jeanne tout court, sans nom de jeune fille, sans nom d'épouse. Jeanne sans état civil ni sac à main. » C'est ainsi que se présente cette jeune femme à sa descente du « train des fous » en septembre 1939. Internée en région parisienne après la mort de son nouveau-né, elle a été transférée à Saint-Alban avec les autres patients. Dans ce château perché au milieu de la Lozère, une équipe de psychiatres, dont le célèbre docteur Tosquelles, met en place de nouvelles pratiques thérapeutiques. Le maître mot est liberté. Liberté d'oeuvrer, d'inventer, de créer, d'échanger. Au coeur de la guerre, cette communauté atypique s'ouvre aux résistants, clandestins et autres artistes en fuite, comme Paul Éluard et Nuche. Même dans ces heures sombres, une nouvelle voie s'ouvre à ces insensés et à Jeanne, qui va renaître à la vie et à elle-même.
« Jeanne tout court, sans nom de jeune fille, sans nom d'épouse. Jeanne sans état civil ni sac à main. » C'est ainsi que se présente cette jeune femme à sa descente du « train des fous » en septembre 1939. Internée en région parisienne après la mort de son nouveau-né, elle a été transférée à Saint-Alban avec les autres patients. Dans ce château perché au milieu de la Lozère, une équipe de psychiatres, dont le célèbre docteur Tosquelles, met en place de nouvelles pratiques thérapeutiques. Le maître mot est liberté. Liberté d'oeuvrer, d'inventer, de créer, d'échanger. Au coeur de la guerre, cette communauté atypique s'ouvre aux résistants, clandestins et autres artistes en fuite, comme Paul Éluard et Nuche. Même dans ces heures sombres, une nouvelle voie s'ouvre à ces insensés et à Jeanne, qui va renaître à la vie et à elle-même.
Sur le quai de la gare de Perrache, un jour de l'année 1929, une jeune Hongroise, Szonja, a rendez-vous avec son avenir. Pour quitter le dur labeur de paysanne, elle n'a pas hésité à gagner la France et l'usine qui l'a embauchée à la production de viscose, cette soie artificielle bon marché. À Vaulx-en-Velin, dans la cité industrielle, elle accepte la chambre d'internat chez les soeurs, les repas au réfectoire et les dix heures quotidiennes à l'atelier saturé de vapeurs chimiques. Les ouvriers italiens ne font-ils pas de même? Elsa, Bianca, Marco et les autres tiennent les rythmes épuisants, encaissent les brimades des chefs, inhalent les fumées nocives contre de maigres salaires. Cela ne les empêche nullement de danser le dimanche au bord de la Rize. Dans ces modestes vies d'immigrés, la grande crise fera irruption, amenant chômage, mise a l'écart des étrangers et affrontements avec les ligues. Portée par une inébranlable solidarité et une détermination à vivre, la colère constituera le socle de leur rassemblement, jusqu'à aboutir au Front populaire.
Sur le quai de la gare de Perrache, un jour de l'année 1929, une jeune Hongroise, Szonja, a rendez-vous avec son avenir. Pour quitter le dur labeur de paysanne, elle n'a pas hésité à gagner la France et l'usine qui l'a embauchée à la production de viscose, cette soie artificielle bon marché. À Vaulx-en-Velin, dans la cité industrielle, elle accepte la chambre d'internat chez les soeurs, les repas au réfectoire et les dix heures quotidiennes à l'atelier saturé de vapeurs chimiques. Les ouvriers italiens ne font-ils pas de même? Elsa, Bianca, Marco et les autres tiennent les rythmes épuisants, encaissent les brimades des chefs, inhalent les fumées nocives contre de maigres salaires. Cela ne les empêche nullement de danser le dimanche au bord de la Rize. Dans ces modestes vies d'immigrés, la grande crise fera irruption, amenant chômage, mise a l'écart des étrangers et affrontements avec les ligues. Portée par une inébranlable solidarité et une détermination à vivre, la colère constituera le socle de leur rassemblement, jusqu'à aboutir au Front populaire.
Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940 ; un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l'arrêt. Bientôt, la Kommandantur d'Angoulême exige que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l'insouciance de l'enfance. À quatorze ans, elle est loin d'imaginer qu'elle passera là six longues années, rythmées par l'appel du matin, la soupe bleue à force d'être claire, le mauvais sommeil... C'est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu'elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, dit le proverbe : on n'entre pas impunément dans la mémoire des Tsiganes... Mais c'est d'un pas léger que Paola Pigani y pénètre pour faire entendre leur parole et leur fierté.
Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940 ; un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l'arrêt. Bientôt, la Kommandantur d'Angoulême exige que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l'insouciance de l'enfance. À quatorze ans, elle est loin d'imaginer qu'elle passera là six longues années, rythmées par l'appel du matin, la soupe bleue à force d'être claire, le mauvais sommeil... C'est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu'elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, dit le proverbe : on n'entre pas impunément dans la mémoire des Tsiganes... Mais c'est d'un pas léger que Paola Pigani y pénètre pour faire entendre leur parole et leur fierté.
L'enfance de Pia, c'est courir à perdre haleine à l'ombre des arbres, écouter gronder la rivière, cueillir l'herbe des fossés. Observer intensément le travail des hommes au rythme des saisons, aider les parents aux champs pour rembourser l'emprunt au Crédit agricole. Appartenir à une fratrie remuante et deviner dans les mots italiens des adultes que la famille possède des racines ailleurs qu'ici, dans ce petit hameau de Charente. Tout un monde à la fois immense et minuscule que Pia va devoir quitter pour les murs gris de l'internat. Et à mesure que défile la décennie 1970, son regard s'aiguise et sa propre voix s'impose pour raconter aussi la dureté de ce pays qu'une terrible sécheresse met à genoux, où les fermes se dépeuplent, où la colère et la mort sont en embuscade. Une terre que l'on ne quitte jamais tout à fait.
L'enfance de Pia, c'est courir à perdre haleine à l'ombre des arbres, écouter gronder la rivière, cueillir l'herbe des fossés. Observer intensément le travail des hommes au rythme des saisons, aider les parents aux champs pour rembourser l'emprunt au Crédit agricole. Appartenir à une fratrie remuante et deviner dans les mots italiens des adultes que la famille possède des racines ailleurs qu'ici, dans ce petit hameau de Charente. Tout un monde à la fois immense et minuscule que Pia va devoir quitter pour les murs gris de l'internat. Et à mesure que défile la décennie 1970, son regard s'aiguise et sa propre voix s'impose pour raconter aussi la dureté de ce pays qu'une terrible sécheresse met à genoux, où les fermes se dépeuplent, où la colère et la mort sont en embuscade. Une terre que l'on ne quitte jamais tout à fait.
Ils sont arrivés à Lyon au printemps 2001. Ils ont un peu plus de vingt ans et leur voyage ressemble à celui de milliers d'autres Kosovars qui fuient la guerre: le passage clandestin des frontières, les mois d'attente poisseux dans un centre de transit avant d'obtenir le statut de réfugié... Mirko et sa soeur Simona partagent la même histoire et pourtant leur désir de France n'est pas tout à fait le même. Son intégration, Simona veut l'arracher au culot et à la volonté. Alors elle s'obstine à apprivoiser les lois du labyrinthe administratif et les raffinements de la langue. Mirko est plus sauvage. Pour lui, le français reste à distance. Il travaille sur des chantiers avant de regagner la solitude d'un foyer anonyme. Souvent, il pousse jusqu'aux lisières de la ville où il laisse sur les murs des graffs rageurs. C'est dans ces marges qu'il rencontre Agathe et tisse le début d'un amour fragile. Dans de brefs chapitres, Paola Pigani dépeint avec délicatesse chaque nuance de l'exil. En filigrane, la beauté de la ville, le hasard des rencontres, le goût amer de la nostalgie.
Enfants agités, parents débordésAgités, incapables de fixer leur attention, insatisfaits chroniques, les jeunes tête-en-l'air sont d'autant plus difficiles à gérer que les adultes eux-mêmes participent à la frénésie ambiante : bouger, zapper, consommer, et plus que tout faire barrage à l'ennui. Tous hyperactifs ? « Cette agitation n'est pas une maladie mais elle peut le devenir » et, dans les cas les plus sévères, pénaliser toute une vie et conduire à la spirale de l'échec. Sensible aux effets sur la santé des nouvelles technologies, hyperactif lui-même, le Dr Olivier Revol témoigne et appelle au calme. Résolument optimiste, il rassure cependant. Certains survoltés comme David Guetta, Maud Fontenoy, Florence Foresti ou le Dr Michel Cymes dont il analyse les cas, ont su faire de cette « hyperformance » l'atout de leur succès. A tous, enfants comme adultes, il propose des stratégies pour s'adapter aux diktats de l'urgence. Il livre un manuel de survie à l'intention des familles concernées et révèle les dernières hypothèses sur l'origine de cette pathologie qui touche une personne sur vingt !