Olivier Maulini
Olivier Maulini
Former des enseignants capables de s’adapter et d’innover : voici l’ambition de ce guide pratique, fruit du travail de quatre experts en sciences de l’éducation.
Les enseignants et les enseignantes se forment par le biais de leur formation - initiale ou continue - mais pas seulement. Ce qui se joue « entre les murs » de ce processus est complexe et objet de beaucoup d'attention, mais qu'en est-il des apports extérieurs, de tout ce que les professionnels du savoir apprennent hors des écoles où ils reçoivent et donnent tour à tour un enseignement ? Des recherches conduites au plus près des transactions observables en France, en Belgique, en Suisse et au Québec permettent de comparer les contextes et de renouveler la réflexion sur la forme scolaire et ses évolutions : de leurs apprentissages informels à ce qu'en font leurs études, quel rôle la formation buissonnière des enseignant.es joue-t-elle dans leur appropriation de leur métier et sa professionnalisation ?
La formation des enseignants (comme d'ailleurs toute formation) s'inscrit dans deux logiques apparemment contradictoires : pour aider les professionnels à valoriser leurs pratiques, elle doit les conduire à se remettre en question, au risque de déstabiliser ceux qu'elle prétend former. Questionner les pratiques ou les valoriser, c'est donc définir le métier d'enseignant. On ne peut pas former à un métier sans reconnaître les savoir-faire existants mais améliorer l'enseignement implique également de chercher ce qui pose problème. À condition, bien sûr, que le souci critique ne de´courage pas l'envie de re´ussir et de s'engager. Cet ouvrage n'a pas pour objectif de décréter une seule bonne manière de procéder mais de prendre appui sur la diversité des contextes de formation dans quatre pays francophones pour faire émerger des variations et des régularités et ainsi interpeller la formation et, au-delà, le métier d'enseignant.
Mai 68 : une révolte étudiante contre une société conservatrice ? Les courants révolutionnaires de mai 68 ont ouvert la voie à des innovations en rupture avec les canons de la modernité, permettant à la « génération 68 » d'accéder au pouvoir et de créer une nouvelle étape : la postmodernité. Étudiant les idées d'alors et l'état de la France aujourd'hui, l'auteur pointe les contradictions et les impasses où la postmodernité a mené la France et l'Occident.
Soumises à de multiples pressions et souvent en tension entre des demandes, attentes ou nécessités provenant de sources multiples, comment les formations à l'enseignement évoluent-elles? Quels facteurs influencent leur trajectoire ? Dans le cadre de cet ouvrage, des auteurs français, belges, canadiens, suisses et africains se penchent sur le phénomène de l'évolution des programmes de formation à l'enseignement, cherchant à circonscrire les forces en jeu. Au fil de sa lecture, le lecteur découvrira les facteurs qui ont influencé, d'une façon ou d'une autre, la trajectoire des formations dans chacun des contextes décrits par les auteurs. L'ensemble des contributions permet d'apercevoir des façons dont sont initiées et pilotées les transformations ; la réaction des institutions face à la transformation accélérée des contextes professionnels ; les facteurs qui conditionnent particulièrement l'orientation du curriculum et ceux qui jouent un rôle dans la mobilisation des acteurs. Le phénomène de résistance est aussi abordé par quelques auteurs. Structuré en quatre sections, l'ouvrage explore l'influence du contexte d'exercice de la profession, la demande sociale et les cadres législatifs, les attentes et les stratégies des acteurs, et les tensions internes aux dispositifs et aux démarches de formation. On y découvre que les transformations s'inscrivent toujours dans une histoire et dans une culture et qu'elles sont fortement affectées par les rapports de force entre les groupes et les individus.
Plongez dans Tu ne marcheras jamais seule, un roman graphique poignant où Clémentine, enceinte, affronte la solitude et l'éloignement de Simon.
Les enseignants sont fragilisés. Face à l'ampleur des mutations sociales et des défis à surmonter, ils se voient souvent comme de simples exécutants à qui l'on demanderait de vider l'océan avec une petite cuillère. La lucidité, alors, pourrait les amener au bord du découragement, quand ce n'est pas de la dépression. L'ouvrage d'Olivier Maulini veut montrer que, précisément, on peut, tout à la fois, être lucide pour ne pas s'en laisser conter... et être quand même engagé dans un métier où rien de ce qui se fait et se dit au quotidien n'est insignifiant ; où l'émancipation peut advenir et contribuer à changer le monde. Avec beaucoup de finesse et en s'attachant aux questions vives du métier, en s'appuyant sur de nombreuses situations vécues, ce livre est bien plus qu'un manuel de survie : c'est un véritable bol d'oxygène pour que les enseignants, en rejetant aussi bien la naïveté que le fatalisme, se vivent comme des acteurs sociaux construisant l'avenir du commun.
Faut-il rendre les établissements scolaires autonomes ? Le débat est vif et les positions passionnées : décentraliser serait-il le remède idéal ou, au contraire, la porte ouverte au chacun pour soi et à la compétition généralisée. Dans ce contexte, enseignants, autorités scolaires, parents délèves ou politiques militent tour à tour pour, à la fois, davantage de libertés et de règles, de confiance et de contrôle, de délégation et dautorité... Cet ouvrage traite de la question de lautonomie des établissements en confrontant les histoires, systèmes dorganisation et réformes de quatre pays francophones : la France, la Suisse romande, la Belgique et le Québec. Il passe au crible, sans a priori, les effets des décisions et débusque des paradoxes rarement mis en évidence. Le grand mérite de cet ouvrage est douvrir des perspectives qui échappent aux oppositions stériles. Il démontre la nécessité de construire « un accord commun, sur la durée, associant la politique gouvernementale, la participation active des professionnels et lengagement des citoyens ».