Nikos Kazantzakis
Nikos Kazantzakis
Le jardin des rochers, écrit directement en français, est le plus ancien des grands romans de Kazantzaki. Dans une langue qui éclate déjà d'un étonnant lyrisme. l'écrivain confronte sa nature et sa sensibilité de méditerranéen à ce qu'il vient de découvrir du génie asiatique, immuable semble-t-il et pourtant alors en pleine métamorphose. On ne manquera pas de comparer cette rencontre de la race jaune à celle qu'en fit, presque à la même époque, un autre très grand écrivain, André Malraux. Mais si ces deux voyageurs laissèrent pareillement flamber dans leur oeuvre les grands antagonismes de la condition humaine, l'expérience asiatique fut avant tout pour Kazantzaki l'occasion inespérée de suivre, au contact d'une humanité bouleversée, son propre itinéraire intérieur. Le thème essentiel de ce livre est celui de l'homme méditatif placé devant des hommes livrés corps et âme à l'action par la force du moment historique et parfois au détriment de l'âme. De là, sans doute, la cruauté de cette histoire, mais autour d'elle, quelle poésie et quelle sensualité ! Le moindre objet, le moindre visage, la moindre plante, tout est approché avec tendresse et humour, et presque avec une sorte de volupté physique. Peut-être touchons-nous ici à la véritable grandeur de Kazantzaki, car dans Le Jardin des Rochers, sa forme de participation au drame est tout intérieure : il est spectateur mais s'identifie aux personnages et devient, pour ainsi dire, leur champ de bataille. Or, durant toute sa vie, que fut la sainteté pour cet homme, sinon le combat lui-même ?
Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Nikos Kazantzakis. "Les Frères ennemis" décrit, dans un village grec de l'Épire, les épisodes dramatiques de la guerre civile qui ensanglanta la Grèce de 1944 à 1947. Les Bérets rouges (partisans communistes retranchés dans la montagne) et les Bérets noirs (forces gouvernementales) se disputent le village de Kastellos. Occupé trois fois par les partisans, repris trois fois par les forces de l'ordre, Kastellos n'est plus que ruines, deuils et mort. Le pope du village, papa Yannaros, s'efforce de saisir la volonté de Dieu, à travers ces affrontements sans fin. Mais il n'y a pas de volonté de Dieu. Déchiré entre son amour de la justice (qui le range aux côtés des partisans) et son amour du Christ (que les partisans renient), le pope voit s'éloigner chaque jour davantage les chances d'une réconciliation. Écrit au lendemain de la guerre civile grecque, ce livre terrible condamne sans appel la violence, le dogmatisme et l'aveuglement des hommes en proie à la haine. Un désespoir étouffant court dans ces pages, les plus denses et les plus enflammées qu'ait écrites l'auteur de "Zorba le Grec". Une issue pourtant se dessine, à travers ces massacres, ces dilemmes qui enserrent les êtres dans un étau impitoyable: conserver jusqu'au bout l'amour d'autrui, le sens de la fraternité et mourir pour ce combat-là. Voie difficile qui mène à la mort et au martyre, mais qui fut toujours celle des personnages héroï
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le futur auteur de Zorba le Grec, Nikos Kazantzakis signe ici sa première incursion hors du roman. Il y "décortique" Nietzsche, sa philosophie, sa vie et son époque. Il s'interroge sur les thématiques chères à Nietzsche : le nihilisme, l'homme, le libre arbitre, la volonté de puissance, la morale, la religion, l'État, et nous livre sans détour ses réflexions sur l'évolution de la religion et sur le début du XXe siècle.